samedi, 31 janvier 2009

VERSATILE SANS VERSANT

Un ver-luisant
Dans un verre vert
Une pantoufle de vair
Le bout incendiaire d'un vers
Va-t-en savoir vers où
Va-t-en savoir vers quoi
Au bout du cercle une spirale
Comme la boucle d'univers
Du regard à l'oeil pair
Remet-nous donc un vers

SANS RAISON NI MOTIF

L'amour est un feu
Qui brûle sans flammes
Dans une flamme
Où n'est aucun autre
Qui puisse être revêtu
Et paré du désir
Que la possession inspire
Aux velléités propriétaires
Enivrées par les apparences
Qu'elles prennent pour des objets

TRAHIT QUI CROIT SAVOIR

De l'origine
Il n'y a rien à dire
Mais se taire
Laisse exhaler
Les arômes des flots
Qui coulent immobiles
En équilibre
Sur un doigt de jasmin
Sans idée de perfection
Rien de complet
Tout est fragment
L'hommage consiste juste
A assumer le rayonnement
Du fragment soumis
A l'implacable torsion
Du confluent des parallèles
A l'ivresse aussi contagieuse
Qu'un virus létal et véniel
La main écrit seule
Sans intention préalable
Sans vouloir dire
Mais en disant
Sans parler
Mais en sourire

DEPLOMBER LES CERCUEILS

Dans les étraves ouvertes des sillages du rock'n'roll, les chalands passent le temps à écouter les balalaïkas nucléaires ensanglanter les marées de plomb pour éviter de sauver le soldat Ryen. Des groupies écervelées volent, portant les cygnes annonciateurs des nouvelles apocalypses, du feu, de la tripaille, des schrapnels labourant la nuit sur le poing ouvert des enclumes tandis que s'ouvrent des précipices insoupçonnables parfumés aux merveilles de génocide, quand les comètes ne sont plus que solitaire monté en chevalière sur un doigt de parfum qui resplendit en sous-main sur les tempos étranges de la folie qu'on désincarcère. Au fusain se dessinent des guerres sans histoire, comme des échelles à battre les records du monde d'ouverture de portes, pas de transport sans ascenseur, les périscopes de la cécité n'ignorent pas les lois de l'absence de gravité autre que les définitions de Richter sur le marchepied qui conduit à l'asile dont aucun aliéné n'a encore réussi à fermer les portes. En bref, pour faire simple, rien à cirer au pays des rollers qui surfent, assis de préférence, sur les glissières sans sécurité que l'arc-en-ciel découpe dans les verres à pied emplis de liquide amniotique dont les bulles contiennent les sceaux de la cire à empreinte aussi rapide que le ciment dont on leste les gueuses.

LE SHOPPING DE SOPHIE

L'autobiographie des étoiles
Commence par l'autopsie
Des parfums et couleurs

Les souvenirs s'effondrent
Dans un joyeux tintamarre
Comme Ys ou Troie en leur temps

Prélude d'un chant
Qui conduit les chaloupes
Sur des tangos de rêves

De cheval à cavalier
De dauphin vers archer
Les dragons volent
Sur des chapitres à écrire
En-dehors de l'oubli

ECUMER L'EAU

Le poète est un homme
Qui le devient
Par le biais de la poésie

Avant la poésie
Le royaume des ombres
L'absence en guise de prégnance
L'empire du Minotaure

Une guerre
Des cités en ruines
Un voyage le long d'un cercle

S'efface le règne
Des apparences enivrantes
Une autre ivresse
Retrouve un jour
Qu'elle ne quitte jamais

Les héros meurent
Sans funérailles officielles
Aucun étendard ne salue
Une victoire imméritée
Par autre chose
Que le chant de la foudre
Une nuit de pleine lune

S'éveille l'aurore des Grecs
Le printemps des amoureux
La fin du monde
Le début d'un autre

vendredi, 30 janvier 2009

BOUNDARIES SKYLINERS

Le hasard sait jouer
Du couteau de tranchée
Du stiletto implacable
Ou de la claymore à double tranchant
Pas d'inquiétude à se faire
Pour les suicidés du crépuscule
Seul le voyage vers nulle part
Quelle que soit la destination
Au bout du chemin n'attend
Que la joie de l'aurore

A L'ORDINAIRE ETRANGE

Les armes créent le rire
Ou le sourire enchanteur
Quand Castor et Pollux
Les montent sur des chevaux
Harnachés pour des parades
Sauvages comme le vent
Des archers parthes
Aux traits forgés
Du métal inoxydable
Qui jaillit valeureux
Dans l'impitoyable pulsion
Des mirages en fusion

NUE EN CRUE

Quand tu vois les formes
Tu sais que c'est le vent
Qui sculpte les paysages

Quand tu vois l'épaisseur
Tu sais que c'est la mer
Qui peint les tableaux

Quand tu ne vois plus rien
Tu inventes les broderies
Qui décorent un ciel
Où ne flotte aucune âme

JARDINAGE DU NAPALM

Le désherbage commence
Par l'acceptation
De tout les grâces
Et de toutes les disgrâces
Supposées

La censure est une castration
Opérée sur soi-même
Pas un acte de désherbage
Une culture du segment
Le résultat d'une fragmentation

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