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dimanche, 16 novembre 2008

LES TOILES DU BALLET

Les sorcières lancent des menhirs
De pluie et de vent
Qui soulèvent l'écume des jours
Sans un geste de lune

Juste en souriant

Leurs colères écorchent les taillis
Qui encombrent les poumons
Des villages surchargés
Par la poussière des routes
De la désespérance

Mais en souriant
De leurs grand yeux verts
Les sorcières révèlent
Aux sourds de coeur
Des chemins de mâle diction
Où rien ne pave les gouffres
Qui bordent le chemin du cristallin

PLAINE INTENSE

Derrière la porte du bastringue
Où valsent de mornes reliefs
La langue tapine gaiement
S'offrant à qui sait la prendre
Dans d'odieux gangbangs
Qu'aucune morale ne réprime
Au nom présumé de saints préceptes
Qui ne sont que prétextes
D'affirmation vaniteuse
Dont se rient les gourgandines walkyries
Et leurs cavaliers démoniaques
Dans les danses du feu
Qui célèbrent la vie

CABALLEROS DE NOCHE

Des cavaliers venus du Rohan
Comme les highlanders du glen
Des claymores sur le bout de la langue
Des cavaliers aux senteurs d'orage
Moissonneurs du rêve
Qui peignent les mondes
Tels d'arrogants dragons
Aux genoux écorchés
Par le sable des nuages
Et le laser de leur regard
Poignardé de nulle part
D'un pur et délicieux venin

HISTOIRE DE DANSER

Laisse aller
Dit la valse au tango
Les enfants naissent par la fenêtre
Quand la main suit le regard
Du vent qui sculpte l'écume
D'un revers de la langue
Laisse aller
Au bout du monde
Pas plus loin que la pointe acérée
D'un téton durci par la forge
Qui invente les caresses
Des buccalités sylvestres

VERMICELLE

Verser de l'eau
Comme un mantra sans fin
Qui carillonne silencieusement
Dans les yeux sans fard away

Verset de l'eau
Comme un neverending slow
Genre de Californie
A l'hôtel bleu comme la nuit

Vert c'est de l'eau
En un surf halluciné
Assis sous une tombe
En souriant à l'aurore

CUISINE INTIME

Les chants de la mayonnaise
Aiment les jungles nocturnes
Où règne la discrimination
Du vinaigre et de l'huile

Sel et poivre au balcon
Population libérale
Au mix éblouissant
Propulsé par des DJs sans scrupules

Peler les oignons
Tout un programme de charmes
Pour les lames de sang
Aux larmes de glace

OUVERT D'OZ

Passage clouté
Aux bandes fluorescentes
Comme un gangbang
D'Hell's Angels assoiffés
Par la poussière des pardessus
D'il était une fois dans l'ouest
Cheyennes déjantés
Dans les mondes sans attrait
Des consommations gratuites
Où d'énormes soleils
Fondent dans la main
Du sucre psychédélique

CIRCUS

A l'endroit sans couleurs
Où les absences de saveurs
Peuplent l'espace de merveilles
Et de pépites au chocolat
Comment tourner les périphrases
Sans renverser la mayonnaise
Se demande le funambule
Du haut vertigineux de son fauteuil
Accoudé nonchalamment
Sur un rai déchaussé

LA NEIGE ET LE FOUET

Epées et cavaliers
Traversent les déserts
Sur lesquels flottent
Des fumigènes épais
Gonflés par l'importance
De leur autobiographie

Pierre de patience
Pour lecteurs aveugles
Ne sachant pas épeler
La saveur de l'hommage
Dans le dialecte confit
Qui leur sert de langage

Le vent continue de sourire
A la lame couverte de sang
Tandis que le vin s'enivre
Loin des fameux confins
Où le bouzkachi promène
La saveur du mouton

AMBRE DE GENTIANE

Un sourire sur un pont
Et la piste des Sioux
Parchemin de fortune
Constellé de vieux clous

Un sourire sur le front
De la mer qui jaillit
En ellipses de feu
Blizzard sans oeillères

Le sourire comme un don
Des nuages de papillottes
Juste sortis du garage
Où d'étranges mécaniciens
Démolissent des statues
Pour en faire du pain

Le sourire du lampion
Photophore incendiaire
Au sourire kabyle
Dans les mines de crayon
Sur les rimes hauturières
De l'océan des tendresses

samedi, 15 novembre 2008

LUIT UN FEU

Le pou d'Elsa est espagnol
Dresseur de châteaux
Sur les faces de lune
Qui réverbèrent bruyamment
Le pouls d'Elsa
Et ses échos difformes

Le pouls d'Elsa
Se dresse à l'oreille
Comme une caresse
Sur un téton brûlant
Une fièvre de miel
Semblable en tout points
Aux jeux d'Emily

Des jeux de feu de glace
Qu'Hélène dresse toujours
Aux parades troyennes
Pour les grecs insolents
Et leur arrogante élégance
Qui repeint en fuchsia
Les odeurs de la peste

ENVERS AUSTRAL

Tip top
Jam session en bleu
Des mots qui swinguent
Sur des torrents de flammes
Decibels sans haleine

Tic tac
Le bush flambe
Au milieu des pétrodollars
L'eau se marre
Danseuse nue à l'alène fraîche

Toc toc
Nobody c'est son nom
Un gun en guise de carte
De visite fluorescente
Pour absents de la laine

jeudi, 13 novembre 2008

AU PRES DU VISAGE

Comme un volant de dentelles
Serti au plus près des nuages
A l'écoute du vent d'été
Et de la sérénité des yeux
Le parfum au centre de la main
Ebouillante de joie
Les contreforts des prairies

Tu te promènes et tu vois
Le lotus au milieu des lucioles
Autant d'opales autant de charmes
Alors tu t'assois et tu chantes
Dans un silence souriant
Et ton chant monte
Jusqu'à moi qui ne suis rien
Comme il sied au petit matin

Et demain s'empoisonne
Dans le torrent qui le dénoue
Des servitudes inutiles
Et des traits sans attraits

Comme un ruban arc-en-ciel
A la polarité vertigineuse
La danse n'en finit plus
D'extasier la plaine aux aurores
Sur laquelle brûle la douceur
D'un arôme enfantin


mercredi, 12 novembre 2008

PALIMPSESTE DU TATOUAGE

Dans les corps d'armées transnitriques, des fumigènes de couleurs hantent les couloirs des cathédrales, silhouettes de brume qui s'extasient devant des reflets de cocaïne ou de farine sensitive et sucrée sur lesquels roulent les dés d'un craps pipé comme un bec bunsen. Le galop des chevaux développe des harmonies surréalistes sur des scènes de vie conjugale reléguée aux oubliettes de châteaux-forts dont les étendards ploient sous les responsabilités hilarantes que dénoncent de vils bouffons aux allures insipides et au geste inconséquent. La danse des bassins nuptiaux féconde les eaux territoriales quand les flots des barrages rompent les lances dans les lices où se jouent des tournois de dévergondage, masses d'armes et fléaux emplis du sourire des écus sonnants et des trébuchets insouciants, glaives rayonnants sur brocard et damasquin de bohème, palestrique arménienne au milieu des Caucases et des caucus multilatéraux. Foin de merveilles, point de sommeil, les torchons brûlent en cadence arythmique dans la cavalcade des montagnes sur lesquelles d'intenses rivières incrédules jonglent avec de tourbillonnantes ellipses de ciel vert et de mer noire, mélange interactif de l'homogénéité du plasma incandescent sur lequel se déploient les formes de nouvelles fontes au coeur nitroglycériné par les explosions incantatoires de la joie, feux d'artifices à l'aspect sensuel de torrents d'hirondelles aux atours nus et aux yeux grands ouverts.

mardi, 11 novembre 2008

FRANTIQUE

De Lugdunum
On voit Rome sans souci
Comme autant de ruines
Jonchant le sol
De tous les colisées
Pour tous les gladiateurs

Vit-on à Lugdunum
Rien ne le prouve
Alors pourquoi pas
Appeler cela une vie
Un mot en vaut un autre
Et vie vaut bien rêve

MIROIR SANS HEURE

Poésie mon amie
Comme un vol de diamants
Ou d'opales
Sur le revers de la nuit

Poésie sans frontières
Que des biffures rayent
D'un trait de valeur
Esthétique selon le choix
D'un arbitraire désuet

Poésie aux éclairs insouciants
Dont le velours réverbère
Les coeurs durcis
Par syntaxe et grammaire
Comme une brûlure rigoureuse
Etincelante pour certains
Nauséabonde pour d'autres

Poésie sans hormones
Pur extrait d'arrogance
Qui sourit aux assassins
Et que les morts réprouvent
Autant sinon plus
Que les dieux eux-mêmes

Où sont les guerriers arc-en-ciel
Ceux qui dansent le haka des hommes
Haches de lumière entre les dents
Mains ouvertes pour tuer
D'un seul regard nucléaire

LE TRIDENT DE SHIVA

Tout se détruit
Mais rien ne meurt
Les assassins s'amusent
Devant les valses
Et les hésitations
De la tiédeur
Rien que la destruction
Pas d'échafaudage lacustre
Sur des planches pourries
Par le sel et le vinaigre
Et leurs échelles de valeurs
Aux couleurs enivrantes

WINTER IN SIAM

Pas de choix à faire
Entre le même
Stade après stade
La remontée des fleuves noirs
Sortie du bush
Entrée de jungle
Tête-bêche pour lire
Ce que tracent les machettes
Dans le merveilleux génocide
Qui dépeuple les soleils

MORNING NAPALM SMELL

Exclus de la cité
Pour cause d'Apocalypse Now
Et de napalmisation outrancière
Peu veulent écouter Kurtz
Et sa vision étincelante de noirceur
La marche des Walkyries
Ne sied littéralement
Qu'à Kilgore et ses apaches
Dénués de toute urbanité
Dans le ruissellement du feu

UN RIEN DE JOUISSANCE

Qu'importe donc l'érotisme
Au pays du désir satisfait
Où les traitements de surface
Luisent sous la pluie
Qui caresse la mer
Dans d'improbables avanies
Aventures légumières
Du pays des endives
Elevées plein soleil
Par des pensées carrées
Dont la quadrature oblongue
Oublie les ratios d'or

lundi, 10 novembre 2008

MARCHE SANS OMBRE

La poésie est une pute au sein d'or
Qui suce gratuitement
Les filons des veines d'argent

La poésie est une maquerelle généreuse
Pour les valeureux indigents
Qui laissent reluire son trésor

Sur le velours velu du vélin
Valse la virago vertueuse
Et la virtuosité des vauriens

ORANGE MELODIQUE

Seulement le temps
Pour unique passe-temps
Variation mélodique en mondovision
Empreinte des arpèges de la soie
Sur le flux bleu des harpies
Et le reflet vert des harpes
Dans les charmilles de glycines
Seulement le temps
Par un mouvement discret
Comme le souffle d'une horloge
Dont les mélanomes se tranchent
D'un revers gracieux du poignet

MANIERE DE VOIR

Personne ne jalouse le poète
N'en déplaise au moucharabieh
La concurrence du marché libre
S'effondre avec les cours de l'or
Quand les litres de soie
S'en vont paître aux alpages
Des servitudes boréales
En peignant les danses antiques
Des théâtres contemporains