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dimanche, 16 mars 2008

ECRIRE EN FRACTALES

L'épicentre du mouvement
Indique clairement
Ce qu'est le lieu
Et ce qu'est la projection
Devant le regard spectateur
L'écriture est un chemin
De renoncement
Pour ceux qui n'ont pas renoncé
Traverser le filigrane
Pour le repeindre en diagonale

SO STILL TONIGHT

La nuit monde étrange
Peuplé de créatures aveugles
Qui tiennent dans leurs serres
Le prix de leur voyage
Les ponts du cristal
Tintent dans le noir
Sans que nulle rambarde
Ne borde les bas-côtés
Où les désirs sont charmes
Ensorcelants de visiteuses

LES DESSOUS FUTILES

La vraisemblance est juste
Une semblance de vrai
Rien n'est plus faux
Rien n'est plus vrai
Tout reste à discriminer
Et voir ce qui reste
Des apparences
Une fois écorchées
Et portées en Place de Grève
Elles ne restent qu'apparences

LIFE OUT OF TIME

S'échapper du temps
C'est le voir
Tel qu'il est
Nu et sans armes
Mouvement immobile
Sur une assiette de neige
Dans un vieux climax
Propre comme un sou neuf
Le temps s'élance et jouit
Comme une saveur de poinçon
Au beau milieu d'un tsunami
De cyprine effervescente

CHEVAUX VAPEUR SUR LE MISSISSIPI

Il est toujours amusant
De prendre le train de nuit
En restant assis sur le quai

Jonglent les artistes
Sur un rail mouvant
Et un horodateur en panne

Il en va des gares
Comme des épées de légendes
Au tranchant double dans la pierre

Faire deux choses à la fois
Sans rien faire du tout
C'est un joli tiercé

SINGING

Toute la vie et même après
Il n'y a rien à comprendre
Il n'y a qu'à chanter
Plutôt que de s'enchaîner
Aux arômes de prédation
Putréfaction odorante
Constellée de merveilles d'évanescence
Chanter et danser
Peut-être pas mieux que d'habitude
Mais en s'écoutant chanter
De manière à laisser le souffle
Imprégner l'oreille de sa marque

LAND

Vodka à l'herbe de bison
Pour se souvenir
Qu'il est des prairies
Où l'homme blanc
Peut être indien à plumes
Portant la marque des assassins
Dans la courbe de son arc
Dans les traits de ses flèches
Qui tracent en larmes d'opalescence
Les contours de la Dinetah

PALMERAIE DE FRICHES

Sous les cocotiers
L'ombre est rendue mouvante
Par le battement de leurs cils

Sous le palmier
L'ombre est immobile
Comme l'est le jour
Qui lui donne naissance

Les palétuviers s'abreuvent
De soleil et de mer
Et de leurs propres cultures

SANS FORME NI ASPECT

L'ultime cruauté apparaît
Dans une vision sans objet
Flambée d'évanescence permanente
Royaume de la douceur
D'où jaillissent des fleurs de napalm
Qui s'évaporent en pluie
De satin ou de soie
Dans les fragments de la matière
Qui luit dans les mains
De la femme-fontaine

BOLERO ARGENTIN

Une danse plane sur la plaine
Sculptant la mer au silex
Et à l'arôme de gentiane
Entre ses cuisses
Coule un nectar de cyprine
Fait d'évanescence mordorée
Et de grains d'ébène
Qui décrivent des arabesques
Sur le manteau de pluie
Qui irrigue le vent

VOILURES

L'homme qui ne voit pas l'ombre
Passant sur le paysage immobile
Suit le mouvement de l'aile
Qui porte son regard
Ses yeux accrochent les reflets
Les mordorures l'enchaînent
Dans des rets inexistants
Il se débat sans cesse
Pour ne pas défaire ses crocs
De cet immense empire
Et augmente la pression
Des sillons sur sa pauvre rétine

FLUIDE EST LE VENT

L'ennui se transmute
Au temps de la célébration
Quand les langues se dévergondent
Rutilantes de caresses
Sans savoir ni pourquoi
Ni comment se lève l'aurore
L'ennui s'envenime de douceur
Pour laisser transparaître
Dans les robes de mots
Une simple étincelle de soie verte

NOUVELLES RIMES

A la porte de l'hôtel
Les considérations sur l'homme
Comme forme d'hôpital
Mènent à la conclusion
Qu'il suffit d'une hache
Pour faire rimer ambulance
Avec hallebardes
Merveille de la pluie en action
Sous le charme évanescent
D'un feu d'oxygène

TWINS

Les jumeaux ont toujours
Plusieurs doubles
Sur le chemin des songes
Leurs reflets apparaissent
Et disparaissent sans cesse
Ils jouent à la guerre
Comme tous les enfants
Facétieux garnements
Qui créent des éboulis
Et des tremblements de terre
Juste avec le bout de souffle
Qui émerge de leur sourire

HABITAT DU VENT

Le vent habite
Sur la main d'un arbre
Qui écoute la mer
D'un sourire insouciant
Raconter la douceur du feu
De temps à autre
Il va flâner
Le long de la côte
Où les merveilles
S'ébattent sous sa caresse

AUX MARQUISES

Sur l'océan une onde s'éveille
Minérale et joyeuse
Une brise de mer se lève
Pour caresser les flancs des bateaux
Chaloupant langoureusement
Le rythme de leur croisière
Un lagon ouvre son cratère
A l'alizé qui dévergonde les coteaux
Dans l'ambiance polynésienne
Qui écarte la brume d'un doigt de velours
Les eaux se courbent
Sous le frisson du vent charnu
Qui tapisse d'évanescence
Les parois sur lesquelles
Un suc mordoré se répand
Des vagues ludiques jouent
Sillonnant de remous cristallins
La profondeur du flot
Qui s'encanaille en s'ouvrant large
Au passage des marées de gypse
L'arôme monte vers la chaleur
Dans des soubresauts amplifiés
Par la moiteur pâle des lilas
Une frégate traverse la houle
Bombant ses dômes
Vers un panorama sans vision
La côte s'enflamme sous les embruns
Liquéfiant les formes creuses
Etirant les soupirs des palétuviers
Tendus humides dans un creux de vent
Et se relâchant dans l'inondation pluviale
Qui déferle en notes de senteur pourpre
Sous lesquels luisent de verts arômes
Sur une plage ouverte à tous vents