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dimanche, 26 mars 2006

LA CONNERIE DES BOURGEOIS DADAISTES

C'est dans les basses œuvres de la pensée stérile
Qu'on rencontre ceux qui se sont couronnés rois
Emplis d'arrogance et de discours très futiles
La mesquinerie est le bréviaire de leur foi

Incapables qu'ils sont d'être des créateurs
Ils remplissent leur vie de séries pathétiques
De la branlette intello, aucune grandeur
De la merde au kilo pour ces non-magnifiques

Ils osent appeler art leurs vulgaires recyclages
Se complaisent dans la merde qui leur sert de ramage
Ils sont les dadaïstes tristes et inutiles

L'Amour est bien absent de leur faciès obtus
Il ne savent en discourir sans parler de cul
Pauvres tâcherons dont on entend que la bile

samedi, 25 mars 2006

S'EMERVEILLER

S'émerveiller comme l'enfant sur sa vieillesse
Qui dans un souffle a découvert tous les secrets
S'émerveiller comme la grâce sur la bassesse
En contemplant en elle son auguste reflet

S'émerveiller de la beauté de la laideur
Qui resplendit au travers de toute apparence
S'émerveiller des cris de joie des gladiateurs
Dont la jouissance de mort est la subtile naissance

S'émerveiller aux vents des milliards de contraires
Dans chaque instant qui crucifie l'éternité
Au milieu d'un nulle part constitué d'éther
Hors d'un endroit n'ayant jamais vraiment été

S'émerveiller du simple fait d'être présent
Pour contempler les brins d'herbe de la prairie
Assis au pied d'un arbre sans avoir une envie
Autre que de ne pas s'envoler un moment

vendredi, 24 mars 2006

NE DIS RIEN

Ne dis rien de plus et laisse toi faire, ma soeur
C'est désormais la Vie qui mènera le jeu
Elle saura trouver les mots de pure splendeur
Qui feront vibrer l'ensemble des amoureux

Tu es la fleur de lotus qui sort de la boue
Quand elle s'ouvrira, viendront tous les moucherons
Mais tu ne seras plus là pour tendre la joue
Si le Souffle occupe cette incarnation

Qui peut savoir ce qui t'est réservé
Dans ce relatif où le sacrifice est roi
Est-ce vraiment sacrifier que de dépouiller
L'être de ces revêtements d'ego sans joie

Mais hors du temps ceci n'est que très commun
Il n'est nulle atmosphère autre qu'Amour serein
Paix rayonnante dont la caresse silencieuse
Enivre les sens absents de Vie délicieuse

jeudi, 23 mars 2006

PARTOUT

Partout est la demeure enchantée de l'Amour
Nul endroit où ne se ressente pas son parfum
Il suffit de fermer les sens à tout discours
Pour se retrouver immergé en son écrin

Il est le seul qu'on ne puisse garder entier
Qu'en le distribuant à tous les prétendants
Celui qui souhaiterait se l'approprier
S'en retrouverait privé dans l'instant suivant

Quand il t'a découverte, si tu t'es laissée faire
Le monde s'est effondré dans la claire lumière
Le temps s'en est allé visiter des chaumières
Où règnent d'autres genres de climats éphémères

Pas un mot pour pouvoir le dire assurément
Malgré les torrents de phrases qui coulent sans fin
Pas une image ne tient ni ne fige l'instant
Qui se vaporise et se dissout en chemin

mercredi, 22 mars 2006

L'ACTION DU REGARD

Il n'est de médiocrité que celle du regard
Qui s'auto-qualifie ainsi dans le miroir
Constitué par le reflet des projections
Provenant de l'intérieur même de sa prison

Nul ne sera jamais autre qu'un des reflets
Des milliards de facettes du prisme incandescent
Joyeuse étincelle dotée d'un fugace effet
Luciole échappée et revenue à l'amant

Qu'importe donc qualités et défauts donnés
Qu'importe l'appréciation ou le jugement
Ni supérieur ni inférieur ne sont vraiment
Autres que les parures venues de l'arrogant

BONNIE & CLYDE

Les enfants terribles se croient hors-la-loi vivants
Ils ne sont qu'ombres de l'impertinent mirage
Aucune trace dans leurs discours de l'insolent
Eclat des guerrières de l'éclairé paysage

Les groupies sont toujours attirées par le chic
Resplendissant des gros ustensiles de plastique
Tel des mâts de cocagne sophistiqués et creux
Elles se tartinent des couches de cet enduit fangeux

Les héros de l'improbable stérile se gavent
De tous ces compliments hommages à l'apparence
Servile que le mental a couronnée, absence
Qui élève une statue pour plaire à une betterave

Duo de choc égaré dans les méandres plats
Des conditionnements et de l'absence de joie
De la paille humide en guise de pieux réconfort
Dans leurs yeux ne brille pas la magie des trésors

lundi, 20 mars 2006

CALICES

La Vie est un calice amer pour le rêveur
Qui projette les ombres pour son propre malheur
L'esclave n'éprouve aucune douleur en son sein
Bercé qu'il est par la tendresse du serein

C'est le noir refus et la non-acceptation
Qui cernent les yeux et rongent les éphémères
Dévorés de l'intérieur par leurs projections
La nécrose en guise de lumineuse atmosphère

La Vie est un calice de joie pour l'aimée
Qui se donne insouciante dans les bras de l'amant
Peu lui importe d'agir ou de posséder
Son bonheur est fruit de chacun de ses instants

Dans la coupe constituée des mains de l'éther
On ne trouve que nourriture faite de lumière
Quand le regard clair dissout les formes grossières
Où s'étaient réfugiés tous les dépôts amers