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dimanche, 07 septembre 2008

FLAMBEE HIVERNALE

Chaque histoire est un jeu
De piste ou de go
Suivant les affinités
Rien de plus important
Que l'amour du jeu
Dans l'inversion des polarités

Chaque histoire est un jeu
Dont l'insouciance est la constante
Règle intangible
Gravée dans le marbre
De toutes les évanescences

Le jeu est toute l'histoire
Pour qui reconnaît
Le dérisoire comme essentiel
Et le sérieux comme une pathologie
Confinant au ridicule

samedi, 06 septembre 2008

EPINGLER LA NOURRICE

Le jeu parcourt
Tous les livres de contes
Quelle que soit la sympathie
Que diffusent les ancres
Et la couleur des rivages

Une hypothèse au milieu
Le tumulte joue à cache-cache
Sur un spot de surf

Entre les lames un couteau
Entre les dents le sourire d'une rose

HOT LIPS

Brûlant comme la douceur
D'une plume flottant
Sur le câlin de la nuit

Brûlant comme le grain satiné
De la peau de l'hiver
En velours de merveille

Brûlant comme l'urgence
De ne rien faire
Et de contempler en silence
Le fracas du poème
Et ses reflets cristallins
Sur les joues de l'aurore

ARMOIRIES DE SANG

La poésie en liberté
Ne crée aucune société
L'immoralité n'a pas cours
Dans son absence de credo

Elle se souvient
Dans un sourire vert
Que l'Histoire a une muse
Oubliée par les chiens
De l'hôtel des arrogances

Elle voit la putain nommée justice
Aligner ses perles de morale
Comme autant de verroteries
Et colifichets en tous genres

Dans les salines la gabelle
Pour ceux du sel

L'eau de nuit encre
La trace opalescente
Des chemins du feu

KHARTOUM

Milady of the Blue
Quand la mer s'offre
En habits de soie
Dans l'échancrure de ton corsage
Et que le Nil redevient blanc
Dans la profondeur des négritudes
La poussière se transforme
En arabesques de velours
Au creux du regard
Qui admire ton sein

EN KILOTONNES D'EVANESCENCE

L'âne suppose le fardeau
Quand tout est déjà
Accompli et révolu
Chacun ses menus plaisirs
Dans le sérieux des galaxies

Le mercure voyage sanguinaire
A la vitesse de l'éclair
Infrastructure du velours
Et des dentelles nucléaires
Sur la paume d'un instant

Quel est le poids de la douceur
Quand l'homme aux mille chants
Construit des tours
Pour obtenir des faveurs
Qu'il possède déjà

MINDGAME

Il n'y a rien à comprendre
Dans l'art
Pas d'effort à produire
Aucun souci à se faire
Juste être disponible
A la respiration du monde
Dans la vacance s'épanouit
La fleur de napalm
Et ses arabesques de velours
Surfant sur l'obsidienne
Des tentures de miroirs
En éclairant les crépuscules

NUIT ENSOLEILLEE

L'absence est gris argent
Mais les fondeurs savent tous
Que l'argent peut mûrir

Absence et présence
Comme deux faces d'une fusion
Ou comme les tranchants de l'épée
Qui brille dans les yeux

La porosité est partout
Par où coule la sève
De tous les maquillages

WALKING ON SUNSHINE

Les funambules sont patineurs
Et inventent des frissons
Qu'ils appellent gouffres
Juste pour le plaisir
D'une eau-forte minérale
Rien de plus stable
Que l'équilibre d'une larme
Dont les départs ne sont
Que des moussons tranquilles
Peuplées de rêves étonnants

vendredi, 05 septembre 2008

PLAYA DEL SOL

Des plages et des plages
Pas une trace de la mer
Des plages et des échos
Conquistadors au chômage

La mer dans une coupe de champagne
Nettoie la vaisselle
L'argenterie brille au soleil
Sur les éperons de l'hiver

Des terres pour cavaliers
Immobile regard de la fantasia
Sur les ferias de toros
De l'arène sanglante

Des moulins et des hommes
Pas âme qui ne vibre
Sur la corde ensorcelée
Des harpes du Ponant

Retraite de gladiateur
La Via Appia sourit
Des films à grand spectacle
Et des talk-shows en tous genres

CROISSANTINE

Les tambours des jungles urbaines
Résonnent comme échos
D'un vent qui chatoie
De paillettes de verveine
Aux yeux des lavandeiros de oro

Sur les accents d'une mandoline
Effervescente par nature
Ils gravent les armes
Des lendemains de sédition
Quand la folie resplendit
Et dévore le regard affranchi
Par un minuscule gigantisme

A larme de poing
Point d'alarmes à verser
Dans le cristal qui ruisselle
Sur des lunes en pagaille
Et des dictionnaires insouciants

SUR LE FIL DU VOLCAN

Fragile comme un sous-marin jaune
Qui vole au-dessus des jardins d'Octopussy
Sur l'argent de la nuit
Et sous le bronze du décor

Fragile comme titane
L'instant d'un mot volatil
Indestructible comme le sang
De l'oxygène en dentelles

Funambule en patins à glace
Un surf en guise de patine
Qui rouille vert sans s'oxyder
Pour dévoiler le nu festin

L'OREILLE D'ANVERS

Il n'est aucun peuple du livre
Ailleurs qu'au pays perdu
Où les veaux sont en or
Et les boucs au désert

Les adorateurs de la frigidité
Souverains de pierres tombales
Ne retiennent de la loi
Que les tablettes de pierre
Sur lesquelles gigotent des mots coloriés
Par la fumée de leurs désirs
De propriétaires enclavés

Le reflet du prisme
S'invente un lectorat
En castrant les mots de leur richesse
Par l'attribution d'un sens
Dérisoire

Les préjugés se détruisent
Quand la question identitaire meurt
Faute de combattant
Pour entretenir les charniers
Sous lesquels brille le diamant

HISTOIRE D'UN SOURIRE

Comme un masque à Venise
Des flons-flons dans la musette
Pour les charbonniers
Les soutiers et les cantonniers

Comme un cargo ventru
Dont la mer sculpte les coques
Qu'elle ramasse à marée haute
Sur des pages de vent

Un ballon de rouge au comptoir
Pas de franchise dans l'assurance
Un ticket gagnant de retour
Même si jamais il n'y eut de départ

Surf sur le spot
Rien à déclarer à la douane
Juste des bulles de jonglage
Pour allumer les gueuses

AURORE EN SAMAIN

Voguent les nefs de l'aurore
Sur des nuages de solfège
Chapelets de missiles en bouche
Larguant des tapis de bombes
A floraisons multirécidivistes
Défragmentation légère des lèvres
Ondulations des hanches du temps
Telle une dilatation estampillée
Par un graveur amoureux
Dans le camée d'un parfum

MINE DE RIEN

Autoroute du transit
Multipistes en collier de larsens
Elliptiques hyperboles de saveur
Un train de sève ascensionnelle
Sous les paupières de la Kundalini

Frottement des yeux sur le velours
Abrasivité maximum
Décollage des rétines
Floraison des iris

Bourdonnement implosif
Désintégration kaléidoscopique
Psyché dérive des profondeurs
Bloc moteur en fusion

Magma qui sculpte
Les formes du futur instantané
Dans les blocs de luminescence armoriée
Des langages sylvestres

jeudi, 04 septembre 2008

DU FEU ET DES EMERAUDES

Passage des rêves
Les bouquets sont garnis
De fleurs de frangipane
Et de ciselures au poignet

Outrepasser comme reculer
Travelling arrière
Qui spirale entre les tombes
Des gravats merveilleux

Mille chemins de fortunes
Qui n'avancent nulle part
Mais sourient aux abeilles
Dans un silence sculptural

DANS LE DOS DES MIRAGES

Le ciel n'appartient
Qu'au regard qui le contemple
Quand le décor s'inverse
Jusqu'à pétrir sa chair
Dans le spectre pastellisé
Des arborescences fluviales

Tout est dans la direction
Là naissent les propriétés
Les locations sans bail
Et tous les bals masqués
Qui dévoilent leurs jambes
De danseuse aux couteaux

JUMP TO CAIRO

Pas d'injonction
Pas de il faudrait

Un gun à la main
Les exécuteurs tiennent leurs contrats
Shootés à l'ombre brûlante
Fondant les cloisons d'obsidienne
Et les tentures de parfums

Pas d'injonction
Dans les empires
Les rêves expirent
Leurs torrents de vanités

Sur une patinoire
S'inventent les gouffres
Comme autant de destinations
Touristiques

Un silencieux vertige
Entre les mains d'un instant
Rayonne sur la plaine
De tous les dangers

Provisoire insularité
La mer est sèche
Quand les baisers sont frais
Et le feu permanent

ARRIERE-BANC

Quelqu'un merveilleux
A toute heure de l'oreille
Quand s'évaporent les nuées ardentes
Qui dévorent les yeux

Seul et sans histoire
Pas de souci à se faire
Juste parer de merveilles
Cet autre qui nous prête sa main

La joie pour qui en veut
La tristesse pour les romantiques
La violence de la douceur
Comme un arôme en plein coeur

UN NUAGE D'OBSIDIENNE

Couche la mer
Dans des berceaux de fortune
Sur de l'étoile èmeri
Pour découvrir les patines
Et les révolutions assises

Crache la mort
Où resplendit la vie
Sans un soupir de circonstance
Plus haut qu'une allumette
En pyjama de peluche

Carafe en suspens
Pas de planning à respecter
Si ce n'est celui de l'hiver
Sur lequel resplendit
La chaleur du foyer

La pluie sait tout
Ce qu'il y a à savoir
Sur l'infinie étoile
Quand pastellisent les sanguines
Et que se lève l'ouragan

TANGO DE LA BASTON

Un point sur la gueule
Comme un poing de plexus
Solaire comme une hirondelle
Lunatique comme un Pierrot

Tais-toi et parle
La poussière chante
Sur le macadam des nuits
Qui ensorcellent les mémoires
De la lumière artificielle

Parle et tais-toi
Sur la musique des tronçonneuses
Qui larde les tranchées
De ses baïonnettes affutées
Au velours et au sucre

Un point cardinal
Sur un poing ordinal
Terraformation de l'informe
Overdose de la joie

EL BARRIO

Ahora

Des kilotonnes d'uranium
Froncent leurs sourcils mauves
Dans une supernova sexiste et ambigüe

Ahora

Des flèches de lait épicé
Du coriandre plein les narines
Pas un toucher qui ne soit
Pure grâce et légèreté

Ahorita

Hécate tombe et révolue
Les sanglots d'Ittaka brûlent
Portés par le vent des saisons
Sur des relents d'oraison

Ahora

L'urgence de l'immobile
Overdrive de l'instantané
Passage en surmultipliée
Déraison des tambours
Qui arrosent le Bronx
Des charrettes multicolores
Et de la pluie du Queens

Ahora

Staten Island s'embrase
Dans la mer de corail
Manhattan regarde en souriant
S'effondrer les ponts de Brooklyn

Ahorita

Cinq pour une main
Cinq pour une plage
Plus un rivage
Fini demain

PAVE DE SANG

Crépuscule des bûchers
Le goût du feu en bouche
L'incendie dans les yeux
Les flammes crépitent
Comme des tisons de velours
Et la transe réinvente la danse
Population absente des calendriers
Extinction des emballages
Le jeu déroule ses ornements
Sur le tapis vert de l'hiver

BRUMISATEUR

Le baluchon posé
Sur des trépas de foire
Une larme mauve perle
Sur les lèvres embuées
D'une salive de platine
Parole de l'oseille
Qui frappe les écus
Sous le piédestal retourné
Des bronzes anémiques
Et des folies princières

TYPHON D'ESCARGOT

Du larsen dans les pages
Qui tournent au vent mutin
Les feuilles emplies d'un feedback
Au mercure de chlorophylle

L'espace d'un quota de douleur
Rutile au fronton panoramique
Sur des avenues provisoires
Et des merveilles sanguinaires

Sur les pontons de la foudre
Les navettes aux yeux verts
Emplissent leurs poumons
D'un crachin de nitroglycérine

C'est toujours l'heure de la bataille
Sensualité primaire de la douceur
Qui invente des tourbillons
Dans les spirales de ses fresques

PLAISIR D'OFFRIR

Des yeux parfumés d'océans
Célèbrent la danse des ajoncs
Et les caresses du vent
Quand les voiles se déhanchent
Sur le passage des sirènes
Hyperboles paraboliques
Aux sortilèges dévergondant
Les noblesses de fortune
Sur des gueuses d'artimon
Et des bouées galactiques

mercredi, 03 septembre 2008

DELICE EN PSYCHE

Et la douceur du marteau
Qui pilonne les ajoncs
De sa caresse étonnante

Une route électrique
Circule tout au long
Des itinéraires de délestage

Pas de quartier
Dans le velours abrupt
Qui incendie les rétines
D'inconnus non planifiés
Par les échelles sans valeur

Le matelas du concasseur
Porte les plumes du velours
Sur des surfs de pollen
A la spore foudroyante

MAJORELLINE

Un homme aux étriers d'argent
Sur un cheval noir comme un ouragan

Une femme à la lèvre de feu
Et aux baisers framboise

Des guitares en été
Repeuplent l'hiver qui étincelle
Du sang des incendies

Un couple de jokers
En guise d'as de pique
Et la plaine se réjouit
Du trèfle que distribuent
Les carreaux d'arbalète

Une femme au sein tatoué
Sous lequel perce la douceur
D'une voie lactée

Un homme au regard étincelant
Sous les glycines en fleurs
Et la saveur de l'olivier

LES FILS DE LA NOVA

En implorant
Ils vont par les routes et les mers
Les chevaliers du tonnerre

En implorant
La beauté qui ruisselle
Sur leurs lames brûlantes
Aux larmes de feu
Aux armes de fortune

En implorant
Sans un cri sans une larme
Les pieds durcis
Par le ciment des nuages
Sur lesquels glissent
Leurs mains ouvertes
Pour une guerre sans merci
Et une défaite assurée

Resplendissantes comètes
Bruissant du son paisible
Qui guide la brume
Hors des cornemuses
Du temps des Highlanders

En implosant
Loin des tubes cathodiques
Au beau milieu d'une forge

ENTRELACS ET ICI

Le son de la révolte
Arôme écarlate de soumission
Propage les silhouettes anthropophages
Dans l'écorce des vernis
Ultime sédition sans condition
Où la reddition n'a pas cours
Vibrent les larsens
De nos guitares lumineuses
Scalpels qui déchirent ardemment
Les confitures alambiquées
Des univers sclérotiques
Dans un confetti rayonnant