Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 19 mars 2008

CANTINE POUR VIEUX BEAUX

Le fait poétique ne se trouve pas dans les discussions de salons gangrénés par les chaînes de l'érotisme cérébral, palpitations stériles qui enivrent les boites de conserve flottant sur l'écume morte et le sable insipide. Le fait poétique est un tapis volant sous les décombres d'une guerre impitoyable, une place blanche et nette sans l'ombre d'une trace autre que le parfum d'épouvante souriant d'un regard carnassier et mutin, un rayon laser stroboscopique qui démythifie les sarments d'hallucinations carcérales. Dans les bagnes universitaires, des esclaves se prenant pour des dieux tracent au charbon de bois numérique des signes de vent incompréhensibles sur les murs de leurs cavernes imbéciles, des institutions inutiles se gargarisent de leur propre idiotie, lupanars aux folles trépidantes de vanité, bourbiers dédiés à des plastrons dont ne voudrait pas le moindre travelo de passage, misères des champs funéraires où des poupées purulentes suintent le cambouis de leurs pauvres délires. Une pincée de collabos mal finis en sus et le chaudron se touille en harmoniques désuètes, vieux relents de passé aromatisés à la morue, pas de quoi fouetter une vierge jusqu'au sang, de la pâtée sans sucre, un pal de canigou sans montagne ensorcelée pour faire reluire le plasma ou les santiags d'un nouveau vintage.

PLACE DE LYON

Toutes les rues de la ville
Sont préludes à l'arrivée
Place des Terreaux
Où la fontaine trémière
Trône sous le regard impassible
De l'hôtel de ville
Les chevaux de Bartholdi
Paissent sur le pavé
Tandis qu'au soleil de givre
Resplendit la profondeur des façades

PHENICIE

Les amphores sont communicantes
Dans la soute des cargos de nuit
Moins les marins écoutent les cris
Qu'ils prennent pour des chants
Plus le silence trace sa ligne verte
En harmonie d'un contrechamp
Les cris ne sont que gouttes sélectives
Echappées d'un flamboyant concert d'embruns
Qui se défragmente dans l'écoute
Des vergues et des haubans

KHEOPS ON ICE

Le temps luit des armées d'ombre
Qui glissent sur l'asphalte froid
Des nocturnes de Chopin

Dans la musique d'un paso doble
Des tziganes lancent au vent
Des violons argentins

Les farandoles s'amenuisent
Dans des cols utérins
Et des contes à rebours

Enlacement sans toucher des duos d'atmosphère

mardi, 18 mars 2008

NINON

Rien ne vaut le feu
Pour les réveils en forme
De gueule de bois carabinée

Rien ne vaut le vent
Pour nettoyer les urnes
Après les votations

Rien ne vaut la pluie
Pour peindre le décor
Au laser translucide

Rien ne vaut la terre
Comme un arpent de lumière
Perdu dans l'omniprésence

BLOWING EASY

There's a Valkyrie in the air
Sharp knives and curare nails
Cutting hands and leading paths
Of silver ink on an emerald sea

The way of the windtalkers stands
And what is beautiful is the way

In each moment there's magic
Under words of amber
Crushing unreal ideas
Exploding worlds
Collapsing avenues
Among dark nights
Under an artificial sun

The land is still there
And not one ship left him
Only in a dream

Dream by dream
On moving scales
Inventing universes
Kissing supernova breathe

The dragon's shuffle helps warriors
On the road to White Island Airport

Where horses become silver
Then crystal
Then nothing

But love

Burning

MENDELEIEV

Sur une table ronde
Comme le carré de l'hypothénuse
Multiplié par un zéro intégral
Jaillit un pylone d'enluminure verte
Comme la chair irradiante
D'un sarment d'oxygène
L'escalator hélicoïdal et serein
Des axes fractalés
D'univers en expansion immobile
Et en floraison permanente

A LIVRE OUVERT

Pas de compte à rendre
Au vent qui porte les chants
Pas de compte à rendre
A la mer qui héberge
Les dauphins et les lyres
Pas de compte à rendre
A la pluie qui nourrit
Les alluvions du délire
Pas de compte en regardant
Le feu qui forge l'orage

FIBULE DE CUIVRE

Entre les eaux de la main
Les lignes d'aventure flottent
Gaiement sur le revers du mitan

Des parfums de nuage peuplent
Le sentier des mangues
Et les chemins de pluie

Un temps de mi-saison
Luit dans les phosphorescences
Comme la glisse d'une lame
Surfant sur l'automne

CHANT DE MARCHE POUR L'ARMEE NOIRE

L'armée noire est debout
Dans le creux des genoux
Armée de santiags et de boots
Armée de marteaux et de cloux

Oyez, oyez, embourbées dans le cérébral
L'armée noire a des poupées subliminales

L'armée noire est divin
Allumée à grands coups de brodequins
C'est la super bobonne à Pennequin
Du ratafia plein ses gros seins

Oyez, oyez, hallucinées du carcéral
L'armée noire a des jouets en pagaille

L'armée noire mange des vers
Constipée comme les solitaires
Dans les diarrhées de l'enfer
Elle répand sa semence de charnière

Oyez, oyez, carbonisées au minéral
L'armée noire scalpe tous les chandails

Hé toi, branleur qui veut rêver
L'armée noire cherche des allumés
Pour faire flamber les dollars
Des armoiries du désespoir

Oyez, oyez, mangeurs d'épouvantail
L'armée noire aime les batailles

Bienvenue sous le cagnard de l'armée noire
Bataillons kamikazes du Hazart
Voleurs de temps ces purs pillards
Massacreurs de torche-culs vantards

Oyez, oyez, place nette pour l'armée noire
Etrange confrérie des blanchisseurs d'histoires

Oyez, oyez, un pain en guise de faire-part
Un poing américain dans le fond du miroir




en l'honneur de la naissance de l'Armée Noire

JOUISSIVE IGNORANCE

Les muses sont des êtres aux allures de cyborgs, magiciennes du verbe qu'elles transmutent sans souci autre que de plaire au cosmos qui régente de son auguste regard le balancier effréné des saisons qui remuent sur la plaine où flânent les brises de Mai et les navires corsaires de Surcouf. Pas de fragilité dans le grappin qu'elles lancent sur les formes du vent, pas de fragilité dans leur marbre soyeux et chaud qui ruisselle en fines gouttelettes de sucre dans la mousson qui balaie la poussière, pas de fragilité dans leur inexorable prolificité qui fait jaillir des floraisons de champignons atomiques iridescents et des avoinées de grelots pimpants et carnassiers. La timidité seule empêche certaines formes de jouir de leurs aubades ensorcelées, la timidité étant une moisissure dérivée de la peur, la peur étant elle-même un frisson de plaisir bon marché que s'offrent les pudiques fonctionnaires qui n'osent pas franchir le pas en matière de libération sexuelle, préférant les recettes aux tarifs standardisés à l'accouplement des tiercés gagnants sur l'hippodrome nonchalant que secoue le vent des palmiers.

CARCINOME ECZEMATIQUE

La tour existe toujours à Babel
Il suffit de prêter attention
A la divine comédie
Ecouter les ziggourats et leurs babils
Pour voir cette métastase hallucinée
Telle une forêt de stalactites
Aux colliers de fer et d'acier liquides
Qui projettent leurs semences de dialectes
Vers les confins brumeux
Où s'enlisent les caravelles négrières

STAYING ALIVE

Le présent ne dépend jamais
Du passé
Ni même du futur
Le présent est d'une constance imperturbable
Il regarde défiler
Le pas cadencé des légions d'instants
Qui s'effondrent une à une
Sans que la moindre ridule
Ne vienne oblitérer
Le sourire envenimé de ses yeux

DECLARATION DE FLAMME

Le long des côtes d'éosine
L'orage lèche les plaies des lettrines
Comme un encrier abondant
Dont le toucher s'émeut en argent

D'une hirondelle jaillit la flamme des cantates, poursuivie sans relâche par l'ombre de son harmonie, et dans un trouble fluide, l'aubade se rassoit dans le calme impétueux d'un ouragan de douceur.

Sur les flancs de sel le sucre éblouit
Les rétines brûlées par la joie
D'un alluvion meurtrier
Aux senteurs de réglisse

Le temps se tresse en chevelures de romarin dans la caresse du satin qui émerveille le bout du sein.

L'oxygène empourpré se déshabille
Dans un sanglot liquide
Les cuisses de l'aurore s'ouvrent
Dans un retour d'avalanche
Et la flamme s'élance immobile
Sur la déclaration qui l'enlumine

NATURE NOIRE

Dans la montagne de sucre
Des nains jouent aux dames
Sur le revers des arbres
Des forgerons affutent
Des éclairs et des lances
Sur le souffle des dragons
Des filles de joie dansent
Sur des balcons de torrents
Pendant que le thé vert infuse
Dans le marc de café

LETTRINE DE SOIE

L'écriture blanche
Est un cube de polystyrène
Sur la surface du flot
La couleur de l'écriture
Est celle de la pluie
Qui caresse la mer
Pour se fondre dans l'écume
Epousant amoureusement
Le creux des vagues
Et le rein de chaque lame
Dans un frisson de hanche
Sur le bout de la langue

SANS ACTIVITE FUNERAIRE

La poésie est une artère de napalm qui dévergonde les rizières en élaborant des paganeries sans foi, pas de chrétiens, pas de bouddhistes, pas de musulmans, pas de juifs, des hommes. La poésie est alchimie moléculaire de l'organique sens des merveilles instantanées du caterpillar qui arase les mondes creux, fusion fissionnelle des arômes de sacrilège dans la vénération instinctive du climax, partouze des vitamines sympathiques et des enzymes de combat, fellation insalubre des égoûts morbides de la velléité. La poésie fait bander les impuissants, inonde de cyprine dissolue les frigides hétaïres de la prostitution aux fragrances d'hydromel avarié, émascule les taureaux de l'arène pour ne laisser sur le sable que quelques traces vertes et purulentes, beautés macabres que d'autres danses reprennent avec enthousiasme pour retrouver les chemins de la fugue boréale, velours des croisières sur l'or du Rhin, furtivité des caresses qui s'échangent frauduleusement sous les manteaux de moisissures. La poésie est tout ce qu'on ne trouve pas dans le paquetage des critiques mécaniques qui perlent des grincements de dents sous la roue de la vierge de fer.

DISTORSION DES TENSIONS

Le prix des mots à dire
Porte une valeur
Attribuée arbitrairement

Chacun s'invente un rêve
Sans le reconnaître
Mais tout en le sachant

Le rêve se fige
Dans le béton concret
Des fantasmes propriétaires
Qui assistent impuissants
A sa désagrégation

Les mots pour le dire
Perlent au coin d'un sourire
Il suffit juste d'une étincelle
Pour lancer l'incendie

NAISSANCE DU CHANT

Plus rien à dire
Implique la montée d'un chant
Que des oreilles amusées
Contemplent en souriant
Sans se bercer d'illusions
Plus rien à dire
Tout à raconter
Comme traces de témoignage
Du parfum qui résonne
Dans les couloirs de la mort

lundi, 17 mars 2008

EN APARTE

Tu parles aux brutes
Dans des frissons de coriandre

Tu leur tresses des dentelles
Sur lesquelles ruissellent
Des berceaux de douceur
Et des corbeilles de santal

Dans la profondeur du langage
Tu nacres le revers et les intervalles
De senteurs d'irréel
Et de tendresse aux arômes inconnus

Entends-tu le vent porter leurs réponses
L'onctuosité de leur aménité
Le délice de leurs propos
La célébration qu'ils font de la vie

Continue de respirer la valeur
Des calendriers brûlés
Un sourire d'opale
Enlumine de son cercle
La trajectoire des étoiles

CAVALERIE DU CRU

Les cosaques du Don sont des flèches de venin pourpre montant les chevaux de la brume, alezans aux robes de nuit portant des mors de pluie irradiée et des harnais de velours corrosif. Dans leurs chevauchées nocturnes sur le flanc des coteaux de sel, elles dépècent d'erratiques alluvions de gangrène pour polir les fontes rutilantes dans lesquelles la horde sauvage transporte la nitroglycérine d'overdrive. D'Amazone ou de Walkyrie, leurs parfums empestent la beauté des tueuses de sang-froid aux griffes bouillantes, aromatisant les fleurs de canyon au gingembre de torture, arasant les pics embrumés d'un coup de serpe ou d'une volée de lance. D'un rire carnassier, elles frivolisent des torrents de sérieux dans d'hallucinantes courses vers nulle part ailleurs que les sources du venin qui cravache de douceur leurs sens de la désorientation. Le temps de la fellation abdominale arrive toujours en temps et en heure pour les attardées de la frénésie moléculaire qui commencent à remonter les horloges atteintes de monocluéose avancée, le monde est un climax sans OGM, il mérite toujours quelques préliminaires fleuris avant de laisser resplendir la cyprine autour des diadèmes de sang.

NO MOVE OUT OF THE GROOVE

Courir assis est d'une simplicité enfantine
Le regard seul suffit
A faire jaillir les floraisons
Des danses de la pluie
Et les ballets du vent
La descente en apnée
Au coeur de l'instant
S'apparente à une aile delta
Turbocompressée jusqu'à l'extrême
Platitude de l'énergie

SHE RIDES THE SEA

La mer se traverse toujours
Sur un jet-ski sans phares
Dans une tranchée verte
Emplie de mines anti-personnel
Les troupes survivantes
De l'Afrika Korps
Débarquent aux portes du désert
Sans matériel autre
Que de plume et de goudron
Pour enluminer le voyage
Et retrouver la trace de l'argent
Au fond du tamis de feu

ARRIMAGE

Bientôt il la voit nue
Comme une cristalline en fleurs
Qui fertilise les pluies
De ses arômes coquins
Il la voit nue
Elle le voit nu
Enlacement d'évanescences
Baiser qui tue les formes
Anciennes du manège
Dans une aubade de confetti

THE STRANGE BOUTIQUE

La princesse aux typhons
Joue aux autos-tamponneuses
Dans le car-wash de la pluie
Aux formes de mer

Des marins en bordée
Sortent des tavernes enfumées
Pour retrouver les sous-marins jaunes
Qui peuplent les cavernes aériennes

Sur un surf boréal
Portés par un regard de vent
Les mutins de la nuit
Evident des linceuls anonymes

LES ONGLES RETRACTILES

La femme aux violons
A des griffes de chat
Taillées dans le curare
D'instinct elle sait
Quel itinéraire de délestage
Ramène les voyageurs
A la case départ
Sans toucher vingt mille
Dans un lieu sous la mer
Où n'est nulle empreinte
Hors un regard de feu
Sous des rivières de diamant

DANS LE FLUX DES PORTES

Les jours étranges n'ont besoin
Que d'oxygène comme carburant
Les adjuvants faussent la sensation
Et la vue se déforme
Dans les virages
L'incendie se déploie
Dans les mains ouvertes
Tapissant les murs vides
De fleurs de napalm
Aux arômes enchanteurs

A PIED NU

Dans l'offrande flotter
Se laisser pénétrer
Laisser faire les marées
Jusqu'à ce que la lavandière
Indique d'un sourire
Que le palimpseste est écrit
A l'encre polysémique
Sur un recto-verso
A trois côtés
Forteresse ouverte et inexpugnable

APPEL AU PEUPLE

Il est bien des auteurs
Qui oublient de voir
Leur activité comme une écoute
Ceux-là oublient aussi
Qu'ils sont les premiers destinataires
Du texte qu'ils écrivent
Texte qui est une métaphore inversée
Par un miroir au regard mal orienté
Les auteurs croient décrire l'extérieur
Avec un message venu du tréfond

THE WOMAN INSIDE

Il est une femme
Qui sait ce qui se cache
Sous l'apparence des mots
Et sous l'émail intérieur
Qui les enrobe de saveurs
Mots de bronze
Epaisseur de plâtre
Forme de terre
Espace de rayonnement
Le coeur des fauves

DESTINS DES NATIONS

Le vouloir seul
Brise les lignes d'épure
Armée de désirs
Aux arêtes tranchantes
Comme des solives effondrées
Dans le bain du mascara
Les cils atrophiés flottent
Et les couleurs surchargées
Visitent les entrepôts de cris
Où séjourne la longueur

SPORES DE COMBAT

L'auteur à sa table
Regarde passer les éruptions
Volcaniques de fleurs boréales
Graminées de soie et d'ivoire
Qui vont repeupler les champs ardents
D'oasis et de palmeraies incendiaires
Tels des cactus pourpres
Que fendent les machettes
Des soldats du désert
Pour y trouver une pauvre goutte de fraîcheur

VERTE PLANETE BLEUE

L'énergie plane
D'Alpha du Centaure
S'épanouit dans le tellurisme
Ultra haute intensité
Des volcans d'avant-garde
Aux cratères désengorgés
Des scories multicolores
Produites par l'oxygène
Aromatisé aux saveurs sanguines
Des coloris de la brume

LIVING DEAD STYLE

Les morts se réveillent
De temps à autre
Pour folâtrer dans les cimetières
Au milieu de coloris sanguinolents
Sous des sunlights artificiels
Ils suivent la pleine lune
Astre bleu qui s'argentise
Dans son parcours d'Ouest en Est
Laissant faire son rayon
Comme une rampe d'atterrissage

FULL MOON ON ANJUNA BEACH

Le passage de Bonne-Espérance
Signe le glas de l'espoir
Et la fin des chants
De la rédemption
Pour les navigateurs portugais
L'arrivée à Goa
Etend sous leurs yeux
Les plaines de la fertilité
Et la fontaine verte
Qui fait jaillir la mousson