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samedi, 20 décembre 2008

UNE HISTOIRE DE LA FUMEE

Un Minotaure trône sur une arène sanglante
Violant la virginité des terres
Une femme couronne un enfant
Qui naît à la mort du tyran

Une seule femme est fidèle
Et garde le feu
L'enfant devient un homme
Quand sa mère se dévoile

Toutes autres formes périssent
Aux seuls yeux qui voient

OVER

Dans les collines
Dansent des ombres
Aux armes effilées
Comme des pages blanches

Des faunes et des dryades
Des loups et des serpentaires

Sur des mers en furie
Le corail glisse impassible
La paix des génocides en bannière
Encore chanter des sourires

SURFING FLIRT

Les légendes se nourrissent
De l'électricité des homicides
Une pédale d'effets sonores
Aux propriétés fongicides

Eruption continue de lave sans effusion
L'apoplexie génère des torrents d'abstraction

Les héros se forgent à la main
Aux colliers décorés et aux yeux peints
Cobra verde

Du sang qui ruisselle
Lumineux
Sur des tranchées sans appel

Un seul son
Distorsion
Et mille histoires en un couplet

Dans la vallée de la mort
Des cavaliers aux montures de feu
Sillonnent un ciel d'avalanche
Au sons des bombardements pervenches

RELIRE DANTE

Les pires horreurs
Toujours
Dans les mondes du plomb
Où les collabos
S'appellent tout le monde
Jamais ne se révoltent
Les classes moyennes
Jamais
Mais elles ont la décence
Et le savoir-paraître
Jusqu'au bout des ongles
Sans étendre les doigts

EN DIRE DEUX MOTS

Faire le ménage pour l'écrivain
Consiste uniquement
A devenir poète
Ecorcher la buée
Qui encombre la forêt
Sarcler les oiseaux et les vents
Apprendre à faire du plomb
Autre chose que du plomb
Ou faire tomber les murs
Qui empêchent sa croisière
De faire tomber les cités
Et de découvrir le secret de l'eau

COMME UNE OPALE

Les femmes aiment le son
Des robes qui tournoient
Le long de leurs jambes
Allumant ce qu'elles croient
Etre un incendie
Qui pourtant leur préexiste
Dans la chaleur d'une paume
Où le vent s'enthousiaste
Sereinement en lui-même
Des essaims de couleurs
Qu'il dissémine allègrement
Sur l'écran de ses nuits

FRATRIE DES PLAIDS

Café moulu sans rendu noir
Au cerneau des fumées par terre
Cent soins pour un repas sans pied
Hument les pôles par la vie

Dégondant les émois du vent
Un revers de blonde aux amers
Pille les arts par la commune

Vie d'inversion en floraison
Grillant la lande en un croissant
Couché sur les brins des goujons

- M.M -

Monsieur aime
L'oeuf en meurette
Que madame en coquette
Porte comme un diadème

Madame aime
Les robes des rimes
Au parfum d'hallucine
Qu'elle se fait elle-même

Monsieur aime
Les renverses du même
Qu'Hélène déchaîne
Dans les froufrous de sa traîne

Madame aime
L'aisance de monsieur
Du soleil plein les yeux
Sur les docks de Brème

LES PLATS TRES FRAIS

Livre bourru moulant du noir
Les terres voguent sans fumée
L'or pas pris prend soin de son pied
Au poids ravi par une épaule

Grand émoi sans vendre un seul mot
Au harem où le vers abonde
Déplié comme un art de brame

Le vert invite les saisons
En guirlande sans aucun sens
Sous les babouches des bourgeons

IAMM

Madame aime
Les yeux sous les poches
Pour envenimer l'approche
Des torrents de je t'aime

Monsieur aime
La sculpture des étamines
Aux doigts qui s'animent
Dans les blancs de carême

Madame aime
La morsure qu'elle essaime
Quand elle joue Papillon
Au grand bal des larrons

Monsieur aime
Les doux seins de madame
Qui incendient le macadam
De leur parfum à la crème

MANDALA DE NUIT

Trois billes d'opale
Jonglant avec le temps
Dans des toilettes
Aux arômes de blanc

Deux nuitées pour un solo
Une évidence en plein charme
L'étendue à perte de cécité
Dans le ressenti de l'audace

Un salto immobile
Fixité du décor
Mouvance des cils
Coloris inutiles

LES AILES FRAPPEES

Un fondu noir pour rendu libre
Grave les terres sans fumée
Pas polisson sur le papier
A poil sans gravité ni pôle

Vise moi entre ce grand môle
Où verdit le dos de nos mères
Amarrant l'envie de départ

Le vers élève des boissons
Qui saillissent l'essence gaie
Pour des bouches gorgées de son

HORS MASCARA

Sous nos yeux
Des parfums s'enrubannent
Dans des valses sans fin

Sous nos yeux
Pourtant
Juste la neige
Et juste en-dessous
Une légère étincelle

Sous nos yeux
Des larmes de satin

M%M

Monsieur aime lire
Aux toilettes de madame
Quand madame a des ailes
Aux fesses sans selle

Madame aime
Monsieur en papillon
Posé sur son revers
De princesse

Monsieur aime
La verrière de madame
Etendue essorée
Comme une crémaillère

Madame aime
Le long silence de monsieur
Qui fait frissonner l'allumette
Quand elle craque ses deniers

PARA DES PERLES

Fonte des fonds de tiroir nu
Un lutin fume un bug gras d'air
Delight l'arpion sans panacée
Grève la grande voile à pôle

La valise à l'os se gourmande
En dose de verre d'ivre mer
Par un temps de vide palan

Des cerveaux élevés buissons
Se grise d'aisance en taillis
Où rient les cris des rouge-gorge

DOUCEUR TACTILE

Un vert flouté
Sous le revers
De la nuit de verre
Dans ton soulier de satin

A l'envers
Je dépoussière
Tes manières
Libre comme l'air

Un souffle clair
Sur le vert tendre
Des chemises de soie
Aux ourlets de tendresse

Coule la joie
En fines gouttelettes
Qui ambrent la peau
D'un halo de vers sans frontières

ET MÊME

Monsieur aime
Quand madame fait sa toilette
Dans les charades
Qu'elle tresse

Madame aime
Quand monsieur sans cravate
Vire les invités
Pour admirer sa poule

Madame aime
La verrière sans buée
Sans robe de soirée
Pour tricoter son jardinier

Monsieur aime
Le chant des jardinières
Dans les bras des bluettes
D'avant-guerre

M & M

Monsieur aime
Les jambes de ma dame
Compas qui dessinent
Des airs de Thierry la Fronde

Monsieur aime
Rouler l'habit de ma dame
Sous la voûte déesse
Au gré de la main

Madame aime
Etre une fleur d'étincelle
Dans le coeur de la nuit
Qui reverdit de pâleur

Madame aime
S'étirer sous la caresse
Au téton durci par le feu
Sous l'ondée qu'elle verse

NE RIEN COMPRENDRE

Un homme et une femme
La seule histoire
Qui ait jamais existé
Un homme intangible
Une femme polymorphe
La clarté d'un regard
L'aurore de tous les printemps
Du sucre pour dauphins
Un enfant pour diadème
La mort au fond des yeux

CUISINE LIGHT

Aujourd'hui c'est mercredi, jours des chevaux et des cheveux, qu'on tresse en étoiles d'harmonie ou en toile de Jouy suivant les désirs cocasses de la lubricité en bottes de douze lieues ou en solde d'hiver sur les comptoirs enjoués de la libération des femmes, réduites aux langueurs d'esclavage à grand feu, ne pas réduire surtout, que ça mijote comme savent le faire les omelettes norvégiennes quand elles font du ski à rebours sur le granit de neige qui décore les oeufs à la coque décapités en le charme torride de petites cuillères trouées par l'émotion sanguinaire des colchiques qui pâturent sur les alpages où se nourrissent les coussins paraplégiques de leurs empathies transversales dans les moussons d'avoine qui s'abattent sur les vallées de fer dans lesquelles d'humbles dynamiteurs étudient la métallurgie d'arc-en-ciel en scrutant le fond sans fond des brocantes, des cimetières ou des parcs de traction. Le petit train tortille ses colifichets sur des galaxies de mercure, peignant des clitoris en feu sur le revers des rêves, caressant des seins tranchés en rondelles d'ananas transgénique, élaborant de nouvelles cyprines dans des alambics en forme de cônes de glace ou de carottes transpolaire, pur vice de pervers au regard émincé par les cécités bouillantes des sexualités de l'iridescence qui transpalent le velours des pelouses monastiques pour créer de la pulpe d'artichaut qu'un curry d'oxygène à faible densité transmute en bijouterie fantaisie ou en maquillage transparent.

FLEUR D'IRIS

Vert mystère
Comme une danse de nuit
Sur la peau du vent
Bercée par des doigts habiles

Vert mystère
Comme un baiser de feu
Sur la pulpe d'une pèche
Aux senteurs de délice

Danse encore
Dans l'espace des mains
Qui parcourent ton ventre
Pour en extraire les saveurs

LA PURETE DU MENSONGE

Voir ce qui ne peut être expliqué
Demande une certaine dose
De sang-froid et de flegme

Regarder d'abord ce qu'est comprendre
Regarder ensuite ce qu'est expliquer
L'un n'allant jamais sans l'autre

Eclater de rire
Puis sourire
Et laisser les filles danser

DESSINER LE MATIN

Les constellations dansent
Au petit matin
Sous les lèvres humectées
De fraîche rosée

La danseuse sourit
Et dans ses yeux
Brille la caresse
Des étincelles lutines

Son ventre tourne
Ses hanches vibrent
Pendant que se dresse
Un téton ému par une brise légère

Et volent les robes
Sur des nuages verts
Que les feu-follets
Enluminent gaiement

LECTURE BARBARE

Gengis règne sur l'empire
Des barbares au coeur d'or
Ses chevaux et ses flèches
Portent l'amour
Au coeur des femmes
Qui ne dansent que pour lui

Il n'y a rien à gagner
C'est juste l'oubli et la distraction
Qui font disparaître
L'amour du coeur des femmes
Qui croient connaître
Ce qu'est un homme

LE RETOUR DU PARFUM

Les chevaux de Gengis
Brûlent l'herbe des cités
Dévorées par les mythes urbains
Laissant derrière eux
Mille et un conte
Dansé par une femme
Aux griffes longues
Sculptées dans le curare
Des nuits de pleine lune
Et des aurores du feu

Chevaux d'orage
Aux traumatismes merveilleux
Pour les talismans de lapis
Qui enduisent le corps des filles
D'arabesques au sein d'eau
Claire comme la nuit
Fontaines de parfums gigantesques
Jaillis d'un point minuscule
Suspendu à une larme d'opale
Roulant sur le tranchant d'un cimeterre

Elle danse son chant
La femme aux yeux sans paupières
Ses hanches virevoltantes
Fabriquent des saveurs mirifiques
Et l'odeur mutine
De sa croupe incendiaire
Brûle les palais
De senteurs d'épices
Dont les chemins forment une place
Sur laquelle brille un jeune arôme

MONSIEUR AIME

Monsieur aime
Les danses de ma dame
Quand elle ose
La nudité des valses

Monsieur aime
Les volutes de parfums
Qui ensorcèlent la nuit
De toutes leurs saveurs

Monsieur aime
Les seins de glace
Les croupes en chaleur
Le sourire surtout

Monsieur aime
S'occuper du regard
Qui inonde de pluie
La douceur du jour

DANS LE REGARD DES AUTRES

Des passages en ville
Comme les caresses de la soie
Quand un mot furtif
Dégrafe un parfum
Qui libère ses arômes veloutés
Au coeur minuscule
D'où jaillissent joyeuses
D'innombrables palpitations de douceur
Vivantes étincelles de satin
Qui enluminent le petit matin

DANSER L'AURORE

Sur tes lèvres de feu
Je dessine des pluies
Dans l'encre de la folie
Qui porte mon amour

Sur tes yeux irradiés
Je passe une main de fraîcheur
Un as de pique une dame de coeur
Un parfum de tendresse et de joie

Dans le creux de l'épaule
Un baiser de coton
Une caresse en épingle
Sur un sein de velours

Faites venir les gypsys
Les troubadours aux katioushas
Les cavaliers aux éperons d'argent
Ce soir on célèbre


L'ECRITURE DU VENT

Quand l'intérêt baisse
Le profit fait de même
Et les vents indécents
De la poésie libertaire
En profitent effrontément
Pour enlacer leurs conquêtes
Dans de nouvelles danses
Que le feu lui-même découvre
Au moment de leur surgissement
Au bras de la charmeuse de serpents

Quand l'intérêt baisse
La joie augmente
Imperturbable compensation
Sur l'échelle des balances
Où les agents de change
N'évaluent rien d'autre
Que la profondeur du sourire
Et les éclats furtifs des rires
Dans les entrailles du brasier
D'où jaillissent les pluies magiques

SCREEN PROSTHESIS WORLD

Sa joyeuse majesté
Des clickeurs de souris
Vient d'instaurer
Un nouveau jour férié
A la mémoire
Des gratte-papiers
Qui un jour de fortune
Inventèrent le double-click
Libérateur et ludique
Propulsant l'humanité
Dans une nouvelle ère de progrès
Le jour des scribouillards