vendredi, 14 mars 2008
PASSAGE D'ECUME
Le temps égyptien
Importe peu aux piétons
Charm El-Cheikh est jolie
Sous les sillages des Alpha Jets
De la patrouille de France
La route commence un pas plus loin
Sans ennemi extérieur
Seuls les piranhas de la mer
Sont à la mesure des guerriers
Qui aspirent au désert
La mitraille et le fer rouillent
Dans la poussière de l'été
21:56 | Lien permanent | Commentaires (0)
L'ESCLAVAGE DES ENFANTS
Quand se perd un rêve
Un autre le remplace
Puis un autre et un autre
Sans cesse la houle promène
Les bateaux d'aventure
Sur lesquels soufflent en riant
Des enfants sans souci
Autre que le jeu
Tels des gnomes verts barbotant
Sur l'étang des sérieux
20:27 | Lien permanent | Commentaires (1)
DOULEUR DE LUNE
La lune sait que la douleur
N'est jamais que de passage
Le regard sait qu'il suffit
De l'observer pour voir
Qu'elle est fruit de la lune
Le détachement décolle
La rétine de l'illusion
D'en être la propriétaire
Laissant la douleur opérer
Le temps qui lui est nécessaire
19:55 | Lien permanent | Commentaires (1)
CERCLE DE SANG
La majorité est peuplée de poètes
Dont l'oreille s'est égarée
Dans les remous cristallins
D'une atmosphère fiévreuse
A Monte Cassino
La poésie n'a rien à voir
Avec la culture funéraire de Sodome
Une fois ôté le cérumen
Tout être cultivé peut écouter
Ce qu'en dit Pasolini
Tout être inculte n'a qu'à chanter
Cela revient au même
19:10 | Lien permanent | Commentaires (0)
LE VENT SE MARRE
Les galaxies auto-assermentées
Sont des spécialistes du prêt
D'intentions
La lecture objective leur pose
Certains problèmes de vision
Dans l'ignorance qu'elles ont
De la tarification des emprunts russes
Le système bancaire s'amuse
Des régimes monarchiques
L'ordre anarchique réserve aux accrocs d'harmonie
Les douceurs et privilèges
De la gloire de leur charge
18:28 | Lien permanent | Commentaires (0)
AROMATES ET PIGMENTS
L'artiste peint les vagues
Mais pas les sentiments
Il peint le sentiment
A l'encre pourpre sympathique
Ou dans du jus d'amande amère
Le noir de Chine donne
Des irisations exceptionnelles
Aux perspectives intimistes
Qui s'ornent d'un clair obscur
Empreint de verdure
18:17 | Lien permanent | Commentaires (1)
DOUCEURS
La recette des oeufs en neige
Comme celle de la crème brulée
Est un secret de famille
Qui se transmet de mère en fils
Depuis la nuit des temps
Tous les cordons verts voient
Comment s'élabore l'arôme velouté
Des langues de chocolat
Ou du lait aux amandes
Dans le chaudron du crémier
17:18 | Lien permanent | Commentaires (0)
INVITATION A LA LUXURE
La poésie n'a nul besoin
D'incitation pour s'épanouir
Elle est déjà pure volupté
D'alphabets irréels
Aux lettres s'inventant en permanence
A la syntaxe délirante
Qui fait se prostituer
Les grammaires de la frigidité
Dans un peep-show sans manière
Où la bandaison pourpre du feu
S'enthousiasme dans le durcissement
D'évanescence des tétons de la mer
16:57 | Lien permanent | Commentaires (2)
LES PREUVES DU TEMPS
Le temps fait son boulot
Il rythme la danse
Sans souci d'appartenance
A autre chose que ce ballet
De merveilles australes
Tatouage de mer sur un nerf optique
Aucun mystère ne subsiste
Aux yeux qui percent le temps
Comme un fût d'hydromel
Pour voir s'échapper l'ombre hilare
Du sourire d'un désert espiègle
Qui déroule ses munificences de velours
15:41 | Lien permanent | Commentaires (0)
L'ALPHABET DU PRESENT
Le présent ne s'occupe pas
Du passage d'une idée fictive
Il est trop occupé à ne rien faire
Dans le resplendir qui l'accable
De la beauté de ces cils
Le présent ne connait pas
Ces concepts savants
Qui appellent mort
Le passage du vent
Dans les bras de la mer
15:32 | Lien permanent | Commentaires (2)
DU BOIS POUR LE FEU
Le feu ne naît pas du bois
Mais le bois naît du feu
Les cendres le disent
A qui les écoute
Dans le vent des aubades
Et les étincelles de son
Il arrive qu'un feu jaillisse
Dans du bois
Non pour la destruction
Interprétation de propriétaire
Mais pour la transformation
Ou la métamorphose
14:02 | Lien permanent | Commentaires (1)
DENREES MINERALES
Les savoirs sont tous périssables
Fruits des langages dits sensés
Tous sauf les camemberts des corbeaux
Qui ne sont pas raisins de la langue
Mais empreintes génétiques
Des formes sans aspect
Qui régulent les marées
Canalisent les vents
Et forgent le feu
Dans un éclat de rire
13:46 | Lien permanent | Commentaires (1)
ECLATS DE SILENCE
Quand passe le souffle poétique
Il sculpte la mer
En suivant des courbes d'angles
Tangentiels ou elliptiques
Dans le mélange aérien
Qui enchante ses papilles
Les fragments complexes
Sont pilés comme autant de grains
De mil diamantifère
Reforgés à partir d'éléments de base
Que l'entrée en atmosphère
Pyrolyse d'émaux flamboyants
13:36 | Lien permanent | Commentaires (0)
PIGMENTS DE SUCRE
D'un strass incolore et ludique
Une main repeint en diagonale
Les dimensions de l'éblouissement
Saupoudrant de germes d'alizé
Les brumes étincelantes de la nuit
Qui se cabre sous la douceur
De l'immobilité qui l'étreint
Dans un halo de candeur
Aux épices de charme
Et au sortilège amoureux
11:46 | Lien permanent | Commentaires (0)
OVERDRIVE 69
L'orage n'a qu'un mode
De rayonnement corporel
L'instantanéité
Les constructions lacustres
Ont toujours du mal
A suivre le rythme
De la vitesse du givre
Dans ses pérégrinations
D'immobilité verdoyante
Hors alambic
11:22 | Lien permanent | Commentaires (0)
A LA SANTE DES P(L)EURS
Légion de tueurs acrobates
Nos phalanges sourient
En observant les eaux tièdes
Remuer dans des gazons factices
Pas un grain de sable
Ne sait épeler
La couleur de la plage
L'ombre du rivage
Le goût de la nitroglycérine
Qui coule dans ces veines
10:34 | Lien permanent | Commentaires (0)
CULTURE
Le signe de Caïn n’apparaîtra pas
sur le soldat qui tire
sur la tête d’un enfant
depuis une colline au dessus de l’enceinte
autour du camp de réfugiés
parce que sous le casque
pour parler en termes conceptuels
sa tête est en carton.
D’autre part,
l’officier a lu The Rebel,
sa tête est illuminée,
à cause de cela il ne croit pas
au signe de Caïn.
Il a passé son temps dans les musées
Et quand il pointe
le fusil vers l’enfant
comme un ambassadeur de Culture,
il met à jour et recycle
les eaux-fortes de Goya
et Guernica
Aaron Shabtai
The Rebel: titre anglais de L'homme Révolté d'Albert Camus
10:10 | Lien permanent | Commentaires (0)
FROTTER LA LAMPE
Tous les poèmes conduisent
A la résidence introuvable
D'où jaillissent les songes
A la porte d'Ishtar
Attend la danse verte
Femme aux couteaux
Du curare plein les yeux
Toutes les questions s'épuisent
Dans les lieux perdus
Confins du désert muet
Où l'arc-en-ciel prend sa source
D'où fulgurent des vers de lapis-lazuli
10:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
SILVER TRAIL
Rien d'improbable dans l'impossible
Le fil d'incandescence
Sourit le long de sa route enneigée
Parsemant d'indices invisibles
Les sécrétions d'intuition
Rien d'impossible dans le probable
Et l'improbable de tous les possibles
Mouvance des paysages
Stabilité de l'horizon
Que les yeux tracent à l'envers
07:46 | Lien permanent | Commentaires (0)




