jeudi, 27 mars 2008
LES VOLUPTES PARTICULIERES
Les morts comprennent très bien
L'exploitation des décédés
A des fins purement intéressées
Le mercantilisme élevé au rang d'art
Par des vivants qui se présument tels
Les morts ont l'insouciance de leur côté
Les vivants qui parlent de mort
Ne parlent en fait que de leur peur
Leurs intentions forment un si joli pavage
Aux couleurs aigres de la profitabilité
Que leurs voluptés se parfument
Aux couleurs du protoxyde d'azote
23:24 | Lien permanent | Commentaires (1)
L'HISTOIRE D'UNE FEMME
La poésie est une femme
A géométrie variable
Dans le verbe de feu
Qui illumine son allure
Elle est toujours à la mesure
De l'offrande qu'imprime
Sur la courbe de son sein
L'amant qui la fait reluire
La poésie est un tatouage sanguinaire
Une Walkyrie au front d'éclairs
La douceur des lilas blancs
Pour les cavaliers d'ouragan
22:26 | Lien permanent | Commentaires (1)
UNE AUTRE IVRESSE
Quand le vouloir cesse
Dans l'offrande sans retour
Advient ce qui se doit
Sans qu'un cil ne bouge
Sans que rien ne change
Les cercles s'élargissent
En aréoles concentriques
Pour laisser respirer
Le téton brûlant
D'un souffle paisible
21:26 | Lien permanent | Commentaires (0)
SOLARITUDINALE
S'élancent les trilles de clarté
Dans l'espace mutin d'un alizé
Et la pâleur chaude du coton
Remonte le long des palétuviers
Qui frémissent sous la caresse
Tunique enrobant une veine aiguisée
Sur un derme de velours
Un filon aurifère se met à luire
Sous un filet qui descend des collines
Les feuilles palpitent sous l'audace
Qui attire un sourire aux lèvres
Ensorcelées par le chant du violon
Des courbes s'enivrent autour d'un diadème
Laissant entrevoir d'obscures beautés
Dans un ruissellement de cascade
Le long d'un arc-en-ciel tumultueux
Vague après vague
La mer s'étend dans l'offrande
Les côtes s'embrument voluptueusement
Jusqu'à l'instant précis
Où un rayon de lumière
Vient tendrement s'égarer
Sur le pourpoint épanoui
D'une crique généreuse
Forte de la saveur des eaux minérales
Qui jaillissent en flots pleins
20:44 | Lien permanent | Commentaires (0)
SILVER ON BLACK
Quand la vitesse d'un point d'impact atteint le seuil supraluminique, les lignes d'idées s'arrêtent tels des enchantements improvisés, dans de voluptueuses courbes pratiquant le génocide actif de toute particule insolvable en débitant les comptes-clients à lenteur grand L. Les mathématiques frigorifiées deviennent sphère de jouissance qui peint des étendards à la saveur bleue des mirages colonisateurs de syntaxes désuètes pendant que des zones d'arborescence non urbaines se peuplent de gerçures nouvelles, délicates attentions que le vent du grésil porte aux yeux des fenêtres assoupies par la morne conjecture des vésicules poussiéreuses. Les trottoirs du Havre, paradoxaux et mouvants dans leur stase impériale, annihilent toute idée de domesticité ainsi que tout déchet conceptuel issu des fantasmagories sérieuses des bancs de rameurs enchaînés par les minarets méandriques. Des cimetières d'autocars réinventent les contes de Perrault, dévorant les chats noir au débotté et surlignant l'échancrure du corsage du Petit Chaperon Rouge tout en regardant des versions lesbiennes de Cendrillon et de la Belle au Bois Dormant. Petit Poucet strikes again dans un attirail de surfer flambant neuf, skater d'argent boréal pour urbanités sans concessions automobiles et reliefs, glisse de luxe sur arc-en-ciel désensablé pour hydrofoiler pétrolifère marqué aux armes de la Blank Generation, la botte de Nevers, new style of close-combat en quelque sorte.
20:20 | Lien permanent | Commentaires (0)
WAITING FOR THE SUN
Chacun attend ce qu'il veut
Selon son bon plaisir
Et l'épaisseur de son regard
Il n'y a rien à attendre
Des poètes en eux-mêmes
Seule compte la magie du vitriol
Que vaporisent leurs textes
Chacun trouve selon son désir
Quoi qu'il puisse trouver
A chaque instant
18:45 | Lien permanent | Commentaires (0)
PORTE DES VENTS
La porte des vents
Est toujours ouverte
Qui ne s'éloigne jamais
De plus d'un pas d'hirondelle
La porte des vents
Est comme un châle de brume
Sur un Gulf Stream inversé
Dans les yeux d'une blonde
Une brune sait comment
Se referme la porte
Qui n'a nul battant
Autre que cils et paupières
17:56 | Lien permanent | Commentaires (0)
POLYSEMIQUEMENT VOTRE
Shooté à l'éthique du respect
Hallucinogène mordoré des gâteux
Le riche mondain ne voit pas
Ses fêtes galantes
Comme une parodie de basse-cour
Mise en scène des poules
Et des chapons dérisoires
Sans le parfum de cavalerie
Qui sied aux pouliches de l'orage
Et aux cavaliers sans armure
17:39 | Lien permanent | Commentaires (0)
CAFE VANILLE
Mille orchidées en fleurs
Embaument les plages chaleureuses
Au sable blanc comme l'écume
Qui déverse ses châles de soie
Sur des roues d'obsidienne
Noir est le svastika sanskrit
Célébrant le satin pourpre
Sur un encens de jasmin
A la fraîcheur rayonnante
Comme une fleur d'orchidée
17:12 | Lien permanent | Commentaires (0)
INRIME CONVICTION
Ce qui contamine les éminences scripturales n'a rien à voir avec une civilisation, cet ersatz préfabriqué résultant d'un mouvement d'hallucination exempté de liposuccion pour cause d'anémie probable ou d'injection sans péridurale d'hormones de croissance exogène. Dans les forêts d'émeraude de la cordillère subatomique, le langage se dévergonde à souhait, nouant dans ses fibres les éléments des noeuds gordiens que ne savent pas trancher les psychopathes issus du monde des sérieux délétères aux genres sexués comme une armada de toros jamais sortis du parcage, trop timides pour entrer sur l'arène aux mille reflets d'arc-en-ciel. Poser la question des enterrements, cela revient à poser la question des labours, voire même celle des vendanges, les Funérariums Anonymes n'étant que la surface émergée des icebergs colombophiles du pragmatisme de l'inutilité resplendissante, genre d'orgie monogame à consonnance plurielle, histoire d'épater les galeries absentes du pop-art dans un tapin aquatique à forte connotation suburbanistisque, danse des mille ventres qu'un cierge sanguinolent empale dans un cercle aux vis aussi torride qu'une matelote de turbot un lendemain de fête patronale. En bref, rien de bien nouveau dans la stylistique épistolaire, si ce n'est une hypothèse du tiers inclus dans les romans d'avant-garde du dix-neuvième arrondissement, là où Jack dépucelle les bodegas dans un tremblement extatique rappelant furieusement le goût exquis des abricotiers péruviens, endroit où se perdent les ramifications temporelles dans un soubresaut d'instantanéité du style climax pour headbangers accouplés en paquet monocellulaire dans la cyprine qui berce le petit matin.
15:50 | Lien permanent | Commentaires (0)
GOLDEN DIME
Les quêteuses de la misère
Cherchent toujours
Des rognures d'ongles
Pour exhiber leurs purulences
Et leurs oedèmes pulmonaires
Le souffle du Golan sourit
De ces pathétiques enluminures
Tout en réinventant les pluies d'été
Pour éclairer Gaza de dime
Carbone et tungstène des nouvelles haganah
14:33 | Lien permanent | Commentaires (0)
BATTERIES DU SECTEUR
Les balalaïkas de la polysémie
S'appliquent aux roues des suppliciés
Qui demandent grâce dans un sourire
Laissant exhaler un dernier soupir
A l'arôme de jasmin
L'éviscération montre une pelure
En lieu et place d'un coffre
Mais une goutte de tungstène
Irrigue de ses flux audacieux
L'étrange couverture d'éosine
13:47 | Lien permanent | Commentaires (0)
ZEPHYR A LA HACHE
Nul ne pète en altitude
S'il sait vivre
Les vents de méthane
Du siècle dernier
Ne sont que prétextes actuels
Pour exhibitionnistes indécents
Amateurs de viande avariée
Ou de relents de gémissements
Justifiant des attitudes
Volontairement rétrogrades
13:15 | Lien permanent | Commentaires (0)
SALOON DE THE VERT
On sort de Flaubert comme on y entre, en trépassant dans le vent des idées reçues, en exterminant les éleveurs de moutons ou en baisant ce qui doit l'être. Les limites du langage sont toujours intangiblement repoussantes et à repousser, les cunnilingus du feu s'y emploient, désexcisant avec tact et délicatesse les clitoris embrumés que d'infâmes rombières entretiennent sans vergogne dans les vergetures temporelles de leurs illuminations à l'oxyde de carbone, arômes de brutales voluptés dont les saignements ressemblent plus à des gémissements marécageux qu'aux déflorements écarlates de la pourpreté insoluble. Volubiles comme un muet sortant de son bain de boue est le diable aux mille cornes de rhinocéros, empaleur de conventions démocrates, promoteur de canapés d'où gicle une pulpe douce-amère, spécialiste de l'importation illégale des contrefaçons d'oranges bleues made in Bal El-Oued. Un sourire kabyle à la main, il lèche les plaies d'une senteur au velouté de poivre vert, givrant les roulés-boulés que les arabesques de cocaïne tracent au creux des rizières de benzène, avant que d'ouvrir à la machette les flancs des mers de sucre qui dépeuplent les tabloïds de leurs fleurs de carcasses. Sur les pelouses d'Absurdie, les nains se régalent en admirant les volutes moirées des compréhensions singulières qui tentent d'attraper de leurs moignons ignifugés les bribes de la folie plurielle qui jouit en ricanant ou en souriant suivant les oreilles qui la regardent.
10:00 | Lien permanent | Commentaires (1)
SOURIRE DE PEINTRE
Le théâtre du monde
Est une commedia dell'arte
Gigantesque peplum high tech
Qui invente des ressentis
Et crée des effets spéciaux
Le théâtre du monde
Est bien un théâtre
Où le spectateur averti
Choisit en toute quiétude
Les effluves qui le distraient
Tout est sourire paisible
Sous le théâtre des opérations
Ses cours d'école maternelle
Ses enfants qui jouent dans la poussière
Et barbotent dans les flaques
09:03 | Lien permanent | Commentaires (0)




