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lundi, 31 mars 2008

A PEINE

C'est tout juste
Si le poème est un reflet
Dans sa caracole diaphane
Zébrure d'argent
Sur le fronton des eaux
Parlons donc de poésie
En silence
Avec les yeux mi-clos
Laissant surgir des parfums
De nuit et d'éclair

COUVERTURE SOUTERRAINE

L'architecture du désert trame en permanence les nouvelles structures du monde, tissant le flot aquilin de ses navettes hyperspatiales. Sans fortification s'élèvent les murs de zéphyr ourlés de chaussées d'alizé aux incrustations de brillants parsemées de constellations émeraude et rubis. Des voûtes de coton incandescent arborent les efflorescences de parfums volages qui mutent de seconde en seconde, laissant dans leurs sillages des nuées d'aromates luisants de saveurs névralgiques. Des colonnes de jaspe iridescentes roulent en cascades continues tandis qu'à leurs pieds montent des volutes de fleurs boréales qu'un souffle imprime d'ondulations entreprenantes. L'harmonie sylvestre des travées s'enlumine de feuilles transparentes aux reflets mordorés qui kaléidoscopisent les côtes chamarrées dont les découpes changent de teintes pendant les ébats des papillons de soie verte qui parcourent l'espace en myriades flottantes. D'étranges aqueducs véhiculent des eaux d'or et d'anthracite qui s'en vont caresser des fontaines aux pétales formés de voiles de fluorescence argentique, dessins aux motifs enrubannés de complexes arabesques, marquetterie d'essences tropicales dont le velours s'imprègne avant de dégager de subtils effluves aux contours des lignes de vision. Un dôme d'argent volatil étend son masque impassible sous l'austérité des dunes qui passent leurs caresses de venin sur des brocards holographiques aux scintillements troublants, reconstruisant à chaque instant la spontanéité d'un nouveau paysage aux charmes ébourriffants.

PLANISPHERE POINTUE

Dream comme une rime
Intime évidence de l'ultime
Dream comme un abîme
Sur lequel surfe un mime

Dream d'un instant de lueur
Une étincelle en plein coeur

Un palanquin en guise de caresse
Dans le rickshaw de l'ivresse
L'hommage dû aux altesses
Un précipité de tendresse

DEUX AS UN ROI

Comme un Pérou nommé Byzance
Des caravanes de corne d'abondance
Longent le bord des nuits d'hiver
Dans une silencieuse atmosphère
Les ports se chargent de diamants
Cadeaux de la lune à l'amant
La rivière opaline coule
Dans la soie verte qui se déroule
Un tapis d'insouciance sans complexe
Réinvente l'harmonie du beau sexe

LES FLEURS DU FEU

Un monde en flamme
Douceur du chemin
Des surplombs andins
Fraîcheur sylvestre
Du butin des abeilles
Stiletto qui trace la ligne
Sang du cuivre vert
Charmilles du cristal
Dans les embruns de la foudre
Aux senteurs d'oxygène

DE UN A UN

La découverte des chemins
Qu'empruntent la fantaisie
N'élude pas le seul itinéraire
Du délestage carbonifère
Pour le regard qui écoute
Les reflets sont toujours mouvants
Dans le décor qui bouge
Marées de cyprine et de gypse
Empreintes de boréalité
Dans le partage des sous-vêtements
Qui préside à l'effeuillage

dimanche, 30 mars 2008

QUOTIDIEN SPECTRAL

S'éveiller et sourire

Lentement
Pas d'urgence à le faire disparaître ce sourire

Respirer
Plutôt lentement
Plus la lenteur s'exprime
Plus l'instant est long en bouche

Faire durer le plaisir de l'instant
Se laisser palper par la douceur

Brûler
Doucement
Sur place

La pensée au pied
Assise

Dès qu'elle court
Derrière un papillon
La rappeler
Au pied

Respirer
Doucement

Brûler
Toujours

Sourire et se coucher
Tranquille

CACHEMIRE ECSTASY

Le prix des lilas se retrouve
Sur l'avenue des glycines
Où d'étranges améthystes
Badinent avec les violettes
De la floraison purpurine
Mauve est le temps qui s'ensorcelle
Dans les fleurs de prunus
Pendant que les étoiles safranées
Jonglent avec de violines étoles
Dans les embruns sauvages de la pourpritude

FROM READING

Derrière l'enfant qui lit
Face aux sunlights
Sur la véranda des vacances
La porte de la nuit
Est toujours ouverte
Pour les écritures pourpres
Sourires de satin
Ebauches des fleurs de désert
Feedback de l'ordinaire
A l'irradiation primordiale

BONHEUR MEURTRIER

Le bonheur est dans le pré
Où nous sommes assis
Il rayonne la douceur
Sans se soucier du temps
Qui passe sans s'écouler
Loin des peurs en tous genres
Il écoute le chant de l'eau
Et le ruissellement du vent
Qui danse sous les étoiles
Que parsèment ses yeux

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