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mercredi, 14 janvier 2009

UNE ARIA

En écoutant
Je crois encore entendre
Une île au bouquet merveilleux
Qui surnage au plus profond
Des basses eaux
L'ombre se désaltère
Des accents qui reviennent
En boucles blanches
Torsades et spirales du souvenir
Qui s'émancipe

AU REPOS DE LA MER

Les jonques peignent
Les révolutions qui leur plaisent
Dans les brisants
Ou sur des parterres de fleurs

Peu importe à la main sereine
Qui trace sur le sable
Des figures d'évanescence
Pour le plaisir des yeux

Ecrire au laser invisible
Sur de la toile qui jouit
Les volutes arméniennes
De la vie sans souci

TISSER LES PLUIES

Ceux qui inventent des pluies
Enterrent l'absence
Dans chaque ondée
Fécondés par les ongles
De l'orage sur leur peau
Ecorchée par la foudre

Ceux qui inventent des pluies
Oublient à chaque instant
Le sens du gémissement
La prière leur est inconnue
Quand de leurs mains s'élève
Le chant du bourreau

DU HAVRE ET DE LA NEIGE

Marseille sous la neige
C'est comme la mer rendue
A la montagne

Le temps s'effeuille
En marguerites insouciantes
Les enfants jouent
Sur le velours des toits
Blanchis par le recul

Des traces d'alluvions
Parent la mer d'un halo
De lumière boréale
Et la Bonne Mère veille
Paisible sur son roc

Marseille sous la neige
C'est comme Acapulco
De la pulpe au fond du verre
A imaginer les sardines

STERILITE DES AGITATIONS

La seule pureté de la haine
Est pureté de la confusion
Brillant à son paroxysme

Sensation irréelle
Magnifiée par l'arrogance
Dans des effets de style
Dont ne voudrait pas
Le dernier des miséreux

La poussière dans les yeux
Les marionnettes se la jouent royale
Au bout des fils épileptiques
Qui guident leur chant cramoisi

mardi, 13 janvier 2009

LES PLEURS INUTILES

Le massacre des innocents
Tout le monde le fait

A deux ans

Soumission à Hérode
Normalité du truc
On suit le mouvement
Après cela
Personne ne peut plus
Se targuer d'être innocent

Pas un seul

A moins de tout détruire
De l'empire
Pierre par pierre
Raser Jéricho

Mais il est plus simple
De voir des moulins
Et de leur jeter des pierres
Plutôt que de pleurer
Sur le sort des bourreaux

Pourtant chacun pleure
Sur son propre bourreau
Lui-même

ZOHRA ON ICE

La blancheur de la fleur
Transperce le pourpre
Sous lequel dansent
Les troupeaux de Panurge

Dans l'étincelle de sa clarté
Les Walkyries s'appellent toutes Freyja
Et les lances sont frémissantes
Vers l'Orient des parfums

Même le jasmin se tait
Quand danse la belle
Sur le papier virginal
Que décrypte Shahrzad

UNE HISTOIRE DE MANIVELLE

Le derviche tourne
Pour compenser
La rotation qu'impriment
Les chevaux de bois
Et retrouver l'équilibre
Qu'il ne quitte jamais
Malgré le cinéma
Qui défile insatiable
Sur le fond intangible
De l'axe polaire

A VOULOIR CE QU'ON EST

Maître de l'invisibilité
Aucune envie de partir
Pas de trace de désespoir
Dans le chant qui fleurit

Maîtresse de l'invisible
Elle danse le visible
Toréant des guitares
De sa peau envoûtante

Une fleur de papier d'Arménie
Sourit sur le bitume
Des nuits sans lune
Où jonglent les épées

DE CHOSES ET D'AUTRE

Je vois les choses
Qui n'en sont pas
Elles répondent à mon sourire
Par ton reflet

Je vois les choses
Comme des ondes
Qui répondent à mon absence
Par ton sourire

Quoiqu'on puisse dire d'elles
Ne dit jamais ce qu'elles sont
Quoiqu'on n'en dise pas
N'ajoute pas de tracas

Les choses sont des snobs
Qui reflètent leur inventeur
Et le laissent rêveur
Comme sorti d'un oeuf à la coque

AUX FRONTIERES DU PLOMB

Le plomb a ses limites
Surtout dans le langage
D'où le merveilleux émerge
Uniquement dans la mort
Des nombres et de leurs dérivés

A la lisière du plomb
Les palombes tombent
Les palourdes aussi
La répétition musculeuse advient
Ou n'advient pas

L'épure des syntaxes
Se pare de pourpre
Avant d'envoler sa neige
Vers les territoires du noir
Sous lequel brillent
Les vertes prairies argentées

WALKING WORDS

So fly words
On gorgeous wings
Telling nothing
But a smile
Saying nothing
But a song
No matter the meanings
When crossing the rainbow
Travellers on their way
just let burn the river

STRATICARDIE

La mer est la mer
Et Vénus n'en sort
Que pour ne trouver
Aucun rivage

Dans la mer le plancton
Se lie en arômes de vers
Nourriture maritime
Aromatisée d'épices
Aux accents galactiques

Mais la ponctuation n'influe pas
Sur les nerfs de la mer
Qui s'envole légère d'un lac

DILUER LES SAVEURS

Quand l'océan descend dans la mer
Pas de risque pour les vers
De temps à autre une luciole
Brille dans le coeur des marées
La gourmandise empêche
L'ensemble du flot de luire
Comme une bibliothèque
Où seraient appariés
Torchons et serviettes
En noeuds multicolores

lundi, 12 janvier 2009

LARMES DE VENT

La poudre de vent
Ne pleure que pour arroser
Les fleurs de sagesse
Qui émergent du feu
Créant des vapeurs douces
Autour des tiges d'air
Et des étamines de cristal
Dont les saveurs d'arc-en-ciel
Dérobent les promiscuités
Dans le dévoilement du nu

PARFUM D'AURA

J'ai dit
L'impossible est-il lointain
A voix haute
Dans un souffle
Histoire de tester
La saveur d'un écho
Qui jamais ne vient
Que par réverbération
D'une haleine sucrée
Sur la face cachée de la lune

TRINACRIA

J'écris des spirales
Sur du papier d'océan
Venu d'Arménie
Par les voies souterraines
Du blizzard et du givre
Porté par une étole
De parfum fidèle
Aux arrières-pensées
Limpides et volages
Comme un arôme d'éclair

VERRE DE LUNE

La lune est toujours amicale
Pour l'insensé
Qui frôle son épaule
De baisers entrecroisés
Reflets détroublés aux larmes
De santal cristallin
Qui parent la belle
Dans l'harmonie de la danse
Dont les aventures sereines
Enluminent les lectures

A PILORI

Le temps se doute
Mais il ignore
Combien de temps
On peut surseoir
A l'abrogation involontaire
Des irradiations prioritaires
Qui font des potences
Sur un oscilloscope
Un a priori velléitaire
Au versant d'un a fortiori

FOLKLORE FROM BIZARRELAND

Droppe une bombe
Sur les champs psychédéliques
Un grain de sable
En apnée dans un surf
Catatonique

Droppe une bombe
Un exocet
Des flyings saucers
Une soucoupe volante
Un boomerang nucléaire
Au bout d'un bilboquet

Droppe un Droopy
Une avalanche de fourmis
Un escalator en panne
Sur des horodateurs périmés

Droppe until you bop
Dans le blitzkrieg
Que ramonent les tronçonneuses
Sur la poitrine langoureuse
Que Betty affiche nue

UN CAPRICE EN HOMMAGE

Les oscars vont aux ours
Comme la rivière à la montagne
Sans qu'un accroc
N'interpelle le chauffeur
Qui navigue seul
Dans les souterrains du velours
Ou sur les toiles de Jouy
Que des vies hâtives parent
Du souvenir de longs courriers
Parsemés de confitures de crimes

VESTIBULE POETIQUE

Troie et son aigle
Tiennent le rôle principal
Dans tous les romans
Le trône de la poésie
S'enfonce sous leurs ruines
Dans une erre où les aigles
Ont tous les ailes brisées
Troie et son aigle
Marquent d'évanescence
Les préambules de la vie