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dimanche, 18 janvier 2009

Ô DANSE INTENSE

Tout reste possible
Mais rien ne bouge
Hormis les seins tendres
D'une femme d'envergure
Qui aime les caresses
Dont la fraîcheur inonde
D'un parfum de cyprine
Les hanches troublées
Par le charme du reflet
De sa propre séduction

PAR MALHEUR

Heureusement qu'il reste
Du sang-froid chez les poètes
Pour éviter les contemplations
Insipides des guerres
Féministes ou écolos

Heureusement que la cour de récré
Ne contient qu'une pomme
Pour éviter les cultures
Intensives des virus
Multiplicateurs de sérieux

Heureusement qu'il y a toujours
Des morts pour en sourire
De ces histoires de la lune
Cette rousse aux longues jambes
Et au pubis délirant

APPEAU DES MOTS D'AMOUR

Rose est la systole éolienne
Des traits d'or nés des mines
Où des manants glissent
D'une neige qui s'amuse follement

Gaite camarade au gré des Vaux
L'infime mexicaine des heures
Use le sein doux défenseur
Du tour des formes au goût ancien

Sautent les robes des Annamites
Dévoilant par le son l'emprise
L'auberge du pacha rit
Des gueuses en rangées nues

PAR LA OU DORT LA DAME

L'eau grise du septième ciel
Fait mine de lier les ors
Des dégrisements
De l'humus des folles neiges

Au gué d'un calame de crête
Parlent les pleins de l'esquif
D'où fuse le sein dur délaçant
Les soutiens des lourds uniformes

Rita mène l'opalerie
En dévoilant les prisons de l'art
Qu'empalent des javas de perles
Sur la gaze des rues de Milan

GHOSTS IN THE MACHINE

Des étendards blancs
Flottent au crépuscule
La liberté se fagote toujours
Dans l'air du temps
Selon les besoins
Du scénario du jour

Dans les remous du fleuve
Des brindilles voient l'avenir
En rose et noir
Suivant l'horoscope
Des lanceurs de dé
Aux visions rationnelles

De clocher en corde à linge
L'espoir meurt en beauté
Pour les oreilles qui tournent
En boucles spiralées
Autour de l'axe intangible
De toutes les modernités

PAROI D'ODEUR MÂLE

Au gré des siennes
Les familiers adorent la faim
Déguisement
Des mues de fols je t'aime

Un disque de grès guette la lame
Par l'esquive des plaintes
Encens qui fulgure la geste du sein
D'où sourd un poussin démuni

Au pinacle du même tir
Le gîte dévoile où l'on vit
Volage gel aux larmes perlées
Par la pure assise de mille ans

LE GOÛT DU NAPALM

La chance des pauvres gens
Décolle toujours au matin
D'où s'envole l'oignon
Et ses simulacres savoureux
La transpiration amoureuse
Fait fondre les formes
En larmes de soie
Ou en torrents de glycines
Les yeux d'une soeur
Comme un réglisse créole
Stratagème délictueux
Qui désenfume les alvéoles

STANDING STILL

L'élégance se trouve
Au confluent des marées
Sur un espar ou une épine
Que traversent des flux immobiles
Dans un déluge de douceur

D'étranges cavaliers
Aux yeux irisés de vert
Surgissent de ses vagues
Pour d'effrayantes envolées
Aux frontières du froid

LA NONNE DU REQUIEM

Le faune de marbre est
Monnaie de singe pour moustiques
Dans le bruit et la fureur
Des étendards dans la poussière
Tandis que j'agonise

Une idylle dans le désert est
Sanctuaire pour lumière de l'auguste
Le pylône du père de la paix
L'invaincu devient gambit du cavalier
Si je t'oublie Jérusalem

samedi, 17 janvier 2009

A BLOODY RAIN

Bleeding on paper
Like a snowy avalanche
Falling from under the sea
On an ocean of white clouds
During the darkest night
Ever seen over the rainbow
Bleeding water by the sword
Lightning strikes with green aura
Firebolts upon the river flow
In arabesques of silk

DU RIFIFI DANS L'AIR

L'idée est toujours dans l'air
L'idée n'est que du vent
Et le vent n'est fait que d'idées
Qui vagabondent nulle part
Pour échafauder les tréteaux
De la scène du crime
Permettant à la comédie des confins
De déployer ses fastes
Sur des nuages pailletés
Par les voyages idéels

L'ANCRE DES MERS

L'écriture est une ancre flottante
Dont le feu intérieur
Se nourrit du bois
Dont on fait les cercueils
Pour optimiser les linceuls
Et blanchir les cheveux
Dont l'aura verte coule
En flots suaves
Sur des mains ouvertes
Aux arômes de douceur

ISPAHAN

La moitié du monde
Repose entre les seins
D'Ispahan la blanche

La rivière qui donne la vie
Irrigue de ses caresses mordorées
La plaine verte et ses mille oasis

De la vieille place à la place du roi
La carte du monde resplendit
Sous l'or des Seldjoukides

La femme aux huit paradis veille
Dans l'élégance d'un crépuscule
Embelli par la rosée d'une aurore

FLOW BY FLOW

Le monde flottant
Est un étrange déhanchement
Qui plane sur une rétine
Attendrie par la pluie
Et les beautés qu'elle dessine
Sur les courbes voluptueuses
D'un cercle d'argent
Dans lequel se réverbèrent
Les elliptiques danses
Du visage du temps

MAKE ANOTHER MOVE

La poésie n'a que faire
Des langages du plomb
Armée de métaphores insomniaques
Elle écorche les pelures
Qui ne racontent que sottises

La poésie est une fellation
Dont l'ambre est une semence
De pure stérilité
Qu'un hydravion ramasse
Dans les chants du napalm
Pour en tapisser gaiement
Des velours d'ammoniaque

Pas un atome n'échappe
A la gestion des flux tendus
Par l'arc des impossibles
Plate comme une limande
La poésie ne reste bandante
Que pour l'acrostiche du vent

AU DOCTRINAIRE ENRICHI

Géronimo monte à cru
Sans qu'un seul mot ne se répète
Dans le phosphore blanc
Qui bombarde les civilitudes

La souffrance se marre
A la porte des cimetières
Où des ombres croient entrevoir
Le manège enchanté

Castor et Pollux en overdrive
Qui passent le mur du son
Sans qu'une aile acrobate
Ne se risque à les suivre

BLINDFOLD TEST

La muse n'a nul besoin de voir
Dans la cécité qui transfigure
Même les moulins
Qui agitent les eaux
D'encres sucrées
Personne ne cueille le parfum
En-dehors des professionnelles
Du livre des doctrines
Dont se moque l'alizé
Paraplégique et mutin

PHOSPHORESCENCE

Les couteaux naissent
Au pays du fun impitoyable
Là où les lames désossent
Les rêves périmés

Fascisme en dentelles de poivre
Au piment qui fait bander Cayenne
Dans les cyprines du jasmin

Torpilles dans les yeux
Des périscopes d'abondance
Réinventent le huit américain
Dans ses délires horizontaux

Au bon vouloir des Thunderbolts
Des pluies de foudre
Egrènent des sillages merveilleux

CURE D'AUSTERITE

La musique du hasard commence
Par une trilogie new yorkaise
Fragments du froid dans la tourmente
Au pays des dernières choses
Sur lequel le palais de la lune
Etrenne la musique du hasard
Le Léviathan dévore le carnet rouge
De Monsieur Vertigo égaré
Dans la solitude du labyrinthe
Qui le mène à Tombouctou
Livre des illusions
Avec lesquelles la nuit de l'oracle
Peuple les folies de Brooklyn
Dans le scriptorium
Qui rayonne seul dans le noir

ESCA(L)PADE

Sous l'empire des métaphores
Les métamorphes crucifient les réverbères
Elaborant des couleurs
Aux armes d'un sang
Qui ruisselle en lambeaux
Sur des routes immobiles
Des cascades dévergondent
Des sables frigides
Dans le paroxysme d'un éternel climax
Aux luxuriances éhontées
Dont nul ne se préoccupe
Dans sa jouissance permanente

BREATHING

Le sens ne s'effiloche pas
Il ne perd jamais un brin
Ni même un cil

L'essence se consume
Comme tout carburant
Qui se sait condamné

Quand les mots ont des ailes
Les hommes sont assis
Ecoutant les danses du feu
Et leurs arômes de douceur

vendredi, 16 janvier 2009

LE TRAVAIL EN HORREUR

La poésie est un virus
Une arme de destruction massive
Qui tue à main nue
Egorge les cieux
Et fait jouir la mer
Ni extase ni désespoir
Pour midinettes ensablées
Une histoire de guerrière
Qui ne connaît que la solitude
Des femmes au coeur d'or

A LA FECONDITE

La réalité vient à Pollyanna
Quand elle se découvre immobile
Malgré les largesses de son regard

Jamais la neige ne tombe
Sur un quelconque extérieur
Même situé aux antipodes

De l'immobilité jaillit
Un mouvement de torsade
Comme le battement d'une paupîère

Mais le mouvement ne repose
Que sur la stabilité du regard
Qui s'émerveille de lui-même

COEUR DU DELIT

Les grandes vacances
Aiment bien les lessives à tambour
Du Bronx ou d'ailleurs
Dans les forêts de pervenches
Où les réveils entament
Leurs premières semaines
En place de grève
Histoire de décongestionner
Les flux d'hirondelles
Des danses d'allégresse

UNE HISTOIRE D'ENFANT

Quand la femme découvre
L'autre femme
Elle devient en effet
Une femme comme les autres
Qui sait tuer
D'un seul coup de cil
Toutes les prétendantes
A l'île où l'attend paisiblement
L'homme qu'elle a choisi
De dévoiler

CHEESE LIFE

Les natures du fromage
Sont telles qu'il faut
Remonter au pis de la vache
Pour retrouver l'arôme joufflu
De la chlorophylle
Et du chewing-gum qui glisse
Une vie silencieuse
Sous les pattes des canards
Dont les entrefilets
Garnissent les placards

AU NORD DE L'IDENTITE

Sur les cartes d'état-major
Les sourcils peignent
Des rehaussements d'épaule
Dont le négrillon rit
Lui dont le territoire
Est plus vaste
Que le grain de mil
Dans lequel on confectionne
Les dialectes locaux
Que d'augustes archéologues
Envisagent toujours de comprendre
Sans examiner leur traducteur

DE L'EAU SUR LA CREDENCE

Le blues sort des bayous
Comme l'harmonium des cimetières
En gants de soie
En marelle de nulle part
Juste un banjo qui grince
Un fond de tiroir qui s'entrouvre
Genre décolleté à l'érotisme
Dégagé des sophistications zoophiles
Et nourri aux mamelles incendiaires
Des gangrènes de la peste

WRITING IS DANGEROUS

Ecrire c'est parler
Sans mots pour le dire
En regardant tomber
Les échardes dans la brûlure
Qui transperce la nuit
Enluminant le vent sylvestre
De son parfum atonal
Au son aussi voluptueux
Que celui d'un lotus
Qui émerge d'un lac gelé
Au beau milieu d'un printemps
De folie et d'inconséquence

FLY OVER MOSCOW

La place rouge devient blanche
Comme une Sibérie de luxe
Epicerie où les gourmets
Manchots qu'on devine bandits
Elèvent des poèmes
En batterie d'orgues de Staline
Ou en katioushas sidérales
Tout en restant assis
Sur leurs chevaux de bois
Qui brûlent dans le vent

KHANAT DA BRIGHT

Le papier voyageur
C'est un passeport anglais
Pour les steppes mongoles
Où des chevaux ailés
Retapissent le mur du son
De parfums carnassiers
A la saveur torride
De poudre d'escampette
Aux arômes flamboyants
De caresse monstrueuse

SUR LA PISTE D'UN DE

Ni prédateur ni proie
Prédateur ou proie
Suivant d'inutiles nécessités
Sculpture du feu
Qui marie l'eau et le vent
Pour revenir à la terre
Sans qu'une once de parfum
Ne tremble sous le ciel
Qui luit en vert
Sur l'argent d'une main

ON RAINBOW WINGS

Le côté obscur de la force
Se rit des soleils du plomb
Qui enluminent les confins
De leurs odeurs d'iode et de camphre

Un grain de riz transpire
La moelle des rêves
Dont le chemin boréal
Incendie les décors

Et dans les bras des femmes
De port en port
Vont les drakkars noirs
De l'ultime glisse

CAFE BLANC NUIT POURPRE

Moudre l'écume
Donne de l'écume en fragments
Sans vague d'océan
Pour annihiler les spectacles
Dont le contenu vain
Repose sur le charme du vent
Qui fait se dresser
Les échelles de l'esthétique
Comme les cheveux d'un chauve
En train de sourire

DES YEUX DE SOIE DANS DES FOUGERES BLEUES

Bonjour tristesse dit un certain sourire
Dans un mois ou dans un an
Si vous aimez Brahms
Les merveilleux nuages gardent du coeur
Un peu de soleil dans l'eau froide
Des bleus à l'âme ou un profil perdu
Le lit défait le chien couchant
La femme fardée de guerre lasse
Laisse un sang d'aquarelle
Pour un orage immobile
Sans faux-fuyants ni chagrin de passage
Dans le miroir égaré

jeudi, 15 janvier 2009

NOTHING'S ASKED

Just singing
Make some people see stars
On white pages
Like a kind
Of fabulous exhalation
Nothing more
Than a perfume in the air
Dancing on a gentle breeze
Drawing arabesques of jasmine
On a cinnamon wind

SO SIMPLE

The world is so simple
That only a child can see it
With bright eyes
True words
A sword in the mouth
And open hands on a bow
Living in a village
Where green and silver
Are painting horses
Dolphins or even words

FEMME DU JOUR

Le présent rayonne
Dans des mots incendiaires
Dont le velours est fait
Du sang des filles
Abattues sur la route

Les enfants savent
Eplucher les gueuses
Qu'on jette dans l'océan
Peuplé de merveilles
Au teint pâle de vierge

Sur son livre impeccable
Qu'aucune tache d'encre
Ne morcelle de suie
La femme aux danses implacables
Plante là son sourire
Aux crocs voluptueux

FLY BABY FLY

La femme est un papillon
Androgyne qui aime
Les caresses soyeuses
Dans son vol spiralé
Elle dresse des tornades
De voluptés charmantes
Pour le regard qui délivre
La douceur comme un baume
Rafraîchissant sur ses hanches
Insouciantes et téméraires

LOTUS SEVEN

Un orage sur une route
Un village sur une île
Des numéros jusqu'à plus soif
Le six comme boule noire
Qu'une boule blanche chasse
Croit-il

Une voiture de rêve
Une partie d'échecs
Comme deux épées
Ou une claymore
A double tranchant
Un délice

Des cuivres en ouverture
British style indeed
Big Ben en observation
Nobody's perfect
Sous les signes pittoresques
D'un bonjour chez vous



à Patrick McGoohan

INVERTIR LES POIDS

L'alegria de la collaboration
Réside dans les étoiles
Où l'éveil des bergers
Est une flûte ou un roseau
Dont le corps troué
Coupe et mutile
Les parfums alambiqués
Aucun malheur n'advient
Dans les ruptures ou les plis
Que des feux inincendiaires
Dessinent sur le sable des idées
Que les rêves repeignent
En maudissant le découragement
La peur et le doute
Dont les frêles frissons disparaissent
Sous les biceps que le monde
Entraîne à porter des fardeaux
Aussi légers qu'une plume

DEEP IN DEPTH OUT

Du jaune
Par choix
Que la mémoire cultive
Sans raison
Un décor qui attend
En vain
Un quelconque tréteau
Sans intérêt
Dommage
Le bonjour à Sam

CALLIGRAPHIER LA NUIT

Le pinceau éteint sagement
Les questions inutiles
Dans son tracé serein

La couleur parle d'elle-même
Entre les doigts
Qui suivent son chemin

Elle dessine des parfums
Des arômes de formes
Des populations de saveurs
Troublantes comme un corps de ballet

REGIME SEC

Mariage en blanc
Sous les confettis hallucinogènes
Qui dansent sur des nefs
Dans des églises sans transept
Où le mobilier brûle
Dans des transats d'avenir
Galopant vers nowhere
Au milieu du fracas des parfums
Qui s'ébouillantent de sueur
Dans des salsas non torréfiés

DEPULPER AU SCALPEL

La discrimination à la main
Le Jivaro lambda
Elague les neurones
Récalcitrants à l'idée
De voir fondre le décor
Que tant d'années d'esclavage
Transforment en bourbier d'habitude
Dont les sarbacanes au curare
Emondent la moelle anxiogène
Libérant les parfums irréels

BLUEBERRY SLING

Los Angeles tête en bas
Comme un positionnement adéquat
Pour les panoramiques
De la Californie sauvage

Diaboliques sont ces Hell's
Qui cloutent leurs cuirs
Comme des inquisiteurs
Sur un pilori

Dans le son langoureux
Des Harleys de l'orage
Des portes sans complexe
Elargissent les perceptions

Et sur des Firebirds
Aux chromes déjantés
L'ombre des Navajos
Dessine des turquoises

LA MORT EN CONTREBANDE

Survivre aux accidents de la route
Où des autobus vides
S'encastrent dans des bruits
De tôle froissée
Par le sang de victimes
Toujours innocentes
Et toujours absentes
Car-crash des parfums
Que l'hallucination fait fondre
Dans un son d'épouvante

mercredi, 14 janvier 2009

AU PARLOIR DE MAHLER

D'anciennes ocres
Déflorent les sillons affamés
En aiguisant
L'air d'une folle humeur

Le porte-lame n'est que l'indiscrète
Damasquine des sables
Des figures d'aisance insensée
Sourdent au pays des épées

Les mines d'empire mêlent
Les vies sur l'étoile qui jouit
Des armes dévoilées par le gel
Cent pur-sang de ville-racine

VOYAGES AU VENT DEBOUT

Les routes se prélassent
Sur des voyages de retour
Croisières en goguette
Ou nonchalance de péniches

Les parfums sont multiples
Mais la trace est fertile
Qui mènent les papillons
Au-delà des marées

Sur la crête d'une vague
Ou dans le creux des tsunamis
Des rêves moussent sur la plaine
Où les roseaux chantent en coeur

CROISIERE DE LUXE

Se laisser faire
Ressentir le surf
La crucifiction sur l'air
Dont la mousseline ondule
Le long des côtes éloignées

Portée par les marées
De jaspe d'ivoire ou de santal
La main dessine des paysages
Inconnus qui jaillissent joyeux
D'un fertile abandon