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dimanche, 09 novembre 2008

MAURESQUE HAPPEE

En sortant du cinéma
La pluie berce la nuit
Le temps se laisse aller
Au milieu des opales
Un onyx en guise de couleur
L'oracle est de pure saveur
Comme un violent journal
Une étincelle dessillée
Au beau milieu d'un incendie
Tendre parfum de Samira

samedi, 08 novembre 2008

SENTES DU PARFUM

La nuit, sur les chemins qui ne mènent pas, les hommes respirent sous leurs peaux de bêtes les parfums du chaos, les arômes noirs et la fraîcheur du lilas blanc. Leur rêve, en forme d'arc-en-ciel, épure les gravats extraordinaires qui peuplent les galaxies de l'hypnose, ouvrage de mineur qui détartre le sel pour en extraire l'eau, plaisir de midinette qui regarde flotter ses chapeaux sous la caresse du vent, austère dévergondage qui sourit sans hormones en écoutant les contes et légendes de la modernité. D'autres autoroutes vicinales, ailleurs, mènent leurs adhérents au même endroit, sans qu'il y ait une plume pour démontrer qu'ici est là sans écart possible, sans la moindre once de différence entre eux, sans le plus petit mouvement d'un cil pour séparer la frontière du regard. Mais autant en emporte toujours la mer, des radeaux pour les méduses, des jardins pour Octopus ou des baleines blanches pour les harponnés par l'arc qui porte la peste sur les chants de l'outrage.

jeudi, 06 novembre 2008

FLEUR DE LUTH

Comme un schrapnel en filigrane, une dum-dum estivale, le chant du luth s'éveille sur les mandibules écorchées où l'absence de ressentiment peuple de son allegria les chemins désertiques qui font le tour du monde en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Population de notes qui s'arpègent insouciantes sur le velours des barbelés, les auspices savourent les déhanchements elliptiques des contorsionnistes de l'arôme velu dans son incarnat de poudre d'escampette, au nez en trompette et au mollet ferme comme un lendemain jamais advenu. Portée sans conséquence, ivresse des fulgurances, les décibels du silence entrouvrent les portes au contact charnel d'une apocalypse de diamants et rubis, mélange hétéromogène dont le quinquina n'est pas la moindre des merveilles. Les floraisons de jasmin transgénétique se succèdent instantanément sur les pelouses désaseptisées de l'overdrive version manuelle, histoire de laisser une carotte plantée en direct live pour un forage permanent dans les nappes d'évanescence inflammable dont se nourrit le plancton supraluminique qui dévore les espaces à vitesse grand L. Et une louche plus loin, gazoline et pipe-line réconciliés remettent le couvert pour un nu plus vrai que nature, l'élégance de l'échancrure compensant sans souci les plus chauds programmes de romance jamais inventés par les pluies sylvestres qu'on ne rencontre qu'au centre du Kalahari, lieu de perdition sans équivalence autre que deux plateaux juchés à même hauteur sur le chas d'une intraveineuse énamourée.

A LA GITANE

Âme d'une brune
Comme une arme de fauve
Ou la larme d'une louve
Quand l'arc se détend
Noir comme une aube

Le violon a une âme
Que connaît bien l'archer
Qui jongle avec les étoiles
En résonant sans accent
Hormis celui de l'étincelle

Arme de brune
Demain la lune
Comme dit si bien l'écume
Dans les lames d'un couteau suisse
Qui effeuille les marguerites

mercredi, 05 novembre 2008

VASE ECLOS

Les phénomènes d'élection sont toujours un régal, tant les charmes des élus dessinent de mirifiques ellipses dans le sucre cocaïné qui flatte les narines des pâturages ensoleillés. Que de bienveillantes perspectives pour les sérieux et les rustiques dont la campagne fleure bon l'engrais naturel des futurs charniers dont sont constitués les parterres fleuris de chrysanthèmes qui bondissent ça et là sur d'étranges communions en forme de baignoire rouge. Il n'y a bien que l'élection à une voix pour sourire insouciamment de ces cabrioles futuristes, contorsions linéaires d'un choeur monomaniaque, liserés de candeur au pourtour du monde, ébauches de desseins dont l'avortement inéluctable n'est encore qu'un clin d'oeil que les manuels ne savent écrire qu'à l'encre sympathique sur fond de transparence étincelante. Les chevaux non achevés caracolent sur les déjections canines que d'intenses messes en sol mineur valorisent comme au bon vieux temps des récessions que le New Deal engraisse sur les chants baptismaux dont d'ignobles marivaudages racontent les aventures en temps réel comme autant de fables à cent sous ou de vers mirlitonnesques. Vive le vent qui tourbillonne au milieu des poteaux télégraphiques, vive le chant du canon, vive les marchands d'armes dont les vers transparents mutilent les rois du camphre et de la nitroglycérine bien fraîche! Asepsie mon amie, détartre donc encore une fois les gencives des tambouilleurs de cru, que les arômes sempiternels des floraisons d'hydrocarbures injectent de nouveau du semtex dans l'adrénaline en fusion qui décore les vasistas d'outre-rien!

TIROIRS

J'achète du texte au Mont-de-Piété quand le vent est au Nord et que les avalanches remontent immobiles vers les fontaines de coriandre. De temps à autre, le temps des classifications fait des commentaires élogieux ou pas sur l'opportunité de ranger ce mobilier d'évanescence dans tel ou tel registre d'enrôlement des conscrits dans les armées de la littérature, régiments obsolètes que le présent ne finit jamais de réinventer en formes oblongues et triangulaires, escouades qui ne servent que de porte-manteaux aux pèlerines en mal de coquillages sur les routes sanguinaires qui bordent les chemins de fortune, bataillons mortuaires qui ne sont que reflets déjà éviscérés du parfum d'inconnaissance que véhiculent les ogives nucléaires des nouvelles artilleries. Chacun peut trouver les mêmes mots dans les catalogues de la grande distribution ou dans les magasins de jouets à la mode, si tant est qu'il soit en mesure de tamiser les pollutions sonores qui enjolivent le pourtour insensible des tympans du marbre que les tambours du velours caressent dans le sens du poil ou de la plume, pelisses dont les atours ne finissent jamais de raconter la mythologie de la lessive du blanc comme une publicité mensongère à destination de sa propre envie de consommation dans un feu d'artifice à l'opalescence éprouvé.

lundi, 03 novembre 2008

LES QUARANTIEMES

Le blues de la quarantaine, ça peut s'appeller Crossroads, version électrique, tempo ultranucléaire, rythmique à l'implacabilité savoureuse. Car, enfin, quelle importance que le prix de la culpabilité et du remords se retrouve sur telle ou telle tête dont la mer sourit rien qu'en pensant aux pinceaux qui tractent l'écume sur les lignes d'encre de la folie enthousiaste? Le blues de la quarantaine peut aussi s'appeler Crossroads, au chant rauque et à l'acoustique d'Alamo, pas de trompettes mais des guitares, la renommée n'a qu'à bien se tenir, le texte enfle d'un vibrato supersonique pour déposer de torrentiels effluves au pied des sabots de plomb qui lestent les hobos des routes du Sud. Dans les salles blanches du Nord des routes, le blues de la quarantaine s'appelle toujours Crossroads, confluent des rails parallèles et des méridiens de sang, quand la route est un hôtel où les ponts se dynamitent d'eux-mêmes dans la célébration des orgies du velours, détruisant les paysages surannés par les lasers que la foudre dispense en rafales ou caresses suivant les désirs torrides des naïades qui peuplent les sous-bois de la déréliction. Chaque instant s'embrase en permanence quand le cerumen se rappelle que Crossroads n'est pas uniquement une seule chanson au texte mythique, le prix de la liberté au string de dentelles dont la soie peuple les rêves d'addiction au chlorure de méthylène