mercredi, 26 mars 2008
PORTE-AVIONS AMPHIBIE
Tous les marins creusent l'Odyssée
Dans les souterrains de la mer
Voyageant sur des tramways
Des caterpillar ou des dauphins
En première classe ou clandestin
Toutes les marines du monde
Arment des flottes considérables
Pour faire tomber des cités
Que l'imaginaire meuble de larmes d'or
Sans qu'un seul navire n'ait jamais quitté Ithaque
10:31 | Lien permanent | Commentaires (0)
TORTURE ET FRISSON
Le cri comme un murmure
Qui sourit sans malice
Dans la défragmentation
Des pixels affairés
Le dépouillement s'enlumine
De vapeurs d'outrage
Au confluent de charme
Où le son embaume les cris
Rien à faire contre
Rien à faire pour
Voir sans fard
Et sans mascara
10:20 | Lien permanent | Commentaires (0)
A LOOK UNDER
Chuchotements de satin
Frémissements enivrés
Dans la vie resplendissante
Le cri de l'éternité
Pas une chaîne
Hors la fragmentation
Volontaire brûlure
Chérie par les hommes
Les loups sont curateurs
Et déchirent les lambeaux
Des visions oxydées
Par des voilures de reflets
10:13 | Lien permanent | Commentaires (0)
PLAN D'ENERGIE
Dans les vallées profondes
Les courants aériens balaient
Des sols rendus mouvants
Par la succession des marées
Dans une rotation sans cycle
Coeur de roche
Un étendard immobile
Reflète les variations de couleurs
D'une caresse thermonucléaire
Aux arômes électriques et sereins
09:57 | Lien permanent | Commentaires (0)
SOLITON
Le mouvement est en marche
Comme un mascaret de marée noire
Qui remonte les lignes de force
De l'intérieur des terres
Vers une amplitude de profondeur
L'énergie étale sans avoir connaissance
Le reflux qui berce le tempo
Qu'une lame de feu enclenche
Dans un silence vert titane
Où la poudre s'embrase
00:04 | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 25 mars 2008
ARCHERIE DU SILENCE
Pont des mirages, un arc-en-ciel soliloque dans des échos de guitare électrique, traversé de mille fuseaux horaires sans retenue autre que la glissade d'une luge sur les strates éthérées d'un temps de déconnexion. Les héros d'hier rencontrent ceux de demain à l'intersection des lignes d'aventure, partage sans complexe des vibrations délictueuses de souffles d'ammoniac oxydant les revers stratosphériques de galaxies embrumées. L'instinct de vie prévaut dans des batailles aux allures d'oxymores parcourus par la foudre dans d'angéliques égorgements, les cavaliers chevauchent les dragons et leur souffle mélange l'azote au soufre, créant des carapaces de soie aux destriers qui plongent sur les faunes étranges d'atmosphères incandescentes. Nait du silence le chant qui perpétue d'antiques traditions, sacrifices inutiles sur des pierres aztèques, tauromachies hispaniques sur des arènes de feu, palais de marbre blanc écrémés par la lumière des lasers que stroboscopisent les sabres des nouveaux bushidos, pointes encrées au curare dans le magma hémophile des atomes. Le sang ruisselle sur les genoux de la lumière, arômes de nuit, traces d'argent, couleur sur couleur, pas un cil qui ne soit mordoré dans la fraîcheur de tous les carnages, la joie brûle comme la flamme d'une plaie d'aurore jamais recousue.
17:30 | Lien permanent | Commentaires (2)
DE LA ROCHELLE A CHYPRE
Les haches à trancher la mer sont par nature multiples de taille et d'affûtage, leurs coups ne dépendent intrinsèquement que de la puissance de l'incendie qui ravage la main qui les porte, leur efficacité ne tient pas compte des facteurs auxiliaires comme les volitions enfantines ou les menus plaisirs intellectuels, mais ces haches en forme d'écumoire sont au zénith de leurs potentialités quand elles épousent les formes de la mer et se laissent porter par les lames de fond pour dévergonder à vif la tranchée qui mène aux essieux. A chaque regard sa hache, plus la courbe de l'aérodynamisme augmente l'acuité des deux tranchants, plus la balance s'équilibre dans la frappe qui raconte à l'enclume comment presser le vin des hauts-fonds pour en extraire des aciers surréalistes ou des liens hypertexte à forte connotation désurbanistique. Les murs de la mer se rétractent dans le relâchement intransitif, comme peuvent le faire les dents d'un clitoris sous l'effet d'une langue aiguisée à l'essence de cyprine, c'est tout l'art du lèche-vitrines que de le faire admettre aux boutiquières de la Rue des Martyrs de la Résistance, avenue dantesque qui mène à la Cour des Miracles, parvis désert sur lequel s'effondrent les cathédrales aux genoux ensanglantés, vieux souvenirs d'oasis palmyréens dont la cambrure et le tour de poitrine ne sont plus qu'un lointain souvenir aux yeux éclopés qui débouchent les siphons.
16:00 | Lien permanent | Commentaires (1)
UNDERWEAR
Les vers sans beauté du poète
Sont un pur reflet
Des racines de la nuit
Qui précède l'émergence
Des qualificatifs ambitieux
Ils sont l'odeur verte d'un présent
Insensible aux modes
Qui déterminent les standards
Sous le joug invisible de son charme
Les mots jouissent en concert
Laissant apparaître des formes
Aux tétons durcis par le gel
15:36 | Lien permanent | Commentaires (2)
ORDRE ET ANARCHIE
Tout change mais rien ne change
Comme l'évidence biblique
D'une anarchie resplendissante
Qui ne prône aucun système
Et aucune idéologie
Juste l'avènement d'un sourire
De préférence au vitriol
Ou à la myrtille nucléaire
Pour dépolariser les miroirs
Dans le plaisir d'un gyroscope
15:23 | Lien permanent | Commentaires (0)
SUR LE VIF
Vivre est un ingrédient à géométrie variable, suivant que son porteur s'imagine être un bûcheron de mer, une taupe à tunnel, un poisson ou un oiseau. Vivre s'écrit en lettres boréales pour le dauphin qui se fait désosser par les marées de nuit, énucléer par la saveur de l'éblouissement et coller comme une punaise sur un micron jouissif au-delà des mouvements d'humeur. Vivre, c'est s'éveiller chaque matin dans un sourire et se coucher chaque soir dans un autre, vigilance aiguisée juste assez pour admirer la succession des sourires et de leurs fragrances sur le revers des rétines brûlées. Non, vivre n'est pas autre chose qu'une réponse sans question, un point minuscule où la volupté se recrée d'elle-même dans la célébration permanente d'un carrousel de festival perché sur un mât de cocagne au centre de toutes les profondeurs. Vivre est un carrefour à l'avenir présent, au passé à venir, au temps sans souci autre que le sourire qui s'éclaire de lui-même, impassible.
11:29 | Lien permanent | Commentaires (1)
PHOSPHORURES
Les allumettes suédoises connaissent bien la vie du rail, que leurs homologues tchèques entretiennent de Moscou à Vladivostok, semant des photophores enrubannés sur les parcours assis de velléités émotives. C'est l'heure de la grande course des locos, vue de la petite ourse ou du confluent des requins, pas de pitié pour l'albatros, les marins aiment toujours les trains qui vont d'horloge en horloge remettre les pendules à l'heure dans un temps fini qui n'a pas encore commencé. L'autodafé des horodateurs mérite bien une célébration, qui voit les gentianes fleurir dans les bouches d'aération que le métro dépose aux stations d'envergure qui se déploient sans complexe tels de fabuleux batraciens dont l'élément naturel serait de l'eau déshydratée. Au bout des lignes sans contrôle, des peintres en bâtiment relisent les sous-couches vibratiles dont sont munies les textures sans nuance qui portent l'équilibre aérodynamique dans le creux de ces reins dont le tour n'est affaire que de jeux de main sans intention préalable, sourire au pied et tête souple, l'enfance de l'art qui fleurit dans une bouture dont le marivaudage allume des épices sous les cils épilés qui s'ensorcellent en une natation asynchronisée mais totalement efficace dans le déhanchement sans fard des arômes de démaquillage.
09:07 | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 24 mars 2008
MAUVAISE LANGUE
Il en est pour revendiquer
Une mémoire
Sans savoir ce qu'est la mémoire
Sans savoir lire Beckett
Mais en le citant sans vergogne
Il est des dépouilleurs
Qui ne reculent devant rien
Pour voir leur profit augmenter
Que ce soit en argent
Ou en considération
Où est la marque de Qaïn
Dans ces comportements infantiles
23:26 | Lien permanent | Commentaires (2)
UNE TRACE DE VENT
Une main donne des cartes
Aux marins de fortune
Des cartes à jouer
Pour la loterie du hasard
Au grand jeu de la confiance aveugle
Qui peut dire ou prédire
Ce que gagner et perdre signifient
Posé entre ciel et terre
Entre lumière et ombre
Un oiseau chante
Plutôt que de nager
En oubliant la peur
21:47 | Lien permanent | Commentaires (0)
MERCURIALES
Les plantes sont férues d'horticulture
Admirant le jaillissement
Des bourgeons de venin
Qui enluminent leur corps
D'arômes ébouriffants
Les plantes savent que l'engrais
Le plus approprié
Pour leur fond de teint
Reste encore le pouvoir fécondant
Des spores de jachère
20:04 | Lien permanent | Commentaires (0)
MASCARA RETRO
Au milieu de la mer
Dorment les poussins des phénix
Dans leurs oeufs vermillons
Bariolés par les vents de fortune
Et les marées insouciantes
Au milieu de la mer
Un trou vert comme un tunnel
A l'arôme pourpre d'arc-en-ciel
Laisse échapper des vapeurs de mystère
Quand le rimmel se dilue
19:51 | Lien permanent | Commentaires (1)
AGAR DU NORD
Si tu étais plus excitante
Et moins odorante
Que la rouquine nommée Ismaelle
Peut-être aurais-tu la chance
Que ton père trouve en Sara
La fécondité qui lui manque
Mais tu pleures sur ton propre sort
Seul le profit t'intéresse
Pourquoi voudrais-tu
Que quelqu'un bande pour toi
Alors même que ton discours
Ne reflète que la misère des riches
19:20 | Lien permanent | Commentaires (0)
SWISS TOUCH
Il n’existe aucun juge
Dans la parole neutre
Seule l’oreille qui interprète
Opère le jugement
Et se voit en sa demeure
A sa juste place
De là le jugement
Est le sien propre
Un juste reflet
De ce qui est
19:13 | Lien permanent | Commentaires (0)
FLORALIE
La belle formule vient
De la bouche de Calliope
Dont la parole brillante
Ne porte pas les chrysanthèmes
Comme fleurs de génocide
Servant à promouvoir
Les boutiques des cordonniers
En balade touristique
Dans les mausolées égyptiens
De leur propre sclérose
19:13 | Lien permanent | Commentaires (0)
TISSAGE MARITIME
Des sirènes tissent les mers de corail de coquillages de soie et de poissons de satin, élaborant doucement des franges d'écume pour en décorer les rivages perplexes et les plages au grain de plomb. Le tissage est affaire de folie raisonnée ou de raison amoureuse, au choix de la tisseuse qui pleure des larmes d'opaline chargées d'encres voluptueuses et de parfums incendiaires. Ses doigts habiles malaxent la chair des étoiles pour en tirer de la semence de labour et dessiner sur les fronts de mer des crépuscules venimeux ou des aurores impalpables, des vésicules langoureuses ou des fleurs de mystère, des cratères en forme de losanges épileptiques ou de convexités redoutables. Loin de filer la laine dans un bas de soie qui contient des louis, les chants s'évaporent en gaspillage sans scrupule, en aromates de tranquille effervescence, en myriades de coléoptères insouciants. Au coeur du bruissement du delta, le passant lambda reconnaît l'alpha et l'omega des sources du pétrole dans le sein lacté de ces marées noires à l'arôme non carbonifère qui pétille de malice pour les enduits de cerumen et frétille tel un dauphin dans les queues d'ellipses du petit matin.
19:00 | Lien permanent | Commentaires (0)
PESSAH POUR LES SOURDS
Les oreilles crissent souvent
A l'écoute de leurs propres omissions
N'est jamais blessé que l'orgueil
Des figurines rouges
De la divine comédie
Chacun cultive ses fleurs
Même celles qui poussent allègrement
Sur de vieux charniers
Chants à la gloire du profit actuel
Hypocrisie élevée au rang d'honneur
18:32 | Lien permanent | Commentaires (0)
RETENIR LA MER
La tragédie du monde
S'appelle Azazel
Pour ceux qui oublient le contre-don
Et ne connaissent du chant
Que le lamento de l'auto-apitoiement
Des rouquins
Sur une terre vierge oubliée
Naît Isaac et sa descendance
Pour les autres s'applique
La même justice
16:38 | Lien permanent | Commentaires (0)
MER NOIRE A ODESSA
Une seule inspiration
Sans conditionnel de négociation
Pour entendre le paroxysme
D'un murmure de pierre
Dessiner les couleurs hélicoïdales
Des circularités oblongues
Les âmes en carafe sont
Simples flacons de larmes
Perlées d'obsidienne
Dans la bouteille ouverte
Qui contient la mer
De toutes les sérénités
A l'Orient des rêves carminés
Et des songes nocturnes
L'encre invisible et multicolore
Laisse le rouge aux colliers
Des animaux sélénites
Perclus de désirs sans joie
Des enchantements sylphides
Brossent la peluche des paysages
Dans d'incandescentes pirouettes
Ejaculant des stances blêmes
Sur les ovules boulimiques
Des altérations névralgiques
12:30 | Lien permanent | Commentaires (0)
MILKY MURDERERS
Switchblades are green in winter
Like silent days full of singing
The explosion of the mood
Send a rainbow
To the garage of the storm
Ready to build other territories
Of snow motions
In the dark eyes of nowhere
Dazzle gives a blow
To energy eaters
Consuming them in mutations
Like a new kind of M&M's
11:48 | Lien permanent | Commentaires (0)
CAMPAGNES DU PACIFIQUE
Sous les tropiques de la glace
La température d'abondance
Reflète l'infini des zéros
Dans le ballet des fusées incendiaires
Armée de kamikazes
Aux ailes taillées
Comme des porte-avions
Génétiquement interstellaires
Overdose de Fahrenheit 451
Sur les compteurs Geiger
Des mines à ciel ouvert
Que creuse le diamant
11:23 | Lien permanent | Commentaires (0)
NAVAJA
La langue joue à l'escalier
Colimaçon perpendiculaire
Sur des boutures de croix ansée
Elle dévale les autoroutes ascensionnelles
Des spirales d'ocre mordorée
Remontant le long d'ogives catatoniques
Dont les métabolismes sensuels
Inondent les géométries synapsiales
De fabuleux cryptogrammes
Aux reliefs échancrés par la pluie
11:10 | Lien permanent | Commentaires (1)




