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dimanche, 25 décembre 2005

LE VIDE OU LA LUXURE

Il t'est souhaité ce moment béni appelé résurrection
L'instant où s'effondrent du mental les constructions
L'heure où la nature épanouie et affranchie de son tyran
Surgit dans le désert d'un éclair étonnamment foudroyant

Seras-tu assez forte pour briser les carcans qui t'enchaînent
Auras-tu les tripes pour semer ces moutons qui t'emmènent
Rimbaud fascine la plupart des générations embourgeoisées
Sans pour autant qu'ils soient nombreux à essayer d'être inspirés

Ici règne la sécurité, c'est à dire que la peur est l'élément dominant
De ce troupeau mollasson qui s'effraie du moindre soupçon de néant
Occupés qu'ils sont à remplir leur gamelle dérisoire et pathétique
Crois-tu être sortie de ces inutiles mouvements hypnotiques

Resplendiras-tu telles les amies fidèles du maître que fut Rumî
T''envoleras-tu à tire d'aile à la recherche d'un autre paradis
Peu de femmes savent réellement chausser les semelles de vent
Et chevaucher telles des guerrières l'immensité du Néant

Quand tu sortiras de tes exercices et de tes volutes bleutées
Que verrons-nous sortir de la torpeur, verrons-nous quelqu'un
Emerger dans l'éther sans plus personne pour prétendre rayonner
Ou t'observerons-nous te lamenter sur tes misérables chagrins

Quelles concessions vas-tu faire à l'existence merveilleuse
Que te propose ta société consumériste et scabreuse
Auras-tu la grandeur d'âme des crucifiés sanguinolents
Qui bordaient la Voie Appienne en d'autres temps

samedi, 24 décembre 2005

SILENCE DE JOIE

Le silence contient tous les sons de l'univers
Une pure merveille d'inoubliable atmosphère
Qu'on le compare donc à ces bruits délétères
Aucun risque pour eux d'entre être trop fier

Comment donc avec tous ces mots grossiers
Pouvoir encenser ce doux silence bien-aimé
Pourtant même au milieu des hurlements
On entendre sourdre son charme rayonnant

Des bruits comme des nuisances sonores
Utiles pour générer d'autres aspects inodores
Des idées qu'on aura oubliées sans même un effort
Sans même avoir besoin de leur donner tort

Passent les vents et les marées humaines
Le silence défie tous les phénomènes
Le clown agite ces cymbales tapageuses
Oubliant d'examiner son âme ténébreuse

Il attire dans ce cirque multicolore et bruyant
D'autre clowns tout aussi bons et rutilants
Qui ont perdu le sens de la saveur de l'éther
Toutes les couleurs aussi proviennent de la Lumière

LE POETE

Le poète est un four à brûler les apparences
Du réel il découvre certaines circonstances
Il n'est de poète que sans amarres
Rayonnant au beau milieu des tintamarres

Le poète n'a pour moteur que l'Essence
Qui en lui dévoile Son excellence
Il n'est que le bras armé du destin
Qu'on appelle sa production art ou baratin

Ne s'attachent à la forme que d'autres formes
Le vide effraie par ses conséquences énormes
Le poète affronte pics et précipices
Avec l'audace et le sang-froid de l'équilibriste

Aucune convention ne résiste à ses oraisons
De feu ou de glace suivant la saison
Sa parole en guise de maléfice
N'outrage que ceux qui se refusent au sacrifice

Qu'il soit grégeois ou sacré, c'est le feu
Qui génère ce parfum de merveilleux
L'enveloppe qui revendique ce talent
N'est poète que dans la misère de l'apparent

vendredi, 23 décembre 2005

OFFERTE

Offerte à tous les vents et toutes les directions, je suis devenu offerte...

Quand par la grâce infinie de la découverte
L'âme de Lumière et clarté se verra recouverte

Quand le coeur sera devenu transparent
Que rien ne sera jamais trop exigeant

Quand il n'y aura plus aucune peine
Que tous les obstacles se franchiront sans gêne

Il n'y aura pas à se réclamer de la vaillance
Simplement remercier pour la bienveillance

On ne peut rien dire de cet ineffable sentiment
Qui advient quand on plonge dans ce trou béant

En aucun cas, il ne fait figure d'astreinte
Du néant il n'est que l'infinie étreinte

La Lumière est son unique et éternelle couleur
Sa saveur a le goût d'une inextinguible douceur

Si par mégarde on osait la dire sucrée
On serait de nouveau par les sens accaparé

Pour tous elle est le formidable abri
Qui à tous tend ses bras attendris

Offerte à Son regard, je suis devenu offerte
Sans les sens, ainsi émerge ce qui est l'Etre

ESPRIT DE REBELLION

Comment peut-on trouver l'esprit de rébellion
Dans la quête d'une totale et stérile illusion
C'est bien le cauchemar de ces légions
Qui confine à la pure et intégrale déraison

Peut-être cet esprit est-il présent au départ
De ce qui n'est en fait qu'un au revoir
Mais celui qui persévère dans cette voie
S'aperçoit vite de ce qu'il advient des agrégats

L'esprit de rébellion n'existe en fait qu'en soumission
Aux principes qui régissent l'univers et la question
Qui se pose n'est plus d'être rebelle mais conforme
Quoi qu'il en coûte au non-respect des normes

A vouloir paraître un individu solitaire et éclairé
On termine comme un rocher noirâtre et isolé
Battu par tout ce que le monde connaît de marées
Les mouettes ne s'y arrêtent même plus pour y séjourner

SOLITUDE ORIGINELLE

La solitude est l'état de l'être originel
Il n'y a rien qui soit désolant en elle
Quand les bruits du dehors se taisent
Emergent le silence et la douceur de la braise

Ces pensées qui t'agitent sont la cause
Du mal-être qui parcourt les choses
Méditer veut dire en grande partie s'abandonner
Aux bras de la sérénité et son nom n'est pas Morphée

Tu n'est jamais seule même si tu le crois
L'humanité toute entière se tient en toi
Le trouble s'appelle réminiscences et souvenirs
Encore des pensées non réalisées de désirs

Sans désir, aucun désordre ne peut
Venir déranger le solitaire bienheureux
Sans espoir, aucune crainte ne viendra
Troubler le calme qui réside en toi

Ceci ne signifie en aucun cas
Que le désespoir doit être ta loi
Apprend à apprécier la Présence
Et tes tourments ne seront plus qu'absence

MENESTREL AU GRAIN DE SEL

Le charme violent est toujours un cadeau de l'Amant
A ceux qui font partie de ses élus conquérants
Fief, repos, clémence sont pour les délaissées
Celles qui des plaisirs infimes se font fierté

L'infini ne s'éloigne que pour celui
Dont le regard se perd au milieu des bruits
Pour l'âme apaisée, l'infini est synonyme
De bonté, de clarté et de joie magnanime

L'autre monde est dans le voyage immobile
Quand le coeur connaît sans qu'il soit utile
De trouver un chemin dans l'obscurité
Alors que tout a déjà été dévoilé

Ceux qui ont reçu un destin de condottiere
Ne sont restés qu'au seuil de l'éphémère
Ils n'ont pu se résoudre malgré leurs qualités
A renoncer à cette égyptienne adorée

RETOUR DE BAISERS

La réalité n'est jamais habillée
Il n'y a que des fantasmes d'objets
Ces illusions que croient les ensorcelées
Inconscients inquiets, inquiets

Sereinement, personne ne lèse
Chacun crée son propre chagrin
Se tourner vers le coeur de braise
L'Amour surgit soudain, soudain

Aucune raison de devenir
Seul, être et rayonner
Se contenter de resplendir
En altitude, sourire émerveillé

Et quand les yeux s'écarquillent
L'immensité apparaît, triomphale
A ce moment l'univers brille
D'un pur éclat virginal

Nul besoin de chercher une église
Pour trouver où est l'avenir
Aucune réponse n'est requise
Tant cette beauté fait défaillir

Le flot s'écoule sans trêve
Le contempler emplit les yeux
Et là, échoué sur la grève
De ce rivage merveilleux

De choisir, il n'est nul loisir
Il n'est d'ailleurs aucun besoin
Autant se moquer et rire
De ces climats incertains

La réalité n'est jamais habillée
Il n'y a que des fantasmes d'objets
Ces illusions que croient les ensorcelées
Inconscients inquiets, inquiets

PHENOMENE

Il sort souvent de la bouche des enfants
De grandioses chapelets de mots charmants
As-tu oublié qu'il faut mourir à soi-même
Pour sortir de l'illusion du phénomène

Le phénomène existe parce que tu le crées
Comme l'ensemble de ce monde émerveillé
Si tu t'identifies à l'une des formes
De ses caractéristiques tu deviens la norme

Pourquoi souhaiter n'être que ce petit morceau
Alors même que la totalité est ton lot
Il n'y a rien à acquérir qui ne soit déjà là
Comprends bien cela et toute avidité cessera

Bien sûr qu'il a dit "je suis mort"
Et qu'aussitôt il a construit un chateau-fort
Qui peut bien s'inquiéter de la mort
Hormis quelqu'un identifié à ce corps

jeudi, 22 décembre 2005

VUE DU TREFONDS

Je contemple de mon horizon
Tout ce bruit, cette agitation
Pourquoi ces cris me donnent-ils des frissons
C’est le début de la fascination

Un jour, il faudra bien que cela cesse
Que je retrouve cet élan de sagesse
Pour soulager toute cette détresse
Qui empoisonne notre espèce

Comment saurais-je quel chemin prendre
Quel événement m’y fera rendre
Qui sait pourquoi mes mains tremblent
Quand les nuages du soir se rassemblent

Tout cela n’est que bruit et fureur
Peut-on encore trouver quelques lueurs
Je les recherche avec ardeur
Faut-il que je sois cascadeur

Existe-il dans ce pays
Autre chose que des fourmis
Existe-il une sortie
Pour retrouver le paradis

J’ai trouvé la porte intérieure
Là où réside le vrai bonheur
Faut-il le dire avec ardeur
Pour qu’enfin viennent des jours meilleurs

Cette question, je Te la pose
C’est ça tout l’objet de cette prose
Dois-je rechercher des choses
Ou plutôt reposer dans les roses

mardi, 20 décembre 2005

IMPENSABLE

Quand la pensée n'est pas présente, tout s'éclaire
Le monde resplendit et n'est plus que Lumière
Tout se répand en tourbillons et ellipses éphémères
D'instant en instant jaillissent d'innombrables univers

Mouvement ininterrompu de création fantastique
Aucun besoin d'énoncer des opinions esthétiques
Elles ne sont jamais que superficielles et limitées
Et en aucun cas représentatives de la réalité

Rien de ce qui forme dans la pensée n'est vrai
De cette eau boueuse ne surgit pas la vérité
Les arômes et les saveurs du réel non fantasmé
Dépassent de loin toutes les délires imaginés

Quand cent mille galaxies se lovent dans ta main
Que les étoiles resplendissantes ceignent tes reins
Que ta chevelure est un bouquet de comètes irradiantes
Comment désirer autre chose que cette nuée ardente

lundi, 19 décembre 2005

VENDRE SON AME AU DIABLE

Tu l'as déjà vendue au diable ton âme
Pour que du temps tu fasses un drame
Le diable peut s'appeler mental
C'est lui qui détermine cette cadence infernale

Sous son influence tu t'es identifiée
A ce corps de chair qui n'est que limité
Ta nature de Lumière tu as oublié
Pour t'abreuver de plaisirs et futilités

Le temps n'existe que grâce aux illusions
Mentales qu'en d'autres temps on appelait démons
Pour être, il faut mourir à son apparence
C'est ainsi que l'on sort de l'ignorance

Maintenant que le désir a fait son oeuvre en toi
Te reste-il assez de forces pour changer de voie
Il est toujours temps pour toi de découvrir la Vie
Car l'existence n'est en fait qu'un moment d'oubli

UNE INFINIE RECONNAISSANCE

Il est vrai qu'avoir pu échapper aux ravages du temps
Est un don grandiose et magnanime qu'ont reçu les Vivants
Que ce prix soit payé d'une mort est vraiment peu
Personne par ailleurs ne regrette ce mort odieux

Les flétrissures peuvent désormais marquer la chair
Elles n'ont aucune influence sur la nature de l'éther
Cent mille vies en un instant calme et reposant
L'éternel instant qui règne sur le temps

Tout passe, tout lasse, rien ne demeure
Seuls les vivants de la mort ont peur
Pour les morts rien n'est plus que Lumière
Après la sinistre traversée des enfers

D'infinie renaissance en infinie renaissance
Il ne reste plus qu'infinie reconnaissance
Resplendissant d'une auguste innocence
Irradiant la splendeur de l'absence

Pour laisser la place à la Présence
Qui a jailli du plus profond par transcendance
A ces faibles et pauvres créatures éphémères
Elle a donné à goûter le vrai sel de la terre

DANSE SANS SERPENT

Qu'il est bon de voir sans aucune indolence
Des étoiles la flamboyance et l'insolence
Les mêmes qui brillent dans les yeux de l'éternité
Sortant des formes indifférentes des libérés

Quand des sens éteints montent les fragrances
Quand l'abondance ne provient que de l'abstinence
Aucun parfum ne saurait égaler la senteur du divin
Quand il t'enivre de l'émanation vibrante de son sein

Il y a déjà longtemps que l'âme n'est plus réveuse
Jamais elle n'aurait pu imaginer réalité si délicieuse
Qu'il vente, qu'il neige, qu'il pleuve ou qu'il tonne
Rien ne varie dans ces merveilles qui résonnent

Dans ce coeur dont les chaînes se sont envolées
Qu'un phénix a merveilleusement su briser
Abolies, les contraintes de l'éphémère illusoire
Plus aucune place pour les frissons d'un soir

Alors à quoi bon inventer ces paysages rêvés
Quand le réel dépasse le plus fou des insensés
Quand tu es devenue ce ciel liquide, as-tu besoin
D'étoiles alors que n'existe plus aucun chagrin

PAUVRE DESTIN

Pourquoi donc commenter l'arrogance
D'un écrit dont le coeur n'est qu'indigence
De l'auteur, il n'est représentatif que de l'inconscience
Aucun élément n'étaie ces soi-disantes évidences

On pourrait croire que c'est l'ouvrage d'un autiste
Même atteint de cette fameuse pathologie intellectualiste
Des phrases creuses mises bout à bout ne seront jamais
Qu'illustrations vaines pour noyer le poisson et parader

Du vent, du vent, toujours du vent
Ceci n'est l'oeuvre que d'un mental pédant
Perdu dans le labyrinthe des pensées mécaniques
Aucune Vie dans ce discours pathétique

La mécanicité enrobe ce discours stéréotypé
Dont la mauvaise foi est la principale qualité
On ne peut que regretter cette production illusoire
Qui confine son auteur dans le très dérisoire

Que la vanité lui fasse croire qu'il pense
Qu'il se complaise dans la pénombre des apparences
Il sera un futur et brillant robot organique
Apte à vendre de la salade synthétique