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dimanche, 15 janvier 2006

UN POETE TRISTE

Si le poète est triste, c’est qu’il n’a pas compris
Ce qui est l’essence même de la poésie
A quoi sert donc un concert de lamentations
Qui de la souffrance n’est pas la résolution

Le poète porte en son sein la double parole
Qu’à tous il offre en guise de joyeuse parabole
Qu’il prêche la guerre ou l’immense et charmant Amour
Ses oraisons défient l’ivresse des alentours

Ses textes expriment le tréfonds de l’indicible
Quand de ses yeux il explore les sphères invisibles
Armé de l’épée double du discernement
Il déchire les mortes apparences des vivants

Il soulève les carcasses de ces pauvres errants
Pour faire apparaître les braises de feu du Néant
Les flammes ruissellent dans l’éther de ses harmonies
Ses yeux luisent de la claire lumière qui éblouit

La désespérance n’est qu’une création mentale
Qui des infidèles représente l’imaginal
Ce monde est pure perfection et immense décor
Le poète célèbre l’Absolu et son trésor

samedi, 14 janvier 2006

UN PRIEUR

Tu n'as rien compris de ce qu'était la prière
Pour croire qu'au mendiant est réservé l'instant
Où il n'est plus aucune sorte d'atmosphère
Et où s'achève l'existence du temps présent

Si tu souhaites réellement que la Paix vienne
C'est en ton sein que tu dois prier instamment
Car c'est de lui seul que proviennent toutes les haines
En ce sens le monde que tu vois t'est ressemblant

Change-toi, le monde se mettra alors à changer
Ne change pas et ce monde est pour toi le meilleur
Plutôt que de te croire mieux que l'humanité
Essaie donc d'être plus qu'un simple gladiateur

UN MENDIANT

En d'autres temps d'autres lieux, la mendicité
Etait une activité plus que respectée
Aujourd'hui le regard porté sur le mendiant
Est empreint de mille et un conditionnements

En premier lieu des riches la culpabilité
De l'égoïsme qui ne veut nullement partager
Se savoir intimement vil et misérable
Donner une pièce pour être un peu plus formidable

Plutôt que d'étudier ses vraies motivations
Regarde un peu le style de toutes tes questions
Elles sont plus significatives du personnage
Qui soigne délicatement son apparent plumage

A partir de quel stade doit-on vraiment donner
N'est-ce point la mesquinerie qu'on entend s'exprimer
Le mendiant méritant est vêtu de haillons
N'est-ce pas cela qu'induisent tes interrogations

Pourquoi le socialement correct doit-il régner
Sur le coeur, n'est-il de charité qu'encadrée
Les bourgeois n'aiment généralement pas les mendiants
Qui les confrontent avec ce qu'ils sont réellement

Tu es aussi un vrai mendiant à ta manière
Qui tient son coeur au bout d'une laisse ou d'une lanière
Ils sont nombreux comme toi dans ce bel occident
Qui du partage ont oublié le sens aimant

EBLOUISSEMENT

Si tu n'avais pas été rêvé ici-bas
Il y a longtemps que tu te serais trouvé
Si aujourd'hui tu es soumis à cette loi
C'est bien à cause des constats effectués

Une fois des multiples voiles désensorcelé
La Vie peut enfin par cette enveloppe s'exprimer
Tout acte n'est désormais que célébration
Quels que peuvent en être son air et sa direction

Il en va ainsi depuis la longue nuit des temps
Il en ira de même dans ce futur absent
Plus d'intérêt pour le pourquoi et le comment
Juste se contenter de resplendir dans l'instant

Qu'on l'appelle nirvana ou paradis, l'état
De ce brillant phénomène qui anéantit
Ne fait que réjouir en silence les morts à soi
Pour ce miracle qui doucement les éblouit

ESSENTIEL

Comment peut être pensée l'essence du sacré
D'où provient cette idée saugrenue et létale
L'essence du sacré peut être expérimentée
La théoriser est un délire du mental

Tous les mots ne concernent jamais que le non-soi
Toutes les idées seront toujours spéculations
Elles sont émises par la créature nommée moi
Qui du mental est la maligne projection

Ce n'est qu'en renoncement et total abandon
Que peut se manifester cette essence du don
C'est dans la soumission à la pure connaissance
Qu'émergeront les délicats parfums d'essence

vendredi, 13 janvier 2006

UNE CHAMBRE EN VILLE

Le Saint des Saints de la Vie s'exprime en beauté
Nue sans la moindre trace du sensible et grossier
L'extase en est la moindre manifestation
Pas un souffle n'est capable de prononcer son nom

C'est au confluent de la chambre éthérée
Où masculin et féminin célèbrent l'Aimé
Que s'exprime en grande et généreuse abondance
L'ampleur et la douceur de sa magnificence

Pour la trouver il faut démissionner d'office
Du rôle d'emprunt joué qu'on offre en sacrifice
Un sacrifice qui peut coûter beaucoup à ceux
Qui ont pris à tort cette pauvre enveloppe pour eux

Peu importe à ce moment ce qu'il en est en ressort
Rien ne saurait égaler ce divin trésor
Peu importe désormais le futur de la forme
Elle répond maintenant à de nouvelles normes

RECYCLAGE DE CITATION

Il est préférable d'être le premier au village
Plutôt que le deuxième dans une ville nommée Rome
Il n'y a pas de création, du recyclage
Est ce qui constitue l'ordinaire des personnes

C'est ambition démesurée et usurpée
Que de revendiquer l'action du pur Néant
Du vide jaillissent ces éclats qu'on prétend créés
De l'humain ils ne sont ni la chair ni le sang

Plus l'enveloppe est ouverte, béante et disponible
Plus se magnifie la pure action d'invisible
Moins il y a d'objections à la création
Plus s'expriment la beauté et ses évolutions

Rien n'est plus ennuyeux que les pauvres effets
Des productions cérébrales dans le monde abstrait
La Vie est absente de ces gravats peu concrets
Ce n'est pas là de l'art le délicieux secret

Quelle que soit la forme empruntée au monde visible
Seul le contenu traduit les termes éternels
Qu'il soit aux oreilles grossières imperceptible
Ne pose pas problème aux adeptes du Réel

UNE FIN

Si tu nous parles ainsi d'une éventuelle fin
Tu dois avoir aussi trouvé le commencement
N'hésite donc pas à nous entretenir séant
De ce que peut être ce que nous croyons le destin

Il nous sied d'apprendre de ta bouche ce qu'est Dieu
Que tu considères comme la fin de l'univers
Espérons que ce n'est pas de mots vides et creux
Dont est constituée cette phrase jetée dans l'air

Et indique nous également ce qu'est cette voie
Où le monde prend fin, est-elle un passage étroit
Ou un boulevard sur lequel cheminent pèlerins
Et autres chercheurs pour rassasier leur grande faim

ACTE SOUVERAIN

L'acte est souverain sans une interprétation

Pour lui conférer une quelconque direction

Sans qu'il soit revendiqué par un supposé

Auteur qu'on aurait du mal à retrouver



Les actes adviennent d'eux-mêmes tels des jaillissements

Ils surgissent et s'impriment sur le substrat d'éther

La Shakti règne sur le monde des existants

C'est pure merveille que cette danse extraordinaire



Il ne sert à rien de s'approprier de fait

Des évènements dont personne n'est le créateur

Il n'est loisir que d'admirer la déité

Et d'apprécier ce rôle de contemplateur

jeudi, 12 janvier 2006

DECOUVRE DONC CE QU'EST LA VIE

Il n'y a de mort que pour celui qui est né
Pour l'Incréé, il n'est plus que Vie éternelle
Ce n'est pas dans les livres qu'est cette belle vérité
Nul besoin de s'encombrer de superficiel

L'amour-propre sera toujours de la vanité
Elle est représentative de l'insoumission
De la faiblesse mentale des pauvres aliénés
Qui s'accrochent à leurs rêves et à leurs illusions

Esclave tu l'es, de ton mental intoxiquant
Qui te fais te croire existant ou bien vivant
Alors que tu ne chasses que breloques et poussières
Qui nourriront ton univers imaginaire

Te rappelles-tu que la passion n'est que souffrance
Que l'émotion n'est rien d'autre que ton invention
Aucune lumière dans tout cela, de l'inconscience
Ce n'est pas ainsi qu'on évite la déraison

Tu parles de bonheur et de malheur, poète
Sans savoir que ces siamois n'existent en rien
Ce ne sont que chimères provenant de ta tête
Le reconnaître apaisera tous tes chagrins

MIROIRS DEFORMANTS

Tu as aimé la projection que tu faisais
Tu as aimé les vertus que tu lui prêtais
Tu as aimé les fantasmes de ton mental
Tout ce que tu racontes n'est juste qu'imaginal

Le reflet dans ses yeux que tu as admiré
N'est qu'un pur délire que tu as imaginé
Incapable que tu étais de le contempler
Dans la resplendissante lueur de l'êtreté

Tout ce que tu contes là n'est que pauvre illusion
Qui confine l'être aux limites de la déraison
Comment mythifier ces pauvres hallucinations
A du être toute l'étendue de tes questions

Regarde, certaines femmes pour illustrer l'amour
Ne savent que des mots des hommes s'orner alentour
Ceux-ci ne sont pourtant qu'images irraisonnées
Qu'elles savent ne pas être vraiment réalité

Tout ceci n'est que jeu cruel des apparences
La vanité, la frustration, en références
Rien qui ne s'apparente à cet état d'Amour
Dont ruissellent les aimées quand elles otent leurs atours

mercredi, 11 janvier 2006

MON AME

Dans l'univers, je t'ai cherchée
Sur toutes les mers, je t'ai cherchée
Jusqu'au seuil de tous les enfers
Dans les rivières, je t'ai cherchée

Dans les plaines fertiles, sous le soleil
Au fond des abîmes, sous le soleil
Des neiges éternelles du Népal
Au delta du Nil, sous le soleil

Dans le regard des femmes, une absence
Dans le coeur des enfants, une absence
Chez aucun être respirant
Dans l'amitié des hommes, une absence

Existes-tu vraiment, mon âme
Quelle est donc ton adresse, mon âme
Pourquoi ne me réponds-tu pas
Peut-être n'es-tu pas, mon âme

mardi, 10 janvier 2006

UNE AUTRE FORME D'ESCLAVAGE

Il n'est nul besoin de se perdre pour s'égarer
Il faut juste avoir envie de s'abandonner
Telle la bien aimée dans l'étreinte de l'amant
Quand l'extase lui fait entrevoir le pur néant

A quoi sert de se revendiquer dirigeant
D'un état sur lequel règne un méchant tyran
Toutes ses décisions ne font que précipiter
La ruine prochaine de ce peuple mal dirigé

Plutôt être un esclave de la béatitude
Qui se contente de sa modeste rétribution
Tout en sachant pertinemment qu'en altitude
Il n'est personne pour se poser de telles questions

Sachez plutôt vous contenter du resplendir
Celui-ci n'a nul besoin d'irréel avenir
Abandonnez vos fantasmes de devenir
Etre est supérieur à l'ensemble des formes de jouir

AU DELA DU FANTASME

Il me suffit que m'apparaisse
Ce doux éclat pur et charmant
Qui de ces doigts est immanent
Pour qu'en cette pauvre âme renaisse
Un ancien monde d'Amour aimant
Propageant partout l'allégresse

Comme une caresse de satin
Sur un être sorti du paraître
De qui l'envol s'appelle renaître
Pour qui la Vie n'a plus de fin
Une prairie festive pour n'être
Qu'Amour et joie sans lendemain

Depuis toujours existe l'ensemble
Dont la lumière rayonne partout
De l'obscurité elle se joue
Seule la stupide inconscience tremble
De se retrouver à genoux
Un jour ou l'autre tout se rassemble

En tout lieu se trouve sa couche
Dans chaque son s'entend sa voix
Un seul frisson, dix mille émois
Chaque contact fait toujours mouche
C'est dans la permanente joie
Que s'exprime cette auguste bouche

La Vie s'exprime en permanence
Sans cesse elle resplendit de beauté
Qu'il suffit juste de contempler
L'Amour n'en est qu'une occurence
Qu'il n'est nul besoin de nommer
Les mots n'ont aucune importance

C'est là la fin du désarroi
De l'illusion des mauvais rêves
L'incendie brûlera sans trève
Et dissipera tous les froids
Quand le Souffle jaillit des lèvres
Il n'existe plus aucun moi

Il me suffit que m'apparaisse
Ce doux éclat pur et charmant
Qui de ces doigts est immanent
Pour qu'en cette pauvre âme renaisse
Un ancien monde d'Amour aimant
Propageant partout l'allégresse

lundi, 09 janvier 2006

MALAISE

Le projet par essence ne peut être radieux
Il n'est qu'une projection délirante du mental
Ce n'est que dans cet instant que le merveilleux
Peut émerger en atmosphère subliminale

Seul le présent peut apporter satisfaction
A l'être conscient qu'il n'est pas éphémère
La pensée occupe les autres par mille questions
Qui ne débouchent que sur le délétère

La démocratie n'est qu'une idéologie
Corrompue où seul le profit est à l'honneur
Il n'en sort que des ombres séniles et flétries
Dans leurs mornes orbites ne brille aucune lueur

Bataillons de gladiateurs marchant en troupeau
La télé-réalité en guise d'espoir
La peur collant leur peau s'infiltre jusqu'aux os
Partout on entend braire leur glauque désespoir

Quand donc chercherez-vous d'autres évolutions
Pour trouver l'accès lumineux du monde réel
N'êtes-vous que des sujets de la consommation
Partisans d'une métaphysique de la gamelle

LE BAL DES GALAXIES

A chaque nouvelle seconde se crée un nouveau monde
A chaque ancienne passe la hache du destructeur
Se lèvent en même temps par milliers les nouvelles rondes
Tournoyantes et charmeuses comme des bateleurs

Dans la main du semeur les galaxies s'envolent
Tel un vol de papillons dans l'espace brûlant
Et la danse recrée de nouvelles figures d'Eole
Le Souffle se déplace tellement élégamment

Où est-ce? personne ne sait, quelle importance en fait
C'est là que se déroulent les tapis d'étoiles
Au plus profond du gouffre le délicieux secret
Du contemplateur émerveillé par ce bal