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vendredi, 19 décembre 2008

LA PERLE DE MARA

Rien à voir sur le fond des huttes
Buffle grattant des terrains d'air
Nage du pal sans addiction

Voix grise des gants épelés
La vie valse sur l'eau des garces
Aux nerfs vissés sur des mers
Où Skippy vend de l'apparent

Zone élevée des serveurs gais
Le maillet du grizzly descend
Les coteries des crooners louches

SUICIDES ET GUERRES

Il est des lieux
Où les suicides ont le parfum
Des actes manqués
Comme si le sucre d'orge
Se plaisait à fricoter
Sur la langue des remakes

En d'autres églises
Les tueurs reviennent de guerre
Sous les traits de mutants
Cyborgs ou androïdes
Montés sur les chevaux
De la reine du fouet

Pas un survivant à l'identique
Des morsures plein les yeux
Mais des fleurs sur la langue
Parfumée au napalm
Balistique de précision
Au service des flous artistiques

SE PERDRE EN L'AIR

La clarté du chant
Est toujours complice
Du ciel et de l'arbre

Toujours

Quand ce n'est pas le cas
C'est à l'oreille
Qu'il faut le reprocher
Elle qui nourrit le cérumen
De ses propres absences

Comme un air de bouchon
Pendant une thèse
Consacrée à Gabrielle

TERRIBLEMENT CLAIR

Si l'abeille devient poétesse
Elle se soumet
Pour rendre la justice

Le délire peint les référents
Avec du fluo incendiaire
Duquel sont bannies
Les absconsités du genre vrai

Les modes se conjuguent
Suivant une loi
Qui ne suit aucune règle

UN TOUR SUR LA PLAGE

Quand les éclairs
Savent parler la langue
Des reflets de nuages
Leur lenteur est sans égale
Confinant à la vitesse
D'unification du givre
Qui laisse les déferlantes
Inonder de chants
Aux parfums voraces
Les plages de silicium

ARMEMENT ASSIS

Des armes blanches
Pour les troupes de choc
Qui posent nues
Sur les vibrations du silicium

Pas les ciseaux du censeur
Pas ces cuirasses lâches
Non

Des pics à glace des cimeterres
Des hallebardes pour planter des têtes
Au parfum Jivaro
Des dagues et des poignards
Pour les danses du feu
Des couteaux à dépecer
Pour les chasses à l'ours

Des claymores généralement
Pour les randonnées sur le glen
Quand la nuit n'est pas un leurre
Et que les ombres fuient
Sous le rire carnassier
Des voluptés sans pitié

Des armes blanches comme la neige
A la fraîcheur de l'avalanche
Au chant gracieux des corbeaux

Des mains aiguisées
Au double tranchant lumineux
Comme un arc-en-ciel sans souci

Des mains aiguisées
Au fil d'un roseau
Qui chante

BERLINE ET CABRIOLES

C'est à Berlin sous l'ouragan
Tes hanches dansent
Sur les feuilles volantes
D'une vigne vierge

Je te regarde
Un sourire aux lèvres
Le bout de ma cigarette
Enrobant les arômes de nuit

A Berlin sous l'ouragan

Une danse pour l'eau
Une danse pour le feu
Tes chevaux tombent
Comme un parfum sur le creux
D'une épaule
Où un châle tressé sur tes jambes

A Berlin sous la pluie
En coeur d'ouragan

Et la danse nous entraîne
Sur le cercle de l'ellipse
Qui fait varier les plaisirs
En spirales d'arabesques
En sarments d'iridescence
Sur les langes d'opale
Qui bercent ton enfant

A Berlin sous l'ouragan

UN PETIT QUELQUE CHOSE ET PUIS PLUS RIEN

Etre un plurien
Dans un sourire
Sans fard et sans reproche

Etre un plurien
C'est bien
Comme un nain culturisé notoire
Même si c'est la même chose
Au fond
Qu'un kelkechoz
Fier et savant
Comme Rantanplan

Etre un kelkechoz
C'est dur
Comme une hache sans bourreau
Une potence sans corde
Un palais empli de merveilles

Un kelkechoz
C'est un admirateur déçu
Qui s'accroche au vernis
D'un tableau de maître
Comme s'il voulait peindre
La madone de Michel-Ange
Sur tous les Guernica de Pablo
Alors qu'elle est assise
Juste en-dessous

UN DOIGT DE VODKA

La subversion ressemble
Aux arômes surpuissants
De la soumission

Subvertir c'est pondre
Des vers insubmersibles
Sous l'utérus accroupi
Des venelles du temps

Un peu comme radoter
Mais en braille de préférence
Et en technicolor insomniaque

NEVE DU VENT

La caresse se rit des distances
Flattant les hanches
Ou le téton du sein
Suivant son bon plaisir

Des fleurs jaillissent
Au milieu des cimeterres
Dans les décombres des nues
Qui peuplent les cimetières

On scalpe gaiement les abeilles
Au temps joyeux des hirondelles

ALMA PEINARD

Rond fruit de luth près du séchoir
L'entrain des mites fume l'air
Sans pâle érudition en nage
Encrant les voix grises des Peuls

Grâce aux solvants fermes d'hier
L'air remercie ce dessert vert
Pupille à l'opéra parlant

Le jour s'élève jaune et gai
Dans la mélasse des nuits brille
Le pari du rocher au coq

GAELIQUE EMOUVANCE

Les gibets poussent
Sous la lune de Montfaucon
Où les belles dames dansent
Un mascara luisant
Sur leurs paupières

Des danses au parfum de gentiane
Des glycines autour du poignet
Sur les charmilles insouciantes
Qui bordent les faubourgs
Où surgissent gaiement
Les cavaliers de Sleepy Hollow

Deux femmes pour un homme
Ou deux femmes solitaires
Un étrange cortège
Sur les glacis du temps

Est-il encore des jours de claymore
Sur les terres hautes
Des confins du glen
Emeraudes dans le trèfle
Rubis sur la piste de dés
Un lapis en parure
Sur le front des diadèmes