mercredi, 12 mars 2008
SHELTERING SKY
Le tombeau sans enluminures
De l'auteur du funambule
Brille au centre de Tanger-La-Nouvelle
Irradiant de ses effluves mordorées
Les surfers qui dansent le samâa
Sur les braises orangées
Des crépuscules de poudreuse
Les nuits sans lune
Son arôme de genièvre
Retentit sur les plantations d'hibiscus
Recréant l'espace d'un instant vert
L'étincelle démoirée
Du tout premier climax
Dans un festival émulsifiant
De rotondités minérales
21:29 | Lien permanent | Commentaires (1)
TROPIQUE DU SUD OUEST
L'ondulation sans effort
Remonte le long des berges de l'Amazone
Humant le parfum des confluents
Dans la coriandre des rêves
Un soupçon de brise
Tapisse les gorges du Rio Verde
Une alvéole se dévoile
Dans les parages d'un bouton d'or
Un vent d'été prend les collines par surprise
Caressant de la voix les épaules
D'une éminence de douceur
La nuit tombe sur les genoux de la brume
Tandis qu'un frisson émouvant
Se déploie sur le pourtour d'une terre
A l'arôme noisette
De fins torrents descendent
Le long des montagnes troglodytes
Eau tiède dont la vapeur
Réchauffe les parois ensommeillées
Quelques bourrasques tropicales
Font leur apparition
Tandis que la rivière s'émancipe
Sous les pans d'alizé
Qui dévergondent le paysage
A l'échancrure de la forêt
Une clairière abonde en microspores
Qui enthousiasment le parfum
D'une pluie qui ruisselle
Sur des marbres durcis
Les palétuviers ressentent
La montée des torrents
Les champs plient et se soulèvent
Sous les précipitations de chaleur
La température s'exaspère et rompt
Quand l'orage libère sa saveur
Dans un déchirement humide
Qui constelle d'éclats
Un ciel radieux de novembre
20:20 | Lien permanent | Commentaires (1)
TRAMWAYS
Pas de trame
Qui ne se détrame dans l'instant
Pour se retramer l'instant suivant
Sous une forme différente
Dans une constance
De changement permanent
Le lot des fontaines
Où l'eau se module
Comme le cobra sous la mélodie
Du charmeur dont la flûte
Réinvente le désert
19:41 | Lien permanent | Commentaires (0)
PAROLE
Pur sarment d'oxygène
Pal qui incendie les viscères
Réincarnation permanente
Transmutation sans objet
Délice qui sursature l'atmosphère
Corrosion qui vaporise des embruns
Salto de velours
Myriade unitaire
Charme et sortilège
Ouverture des hémisphères
Découverte à chaque aurore
Comme un parfum d'arc-en-ciel
19:23 | Lien permanent | Commentaires (0)
HORRIBLES FLAMMES
Aucun geste n'est volé
Dans l'immobilité de la danse
Qui consume d'incandescence
Les amateurs de folie
Incendies sans frontières
La gardienne du feu veille
Et alimente les bûchers
Sur lesquels flottent
Des étendards anonymes
Aux emblèmes de soie
19:08 | Lien permanent | Commentaires (1)
PAS UNE RIDE
La mer sourit
Quand l'étiquette d'un pavé
Effleure le bord de l'écume
Pour couler au fond du marigot
Des idées reçues
Comme des fictions d'avant-garde
La mer n'a nul besoin d'excuser
La gracieuseté des noyés
Qui flottent dans les eaux
Périphériques des orbites lunaires
Constellant le sable
De larmes incolores
18:45 | Lien permanent | Commentaires (0)
FUNAMBULISME INTEGRAL
Les femmes sont toujours les premières
A fuir Tanger-La-Vieille
Quand elles constatent l'étendue
Offerte aux plaisirs du shopping
Et aux onguents et fards
La ville ne supporte en son sein
Que les joueurs invétérés
Toxicomanes du vertige
Ayant depuis longtemps
Renoncé aux joies sécuritaires
18:34 | Lien permanent | Commentaires (0)
FAIRE-PART SANS OBJET
Le lotus respire
Sans se soucier d'annoncer
Sa disparition à la vase
Qui n'est que terreau propice
A l'émergence d'un résidu sec
Qu'importe la disparition du lotus
A la vase qui végète
Dans la torpeur de son cinéma
Ecoutant les coassements de l'eau
Qui engourdissent ses oreilles
18:22 | Lien permanent | Commentaires (0)
TANJA HOWL
Quand Tanger quitte le port
Le glas sonne pour le juif errant
Qui se rappelle que double est la circoncision
Des trompettes mexicaines arment un mariachi
Pour dire une messe à l'âme espagnole
La rue devient enfin arabe
Par la magie de Rumi et Gibran
Les patois babéliens élèvent des sourires narquois
Aux lèvres cendrées d'une femme
Dont la danse de feu
Exécute dans ses arabesques
Un hommage à Samuel Beckett
17:45 | Lien permanent | Commentaires (0)
SORTIR DES TATOUAGES
Dans l'ombre des nuits
Tous les métissages sont nègres
Qui finissent en gris
Couleur d'apocalypses
Aux reflets arc-en-ciel
Ultime station avant l'ultime shoot
Adrénaline mâtinée d'harmonie
Collapsus de fragrances
Dans le minéral intégral
A l'atelier du fondeur
17:32 | Lien permanent | Commentaires (1)
ECLOSION
L'artiste éclot à la nuit
Perce-neige qui séduit le printemps
Peu importe l'avis de la poussière
Dans la clarté de son chant
Qui bâtit des mirages
Au fronton des cathédrales oxydées
L'artiste éclot comme une étoile
Un parterre de renoncules
Sur le flot de la mer
L'envie d'un sourire arc-en-ciel
Sur les lèvres d'une femme
Assise devant la beauté
17:07 | Lien permanent | Commentaires (4)
DIAMANT EN QUINCONCE
Requinqué comme une main
Cinq doigts immobiles
Comme les sens
Requinqué sans jamais
Avoir oublié ce seul instant
Où naissent et meurent
Toutes les galaxies
Requinqué comme démoli
Expurgé des formes délétères
Pure molécule d'insouciance
15:49 | Lien permanent | Commentaires (0)
INCARNER
Il n'y a rien à transmettre
Pour celle qui resplendit
En dehors de la peur
Il n'y a rien à transmettre
Il suffit juste de rayonner
Le virus est particulièrement contagieux
D'autant plus contagieux
Que toutes les barricades
Sont autant de porteurs sains
Qui s'ignorent
15:09 | Lien permanent | Commentaires (0)
TANT D'AMOUR
Les mots trahissent celui
Qui ne veut pas voir leur contenu
Comme le fruit de l'imagination
Il rêve
Le rêve se termine
Il se réveille
Pas de quoi se plaindre
Pas de quoi être accablé
Retour à la case joie
Retour à l'amour
Qui ne cesse jamais de luire
Pendant les absences
14:22 | Lien permanent | Commentaires (0)
PAYS DES ETIQUETTES
Dans les méandres de mécaniques périmées, recyclées sous des guenilles appelées modernité, les dieux de la critique en tous genres établissent des normes, collent des étiquettes et archivent des traces d'écume moribondes portées par le vent saumâtre des embruns de l'esclavage mental. Examinant de leurs yeux impuissants de calamars les bonds des dauphins dans l'oxygène raréfié des myriades d'arc-en-ciel, ils tiennent les registres des mines de plomb, comptant des lingots de conventions, d'avant-garde bien entendu, comme il sied à tout ce pataquès progressiste dont l'immanence laisse sourire les charognards de passage qui continuent d'épouiller les derniers lambeaux de viande avariée pendant au revers de leurs boutonnières.Des normes, encore des normes, toujours des normes, la triste réalité des champs où le coton pourrit sur pied, dévoré par les pastilles d'extasy à l'hormone de croissance anxiogène. L'ignorance pourpre meurt de rire à la lecture des colonnes de fumée qui s'élèvent au Sud de la poussière, vaguelettes de déraison qui se maculent de concepts insipides parfumés à l'éosine de synthèse, barbotages de canards devenus émeus, palanquins de larmes dont les sondes mesurent à peine le taux d'endorphines du climax solitaire, pas une once de célébration dans ces odes à la morbidité sans fin des intoxiquées du bulbe rachidien. De l'autre côté de la nuit, des faunes lubriques glissent sur la soie des velléités temporales, exhibant des appendices charnus en guise de plumes de sortilège, libérant dans l'atmosphère le parfum cryogénique des transmutations de la framboise tectonique, taggant de leur urine au pamplemousse les murs aromatisés à l'absence de gingembre. L'espace d'un toucher au goût de stupre supersonique, un sourire s'ébauche en fil à plomb, la mer entrouvre son peignoir, quelle salope, et s'en va vaquer à d'autres orgasmes plus excitants que ces paluchages de reclus volontaires.
13:37 | Lien permanent | Commentaires (0)
L'ODYSSEE DE L'AEROSOL
Le centre de la cible
Comme une mine anti-personnel
Qui mange du sniper
Tous les matins d'hiver
Dans un bol de céréales
Qui valsent en flocons
D'ergots de seigle
Sous les lumières artificielles
D'un soleil de plomb
Que la nuit ajoure de rivières
De perles et diamants
11:47 | Lien permanent | Commentaires (0)
ETAT DE CORPS
Encore la nuit pour entendre les écluses
me battre aux tempes, crier haro sur la paix molle
des tendons inutiles, pendant que s'avachit
la mer avec des rots d'abysse et des dieux
en rut qui courent par toutes mes oreilles.
La nuit toujours comme un silence peuplé
de groins véloces, de mandibules au bord
des plaies, avec les mousses qui suintent,
l'éventail pileux et les griffes torses profondément
amies du pus promis à se perpétuer.
Un tas de viande à mouches, diamants fêlés
et chats ricanants contre la peur foreuse
d'énigmes, un tas qui se détache doigt
parmi les bagues, orbites ensanglantées
que zèbrent, fibres mortes, torsades de lune
et filets d'ego pralin liquide excrémentiel.
Calme la nuit au cou meurtri sur la ouate
dans le giclement des rêves crasseux
que lâchent ses blessures. Lui déchirant
l'ombilic, un avion s'échappe de la morgue
et se pose sur le bord de la nuit --
la nuit des gommes symboliques où, mythes,
les baisers gratuits aspirent les paupières
et chassent les guenilles autour des enfants-crapauds
à la face cloquée. Dans un croassement
de meubles d'autres cavaliers s'effondrent
et de méchantes machines se penchent
sur l'horreur pour piétiner le sourire dansant
des araignées. Car il en est ainsi, il en est
toujours ainsi quand les acides du temps
écrivent à coups de vomissures marron
la maigreur de la joie et les pénibles pâleurs
des noms ivres de ce qui ne peut
que meurtrir.
auteur: P.C.
11:30 | Lien permanent | Commentaires (0)
PALAVRAS DA NOITE
Les paroles sont des fragrances
D'un parfum qui revitalise
Les mémoires atrophiées
Sémaphores qui enchantent la mer
Et bercent les tempêtes
De ses rêves
Les paroles du chant
S'écrivent sur le front du vent
Et quelquefois il est des marins
Pour suivre leur traces mordorées
Et mettre la mer en carafe
Dans un regard de printemps
11:10 | Lien permanent | Commentaires (0)
SKIER EN PALESTINE
A chaque combat avec l'ange
Jacob emporte la décision
Jusqu'à ce qu'il finisse
Par voir l'inanité de ces batailles
Et se mette en quête de l'échelle
Comment surfer sur les barreaux
Est tout l'enjeu de la glisse
Sur les strates de poudreuse
Qui recouvrent le regard
Des lunettes du soleil
10:45 | Lien permanent | Commentaires (0)
SOUS L'HERBE
Des tendons de lune
Soutiennent l'ossature du cristal
Sur laquelle circule
Le sang du venin froid
Qui caresse de son aura
La danse des hanches
Que d'affriolantes étoiles propagent
En taggant les murs de satin
Aux armoiries des skaters boréaux
Bombant de pourpre et vert
Les barbelés des check-points
Et les tranchées de poussière
10:20 | Lien permanent | Commentaires (1)
PROMENADE DE SOUFFLE
La poésie n'est pas faite pour dire
Plutôt pour respirer
Laisser la fragrance d'un inspir
Caresser les hanches du temps
Remonter la béance de la mer
Effleurer le ventre de l'univers
Le plaisir se résorbe et s'émancipe
Autour de la douceur d'un sein
Qu'une haleine de diamant
Environne d'arômes éblouissants
Laissant perler le souffle amoureux
D'un téton durci par le charme
09:48 | Lien permanent | Commentaires (0)




