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dimanche, 15 février 2009

LA PROFONDEUR DE L'ESCALADE

Les nomades ne farment pas
Sur leurs éperons d'argent
Que le vin de l'été
Nourrit au sein d'une vierge
Dont le feu allume
Des étincelles mordorées
Au coin des lèvres qui sourient
Quand Bob raconte
Les frasques de Baby Blue
Marocaine au voile pourpre
Et aux cigarettes opiacées
Qui dévergonde les séminaires
Dans un torrent de charmes
Où une bouche délicieuse murmure
Prend-moi
A l'étranger de passage
Dont les mains ouvertes
Ne connaissent de la caresse
Que le soyeux des hanches
Et le velours des courbes

NEW MEXICO

Et l'oeil du tigre sourit
Dans l'idée qui passe
Du rimmel sur le miel
Un éventail sans sel
Sur les ailes des miradors

Blue like some old shoe
On the railroad track
To Santa Fe

Indian reservation
Navajo called dineh

Et du turquoise
Sur les dents du tigre
Pour décorer le bleu
Qui s'envenime en silence
Sous les ponchos qui balancent

EN FOULE UNIQUE

Infréquentable
Comme un ban silencieux
Sur le parvis démoniaque
D'une maison de passe
Aux yeux mi-clos

Infréquentable
Tel un arôme de génocide
Froufrous et dentelles allumés
Pour une danse du scalp
Sur un pubis révolté

Infréquentable
Dit l'abeille bien trop sage
A la faveur du mirage
Qui fait pendre les lanternes
Pour les vessies du miel

VENIN DE RUE VENUE DE RIEN

Et faire l'amour avec la mer
En dessalant les primes vers
Dans les amphores de papier
Qui sèchent humides
Sur le quai de la gare

Et faire l'amour dans un brin d'air
En caressant les embruns verts
Du verglas sur le châle
Qui glisse des épaules
A la peau dénudée qui frissonne

Et faire l'amour en feu joyeux
Sans impatience juste une danse
Laisser mijoter la jouissance
En paroxysme d'élégance
Tout n'est que préliminaire
Dans une saveur aigüe de douceur

samedi, 14 février 2009

CONVIVIALITE

Sur la plage au festin nu
Le vent peint d'aquarelle
Le visage de la mer
Elaborant les danses
Que la guerre étreint
Dans les nombreux sillages
Des paravents chinois
Sur lesquels se reflètent
Les cachemires de l'alizé
Qui débauche la laine

CEINT D'OCCULTE

Le culte des reins
Est un pur boute-feu
Au regard boute-en-train
Des cachetés délicieux

Recule donc tes seins
Murmure le temps amoureux
Tu peux y voir ma main
Où les doigts font la queue

Viens donc ce matin
Lécher les vitrines si bleues
Sous les aspects sans teint
Repose le passant merveilleux

MASTER DE COCAGNE

La fête ne connaît du lendemain
Qu'un mot échappé du présent
Où tournent les farandoles
Des désirs en tous genres
Du vent dans les voiles
Qui bousculent la clarté
De leurs charmes suaves
Aux beautés irréelles

La fête ne connaît du lendemain
Que l'intransivité de l'instant
Sur lequel se consume
La consommation de l'amour
Inventant des aquarelles
Pour parer la fortune
D'une aile de jasmin
Sur un fauteuil d'orchidée

PEINDRE LES NUES

Le poète n'espère rien
Et c'est bien pour cela
Que l'attention lui permet
D'être le réceptacle
Des fragrances du monde
Orchidées de velours
Qui déploient leur faste
Sur le tartan éloquent
Qui anime sa langue
Du sanglot des femmes
Ecartelées dans une vague
De jouissance aux merveilles

LE REALISME POETIQUE

Rien de plus ordinaire
Et de plus concret
Que la poésie du réel

Du bas de l'échelle
Jusqu'au surf arc-en-ciel
Uniquement des descriptions
De figures de style
Et de dérivations spatiales
Sur des luges de vent

Des baisers volages
Au fond des yeux
Qui surplombent le marécage
De toute leur profondeur
Caressant les cambrures
D'une haleine d'épices
Jouant à faire jouir
La langue et ses supplices

La main alerte du poète
Respire le parfum des dames
Filles qui s'offrent
A la demande d'un sourire
Pour un coeur de fruit
Ou un bouton de rose
Pour un frisson une aubade
Jusqu'à sentir leurs cuisses
Ruisseler de tendresse
Dans l'infini servage
Qui fait ployer les muqueuses
A la savoureuse dilatation

Rien n'est plus ordinaire
Qui regarde passer le temps
En peignant sur la peau
Des climax étonnants

vendredi, 13 février 2009

SPASMODIE EN SOL MINEUR

La voie ne connaît pas
L'effort que revendiquent
Les forçats du comprendre
Dont les griffes impuissantes
Continuent de vouloir
Saisir à tout prix
Les sourires de l'indicible
Qui se satisfait
De sa ration d'ordinaire
Sans chercher midi
Dans les ramages multicolores
Des pains perdus

DE GRE A GUE

Au gué du gaiement
Au gré des gréements
Marchent les pieds plats
Des vers sans provision
Autre qu'un raz-de-marée
Genre de rez-de-chaussée
Au ras des pâquerettes
Comme un ras le bol
Ou une tasse pleine
De tout et de rien

PETITE VOMISSURE

Ainsi pourquoi
Vit la pulpe d'évanescence
Dans la large profondeur
De toutes les transparences
Sans que les considérations
N'effleurent de leurs doigts
L'éminence aigüe
Qui préside sans souci
Au bon vouloir des apparences
Du folklore qui croit encore

jeudi, 12 février 2009

JOUR DE FOIRE

Les amateurs d'énigmes
Voient dans l'eau claire
Les nodules que la danse
Construit dans leur regard
Le battement des paupières
N'imprime que de l'écume
Sur les vasistas incolores
Qui nourrissent le rêve
De pérégrinations enfantines
Ou de glorieuses odyssées
Dont toutes commencent
Par la chute des andouillettes
Dans le fracas des mirlitons
Sauvages épopées sans vergogne
Où le viol des domestiques
Redessine au fusain
La roupie du sansonnet

VARIATION GEOMETRIQUE

Dans d'autres poèmes
Zarathoustra s'appelle Gilgamesh
Ou Ulysse pour certains
Nul n'imagine la contemplation
Se mettre à trépigner
Quand arrive le moment
Des retrouvailles
Pourquoi s'agiterait-elle
Alors que de tous temps
Elle rayonne insouciante
Sous les frondaisons
Que les cils peignent en bleu

GRAND HUIT AMERICAIN

Frontière de la limpidité
Les chevaux pâturent
Sous les ruines haletantes
Que le givre cristallise
En rubans de verveine
Aux yeux écarlates
Qu'un carquois écarquille
Sur des paysages rétiniens
Marqués par le fer rouge
De l'absence d'incandescence

Frontière du cristal
Les eaux ne sont plus qu'un lac
Mare Nostrum pour Carthaginois
Dont le vol qualifié
Se mire sur la surface bleue
Des déserts de coriandre
Aux arômes de cris
Qui pactisent en choeur
De chaînes et d'estrades

Un maelström de mélanomes
Irradie ses poudres et ses fards
Sous lesquels rutile en silence
La plateforme ordinaire
Qui décoche des traits
En forme de sourire

mercredi, 11 février 2009

POUR L'EXEMPLE

Comme un téton durci
Par la caresse chatoyante
D'une langue de feu
Aux parfums voluptueux
Dont l'arôme effleure
D'un toucher de satin
Les hanches épanouies
En la douce chaleur
De la cyprine en fusion
Qui glisse langoureusement
Le long des échancrures ouvertes
A la saveur d'un alizé
Dont le goût sensuel
Embrase des effluves de soie

mardi, 10 février 2009

AU GRES DES VOGUES

Les pompes sont toujours funèbres
Pour les marcheurs du vent
Dont les fastes funéraires
Marchent sous les élans
Qui se laissent humblement pomper
Par le bout rouge incandescence
Des lèvres de la lune
Apposant des scellés
Ouverts par mégarde
Sur des perditions en des routes

lundi, 09 février 2009

AND SO WHY

Pourquoi la question
Alors que le sens des mots
Tourne autour d'un axe
Dont la polysémie verte
Annule les chargements
Des bateaux de contraires
En zone de feu émeraude
Là où le rivage est sans plage
Autre que la plaine de givre
Sur laquelle rêvent les nefs

LES MOMENTS DOUX

Temps que ne dure
Tant qui dure
Sans nul doute
Mais sans surprise
Tant qu'éprise
Du temps qui prise
Le tango qui frise
L'étang des brises
Tant que ça dure
Le temps du mur

NECTAR DE POISON

Le vent lèche les écoutilles
Des parfums de passage
Dans la chevelure intime
D'une déesse au sein fabuleux
Dont les filles s'enveniment
Des sels de bain en floraison
Qui nacrent l'or de la peau
Et glissent en caresses
Sur les courbes du temps
Qui gémit en pleurant
Des gouttes de sang frais
Sur les pontons humides
Où des vierges insouciantes
Offrent la ferveur de leurs délices
En partage d'ouverture à l'alizé

ONDEE DU MATIN

Le vent porte
Entre ciel et mer
Le chant des oiseaux
Ou la chanson du matelot

Le vent porte
Sur son aile dorée
L'espace d'un battement de cils
Au sourire couleur parme

Et sous la porte
Le vent dépose
Un baiser de velours
Sur un bouton de rose

CLAIRES EAUX DE L'ECUME

C'est clair
Comme un éclair au chocolat
Une fermeture ouverte
Un travesti en dentelles
Ou une galaxie sans nébuleuse
Clair comme de l'eau de vie
Parfumée à la mirabelle
Qui pousse sur les cocotiers
Au bord des plages sans rivage
De la mer de la tranquillité

DU BLEU DES BLEUS

Toutes les couleurs
Sont inhérentes
Au spectre poétique
Où la transparence
Met en relief
Les bleus de l'âme
Ou le bleu des yeux
Quand le bleu du ciel
N'est plus une bataille
Où les bleuets périssent
Faute de bleu de travail
Pour éponger le bleu de méthylène

BEFFROI DE BETHUNE

Le livre des riches heures
Que le bourreau écrit
Vaut pour son pesant d'ordure
Que les éboueurs promènent
Le long de voyages
Que peu souhaitent emprunter
Sous les lambris des palaces
Où se meuvent en cortèges
Au corbillard sympathique
Des processions mémorielles
Aux relents putrides
Dont le vent se moque gaiement