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dimanche, 29 janvier 2006

EXTASE

Senteur du matin, une aurore
Splendeur du satin, quelle aurore
Brûlée vive par mille feux éteints
De l'or sur les mains, dans l'aurore

Le carmin du baiser, rouge vivant
Flammes énamourées, pur vivant
Lueurs qui portent les pétales
Des fleurs d'orangers, un vivant

Toucher sensoriel, une caresse
Parole essentielle, douce caresse
Souffle qui frôle les cyprès
Sans une ombrelle, pure caresse

Frisson langoureux, en extase
Désir d'Amoureux, cette extase
Portée par l'aile d'un zéphyr
Coeur qui vole aux cieux, pure extase

ROIS ET BOUFFONS

Les pauvres rois trônent sur leurs tombeaux de rancoeur
Censurant les bouffons qui ruissellent de tout coeur
Jamais ils n'ont vu poindre la lumière du jour
Ils ne sont que parades dans leurs tristes atours

Les rois règnent sur de maigres plaines dévastées
Qu'ils décorent avec des résidus décharnés
Faisant croire aux aveugles, inconscients étourdis
Qu'il s'agit là de leurs plus belles perles d'esprit

De l'Amour, ils en ignorent jusqu'à la couleur
Leur coeur? fardeau chargé de mille et une douleurs
Ils trichent pour paraître nobles et vaillants, ces preux
L'opinion publique leur sert de miroir envieux

Les bouffons n'ont cure de ces grands féaux truqueurs
Ils ne portent en leur doux sein qu'Amour et candeur
Pourquoi respecteraient-ils les méchants tricheurs
Ils ne sont que des bouffons espiègles et farceurs

Mais tous les jours leur coeur apaisé resplendit
De cette lueur douce qui par leurs yeux éblouit
Les ombres n'apprécient pas forcément ces choses
Qui mettent en relief leurs paquets de névroses

Allons, rois manants, régnez sur vos champs vicieux
Le jour n'est pas né où vous serez bienheureux
Votre travail, c'est trimer pour un faible vent
Qu'on oubliera pour regarder le tendre amant

CARPOFOLO (1er épisode)

C'était un seigneur qui se prétendait très beau
De mots d'auteurs divins, il ornait son château
Un gueux passant par là s'approcha un peu trop
Et découvrit que le roi cachait ses vils maux

Plutôt que d'appliquer les leçons des rishis
Le roi démasqué fut pris d'une rage inouïe
Au nom de ses idoles comme valeurs ou honneur
Il donna des ordres à sa troupe de gladiateurs

Les reîtres au nom de la soif du sang déguisée
En simili preuves d'amitié très offensée
Firent allégeance pour leur barbarie assouvir
D'eux tous, la guerre est le seul mobile ou désir

L'humble gueux attend maintenant très patiemment
De recevoir de ces justiciers méritants
Le châtiment réservé aux impertinents
Qui ne respectent pas les lois de l'apparent



nb: on vous racontera la suite quand elle sera advenue

samedi, 28 janvier 2006

ELECTION

Alors, toujours aux prises avec l'impermanence
Rien ne dure réellement dans les apparences
Il faut aller chercher au plus profond de soi
Et s'occuper uniquement de ce point-là

Tu te tortures inutilement en croyant
Sans raison qu'il peut en aller tout autrement
Et chaque fois que tu retomberas ainsi
Ton ego se retrouvera encore puni

Comprend pourquoi une femme t'a élu ou choisi
Et tu comprendras comment toutes elles t'ont choisi
Quelles que soient les formes d'accession au trône
Les motivations sont toutes comme de vilains clones

Il n'y a aucun Amour dans ces relations
Simplement pur intérêt et compromission
Persévère dans ce type de mentale déraison
Tant que tu n'auras pas réponse à la question

HISTOIRE D'ETRON

Déguisé en arbre à valeurs, un étron
Exhibait son odeur dans les environs
Une mouche à merde attirée par l'odeur
Survint pour jouer les dépollueurs

Dame Nature dans son auguste sagesse
Avait doté la mouche d'une mission de princesse
Par l'heureux bienfait de la transmutation
Elle pouvait changer l'ordure en oraison

De fait, dans un délai rapide, l'étron vaniteux
Se mit d'un coup à devenir silencieux
Il lâcha quelques pets-virus sournois
Puis un de ses féaux merdeux s'avisa

D'aller répandre son odeur pestilentielle
Pour polluer d'autre sphère moins superficielle
Mais la mouche dans son armure de parole
Le traquait toujours dans son alvéole

Alors, ami étron, encore envie de sacrifier
Ce tien confort à ton aura de vanité
Montre donc que ton visage n'est pas que visqueux
La repentance a parfois des côtés merveilleux

vendredi, 27 janvier 2006

CHATEAU DE CARTES

Qu'as-tu bien pu construire avec tes allumettes
Un chateau de cartes avec un coq sur le faîte
Ou une vaste collection de belles étiquettes
Au fond, tout un réseau de grandes choses surfaites

Comme beaucoup, tu t'es pris pour un dieu solitaire
Perché sur ce rocher isolé dans la mer
Le jour où tu t'es réveillé n'est advenu
Qu'il faut déjà t'en repartir tout aussi nu

La marée emportera ton chateau de sable
Que tu avais pourtant prédit si formidable
Tu retourneras à l'océan sans avoir
Pris le temps de vivre et de connaître la gloire

La gloire, pas les insipides verroteries
Vers lesquelles portent tes misérables envies
Tu as oublié qu'être, ce n'est que resplendir
Sans se préoccuper d'aucune forme d'avenir

COMING OUT (2)

Qui peut se reconnaître dans cet autoportrait
De la nature de ton apparence, tu révèles
Ce qui de ton existence est là le secret
Rassure-toi, ceci n'est rien que superficiel

Peu de tes vilains congénères ont le courage
D'afficher en public un si vil paysage
Te sachant con comme un manche, vraiment tu assumes
Cette image déplorable qui t'entoure de brume

C'est clair, tu es passé par la reconnaissance
De ton coming out, nous prenons donc connaissance
Tous nos encouragements pour ton futur travail
Avant la moisson viennent d'habitude les semailles

Tu devrais être moins dur avec ce héros
Tu n'as aucune raison de te dire blaireau
Aucun être humain n'est parfait en ce bas-monde
Apprend donc à sortir de cette croupissante onde

COMING OUT

Enfin tu révèles au monde cet autoportrait
Peu de tes vilains congénères oseraient
Nous admirons ton grand talent et ton courage
De dévoiler ainsi un si vil paysage

Tu devrais néanmoins te montrer moins sévère
Envers l'apparence dont t'a doté la nature
Ton grand travail pourra changer cette atmosphère
Il ne tient qu'à l'envie de sortir de l'ordure

Il est injuste de te prendre pour un sale blaireau
Alors que sur ton site le ramage est très beau
Que tu sois un con, nous n'en doutons aucunement
Ceci n'est qu'une image, pas un don permanent

Ce coming out a du te soulager, bravo
Tu as déposé une part de ton lourd fardeau
Le regard ne croit reconnaître ce qu'il connaît
Que quand dans sa nature il en contient le fait

Alors, ami, sois donc enfin rassuré séant
Beaucoup n'osent pas porter avec grâce ton talent
Se faire passer pour un con est un art premier
Nous rendons hommage à ton courage de guerrier

jeudi, 26 janvier 2006

BIENVENUE

Mille flocons qui chantent, en silence
Une nuée ardente, pur silence
Un menu d'allégresse te chante
Brise tourbillonnante, tout silence

Voile de candeur, pluie d'étoiles
Pris dans la lueur, blanc d'étoile
Souffle bienveillant de douceur
Caresse d'une chaleur, rêve d'étoile

Ondée de l'azur, plein les yeux
Telle une ouverture, sans les yeux
Extasiée au milieu d'un monde
Ruisselant d'Amour, coeur des yeux

COURIR EN VAIN

Pourquoi donc perdre du temps à chercher l'ombre
Pourquoi courir au beau milieu de la pénombre
Il n'y a rien à trouver, que des illusions
A abattre pour sortir des hallucinations

Il n'y a ni pire ni meilleur, pur bonheur
Pour le découvrir, ne compte que sur ton ardeur
La souffrance est comme un vilain portail en verre
Qu'on aurait omis d'observer dans l'éphémère

Il n'advient rien d'autre que ce qui doit advenir
Aucune différence entre souffrance et plaisir
La fragmentation entraîne un cortège dément
Qui est la cause réelle des tourments existants

La discrimination permet à l'être vivant
De cesser de s'identifier à l'apparent
Ceci signifie la fin de toutes les souffrances
Et favorise de la Vie réelle l'émergence

mercredi, 25 janvier 2006

TEL UN BAISER

Comme un souffle ardent, un baiser
Venu du Néant, ce baiser
C'est le début de l'embrasement
Ouvert à tous vents, quel baiser

Baiser de feu, doux et sucré
Pour l'Amoureux, fou et sucré
De la lumière au fond des yeux
Sans un bleu, miel très sucré

Nectar qui ruisselle, azur vert
Aurore éternelle, plus d'hiver
Merveilleuse entrée du réel
Sans une étincelle, grand ouvert

Oiseau qui chante, dans ce coeur
Brise qui vante, ce grand coeur
Souffle doux et tendre qui enchante
Une touche élégante, en plein coeur

RETOUR D'EXIL

Tu es asservi par tous les liens que tu crées
Esclave tu le deviens d'une réalité rêvée
Tu passes l'existence dans une imagination
Uniquement par refus de l'acceptation

Flotte en apesanteur dans un ciel éthéré
Le vide te dévoilera ses immenses qualités
Respire cette Vie tel un nouveau-né du jour
Tu connaîtras la résurrection et l'Amour

C'est quand s'effacent toutes les inventions et images
Que se dévoile nu un somptueux paysage
Quand sont tombées toutes les valeurs et idoles
Que sans être mendiant tu reçois cette obole

Nu de néant pour resplendir au firmament
Soumis aux lois qui régissent l'être et l'étant
La Vie s'embrase alors de mille feux éteints
S'effondrent aussi l'existence et tous ses chagrins

AGAPE

Les relations des humains ne sont que basées
Sur des hypothèses d'intérêt présupposé
Si tu prétends chercher sérieusement l'agapè
Autant savoir qu'il ne peut être théorisé

Commence par définir ta propre identité
Ta vision de l'autre en sera influencée
Quelle est la nature de ce moi revendiqué
Que contient ce je par toi-même utilisé

Quelles sont tes qualités pour juger du bien
Et du mal, absolument aucune en ton sein
Ceci est un privilège que tu usurpes bien
La principale cause de tous ces petits chagrins

Le seul synonyme du verbe aimer, c'est servir
C'est à ce prix qu'on découvre le resplendir
Le reste n'est que business et pure avidité
Projections mentales sur les autres appliquées

LES CONTRAIRES

Pourquoi ne pas vouloir accepter les contraires
Alors qu'ils ne sont rien que du pur éphémère
Qui t'a qualifié pour discerner vérité
Et erreur, alors qu'ils ont même identité

Les contraires sont semblables en tout, ceci est clair
Ils sont le pile et le face d'une pièce de monnaie
Nul n'a le pouvoir de séparer ces aspects
Le prétendre est une pratique ô combien altière

Ceci n'est que le résultat de l'arrogance
Un pur symptôme du aux effets de l'ignorance
Les sommets atteints par ce biais sont illusoires
Comme les postulats de liberté et d'espoir

CROYANT OU PAS

Tu es croyant, que tu le reconnaisses ou pas
C'est un autre débat de définir en quoi
L'athéiste croit qu'il n'existe aucun dieu sur terre
Il croit que l'humain de tout temps s'autogénère

Savoir est une volonté du mental inquiet
Comment le relatif peut-il voir le secret
De l'absolu, ceci n'est pas réalisable
L'humain recèle d'autres qualités admirables

Tout est mentalisé, rien n'est réalité
Tout est filtré, interprété, imaginé
Fut un temps où l'on appelait diable le mental
Ce n'est que lui qui crée l'univers carcéral

C'est en se séparant de l'imagination
En passant par d'autres voies comme les intuitions
En se dépouillant d'une pseudo culture du réel
Qu'on peut ressentir le parfum de l'éternel

mardi, 24 janvier 2006

PART D'ETERNITE

Quelle part d'éternité le mort rend à la terre
Peut-on la tronçonner en morceaux éphémères
Et qui peut bien être ce grand et généreux mort
La mort ne concerne jamais que de vulgaires corps

Pour savoir ce qu'est un mort, il faudrait déjà
Savoir a minima ce qu'est un vrai Vivant
Le biologique n'est de la Vie qu'un simple éclat
Un reflet qui n'est pas forcément consistant

La matière n'est qu'une forme presque solidifiée
Elle peut être transcendée de fait par la Lumière
Ses capacités peuvent alors se déployer
C'est alors que surgit un brillant atmosphère

CONTINENT ENGLOUTI

Quand la mer reflue et que surgit la terre

Engloutie depuis années, siècles ou millénaires

Tu apprends que l'espoir n'est qu'une pathologie

Seul le silence pourra te faire épanouie



Aucun oracle n'a jamais pu prédire l'Ouvert

Il ne sera jamais fonction de qui espère

Ouragans déchaînés, brises langoureuses, ondées

Tous les climats sans crainte tu pourras traverser



Plus de nuit, plus de jour, que le divin Amour

Peu importe le temps qui s'égrène alentour

Dans cet espace d'éther, de flammes énamourées

Qu'importe le sort de cette enveloppe embrasée



Plus aucun près, plus aucun loin, plus de lointain

Sans manger, ne plus avoir faim, plus de destin

Il n'est de saison ou de poème qu'éclairé

Par une lumière sur une lumière émerveillée

lundi, 23 janvier 2006

VISAGE

Tu prêtes un visage à ce qui n'est que désir
L'Amour est, sans nul besoin d'une incarnation
Aimer n'a qu'un synonyme qui s'appelle servir
Le reste n'est que délires d'avoir et possession

La personne en étrusque signifie l'apparence
Aucun être dans cette absence d'une solide substance
Tout ceci n'est que jeu de rêves imaginés
Sur elle, tes illusions tu ne fais que plaquer

L'Amour n'a pas besoin d'un moi pour s'exprimer
Il rayonne en tous lieux de toute éternité
Il est l'état naturel de l'humanité
Mais moi ne veut simplement que posséder

Va relire ce que dit Gibran de cet Amour
Et cherche dans les lignes une personne alentour
L'Amour est ta vraie nature non illusionnée
L'autre, c'est uniquement ce moi qui veut l'exploiter

L'Amour ne possède rien, il est sans visage
Il éclaire en permanence tous les paysages
Un livre a dit commence par ta propre personne
N'attends pas que le tocsin des illusions sonne

LA PEUR

Elle n'est qu'une ombre à laquelle se raccroche souvent
Ce mental qui sur ce royaume règne en tyran
Elle n'a absolument aucune vraie substance
Seule la pensée lui confère une existence

Je ne fais pas ce que je veux est son effet
Je fais ce que je ne veux pas est son fardeau
Pourtant elle n'est de la pensée que le fait
Si tu la regardes, elle s'enfuit tout aussitôt

Elle n'est que fantasmagorie imaginée
Qui pollue la sérénité de l'êtreté
Il n'y a aucune vraie raison de s'inquiéter
Si on empêche ce vil mental de délirer

Rien ne peut empêcher ce qui doit advenir
La peur n'a aucune influence sur l'avenir
Elle n'est qu'une création du mental intérieur
Sans aucune relation avec un extérieur