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dimanche, 22 mars 2009

GIMME A DIME

Quand le poète
S'appelle encore Hector
Il célèbre les murailles
D'une ville brillante
Comme l'or des temples
Il célèbre le fard
Qui orne ses paupières
Et parle de dard
Sans avoir sorti l'épée
Du fourreau de fer

Le poète sait les assassins
Nul besoin de délateur
Pour honorer le courage
Des lames aux reflets
Damasquinés par le vent
D'un silence d'argent
Sous lequel roulent les têtes
Sur le fil d'un cimeterre
Dont le sourire est une larme
Et le tranchant une vision

L'ART DES RICHES

L'art de la citation
Juste un talent de courtisan
De perroquet à la plume lasse
Ou de fainéant consommé
Ni plus ni moins
Un art sans art
Dont le faire est absent
Et le velours rêche
Comme une peau de chamelle
Gonflée à l'hélium

samedi, 21 mars 2009

OBSCURED BY NO CLOUDS

L'important à Delft
C'est le reflet
Qui fait qu'un canal
En se perdant
Réinvente le monde
Dans les ombres du flot
Prélude d'une danse
Où l'ombre surpasse
Les tatouages du jour
Qui encombrent la vue

vendredi, 20 mars 2009

GENE ACIDE

L'immonde vérité s'amuse
A jongler gaiement
Avec les concepts
Que formulent les alambics
Dont la gnôle sent
Le fruit mathématique
Comme une serrure
Qui attend encore
Sa clé de contact
Nitroglycérine d'expansion

jeudi, 19 mars 2009

CYPRES SANS BUT

Une toscane rêvée
En forme d'inassouvissement
Près d'une tasse à café
Et d'un calepin noirci
Par des signes inconnus
Qui racontent toujours
De pieux mensonges
Ou les mensonges des épieux
Que les épées entrelacent
Dans des duels en solitaire

SARMENT DU MATIN

Le temps des dauphins
Dévore les rubans
Pour ne laisser que liseré
Sur les lignes de la main
Les diseuses au sourire
Monochrome et translucide
Voient l'éblouissement
Qui transperce les yeux
Pour ne laisser en parure
Qu'un parfum d'eau profonde

JASMINE

Le vent s'assoit
Sur un espar
Que le temps charge
De caresses
Sans qu'un instant
La nuit ne voile
Un zeste ému
Dans la respiration
Qui s'abandonne
Fragile et claire
Fleur d'ouragan
Larme tranquille

mercredi, 18 mars 2009

CUILLERE DE BOIS

Sur un feu de chant
Brûlent les sorbets
Caramel et réglisse
Pas de souci pour la glisse
En semelles de pied nu
Qui caracole assis
Comme une cambrure
Aux accents de l'aurore
Un parfum de muscade
Qui s'enivre de soif

CROISSANT DE LUNE EN CROISIERE

Nue et non avenue
Sur une rue au tracé circulaire
Bordée d'abricotiers japonais
Une silhouette au grain de soie
Mire les offenses sans défense
Percevant des yeux sans paupières
La caresse du vent étourdi
Dont les senteurs d'épice
Influent sans affluence
Des effluves sans parfum

DES SOS EN DOUCE

Place des mules on mastique
En chair à saucisse ou daube
Parlant en habits de texte chaud
Où coulisse le pousse à l'amour
Mordu par la marée
Qui pond de douces noces
Fortes en tenue de bar
En déliant autour d'elles
L'atour de nuit qui respire
Mûr à point pour un coup de vivre nu

CEDER SANS DESSOUS

Les mues plastiquent les monts
Dans des gerçures d'eau chaude
Au sexe par la bite
L'eau bleuit sous la brosse
Des mariés de l'or dur
Où les honneurs poussent en rond
Fondant les râles en rut
D'un gris pour elle
Là tout aspire en tendre nuit
Un cul doux au point de vue libre

BLANCHE NUIT

La nuit est de satin
Dans le blanc des paupières
Qui dessinent des lettres
Sur le velours des jours

Les lignes sont blanches
Sur les rails hypnotiques
Dont les hyperboles tracent
Un confluent de parallèles

S'invente la courbe
Sur un arc-en-cil d'argent
Que repeignent les caresses
Du vent sur tes hanches

BELVEDERES DES DESORDRES MEMORIELS

Au musée noir
Du soleil des loups
Un feu de braise
Embrasse la marée
Sabine à la porte dévergondée
Tel le marronnier
De la nuit de 1914
Des mascarets sous la lune
Signent le deuil des roses
Dans le marbre des mystères de l'Italie

mardi, 17 mars 2009

COMME UN SAULE

Chacun meuble son Eden
Des fruits qu'il produit
Dans sa station balnéaire
Où la pluie nettoie le pavé
Sur lequel pourrait sécher
Un substrat de rêves
A l'arrivée du tour
Ne reste qu'une cascade
En forme d'hibiscus
Planté sur un désert de sucre

ADORE D'ABORD

Un triste sire est décédé
Au jour d'aujourd'hui un sépulcre
Atypique charogne au clito volage
Dont les ovaires d'électrophone
Font une raclette en jabot
Qu'une candide icône laisse délirer
En mandorle de poétesse
Aux hiéroglyphes alambiqués
Pour supérieur hiérarchique
Muni d'un sceau de draisienne
A entuber les cubes du bordel
Dans un hysope échevelé
De métropolitain bercail

CES DESSOUS DE BON SANG

La muse astique les monts
Plantés sur les fosses
Agitées par le sexe
Au petit broc sur l'eau
Armée de point-tard
Où les ors dénués parlent un son
Par la clenche du fond
Pure grêle de billes
Douces piastres allunies
Où l'on n'encule point le vivre

lundi, 16 mars 2009

SANS SOUCI DES MONTS

La musique des mots
Se passe des plans-dos
Qui étaient les textes
Sur des pilotis d'eau
Point-barre et tréma
Aux sonorités parfumées
Par le savon d'une planche
Sur laquelle brille
La stratégie hallucinée
D'un point-virgule

COULEE SANS SURFACE

Prend mes mots
Comme on butine un salto
Une langue fourrée
A l'arôme de miel

Prend mes mots
Comme on enfile un manteau
Dans le nu d'hirondelle
D'une sève irréelle

Prend mes mots
En guise de chapeau
Les cuisses ouvertes très haut
Sur la cyprine essentielle

TOUR DE CON DU CONTOUR

Le tour de la question
Comme un point de suspension
Le tour de la maison
Comme un point sans solution

Insoluble est né le café
D'un asphalte sans cuiller
Du sucre sur la langue
Poivre et sel au bout du couloir

Dissolution des assemblées
Constituantes sans volonté
Pénétration en expansion
Dans l'extension des diminutions

TEMPERATURE AMNIOTIQUE

Rien de plus simple
Que de faire du feu
Dans un jacuzzi
Un frottis de vagues
En formes de silex
Donne des étincelles
A l'hydromassage
Dont les ailes velues
S'épurent du velours
De la putréfaction