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lundi, 24 avril 2006

ALLUMEZ LE FEU!

Assis sur mon nuage d'acier synthétique
Je vois les lémuriens et leur aérogare
D'où décollent ces pensées d'astres très blafards
S'engouffrant dans les tuyères du chimérique

Une scie sauteuse en guise d'archet, voilà
L'outil qui leur fait créer l'harmonie d'automne
Vrillant la sensibilité par leurs tracas
Son lancinant de la souffrance monotone

Camarades!! Où sont donc passés mille trésors
Confiés à vous pour resplendir au son des cors
Où est passée l'Amour de votre coeur d'azur
Quand jaillirez-vous de cette fosse à ordure

Chrysalides!! Emergez donc de la benne horrible
Devenez papillons de feu pour incendier
Les paillottes de boue où vous vous flétrissez
Mettez les voiles ardentes vers le supra-sensible

samedi, 22 avril 2006

OEIL AUX MILLE DIMENSIONS

Un sourire permanent m'illumine toujours
Il irradie la braise d'un regard de feu
Quels que soient les climats qui règnent aux alentours
Ceci ne m'empêche pas d'être bienheureux

Je ne suis qu'une enveloppe calcinée, un mort
Qui erre au milieu d'une galaxie d'airain
La lande désertique est mon plus beau trésor
Aucun vent ne balaie ce climat très serein

Aucun poète ne s'exprime par ces mots
Qui jaillissent d'un buisson très peu sensoriel
Le talent n'existe pas dans ces vieux tréteaux
Mais rien ne peut stopper l'énergie qui appelle

J'attends de l'autre côté du pont, pas ailleurs
C'est le seul endroit où opèrent les contraires
L'intersection des lignes de fusion sans heurt
Le seul point apparent de l'aube du mystère

LES QUESTIONS DU BARDE

Il n'est nulle liberté sous le velours noir
Des projections minérales de ce soleil
Tous ses rayons ne sont faits que de désespoir
Pas du chant mélodieux qui coule des abeilles

Beaucoup n'ont pas affronté le pont invisible
Passerelle surplombant l'abîme d'éther
Où est la trace des données du non-sensible
Où sont les empreintes des djinns décérébrés

Le graal et son armée de jivaros d'azur
Collectionnent les trophées de ces forteresses
Dont les étendards corsetés sont l'armature
Délicatement ciselée de ses altesses

Sous l'ombre des lasers décodant la parole
Les intervalles entre les mots portent les traces
Du feu qui a détruit de Jéricho la place
Nul ne franchit sans dommage le pont d'Arcole

Où sont les chants de mort resplendissants et clairs
Où sont les bleus ravages de la double lame
Où est enterré le corps d'Enkidou le fier
Qui prétend avoir reçu l'épée de la Dame

jeudi, 20 avril 2006

SUR UNE AILE

Sur une aile du temps qui roule
Comme une immense vague de jaspe et d'ivoire
S'étire un perpendiculaire aimant, miroir
De joie intense et formidable qui s'enroule
En boucles spiralées d'azur contant l'histoire
De l'amant et de ses bien-aimées qui roucoulent
Si fort que leur silence emplit bien des grimoires

Au-delà de l'horizon noir de la misère
Stérile de la sombre avidité mentale
Brûlent les glaciers ruisselants de la matière
En leur sein chante le saignant choeur des vestales
Imprégnées des huiles essentielles de l'éther
Bouillonnant carrousel immobile et spatial

La caresse insensée du vent de la douceur
Imprègne de son ardent toucher délicat
Les effluves inodores parsemés de saveur
Comme la brise effeuillant le corps des lilas
C'est la plainte extasiée des terres de fureur
Délivrées des névroses et autres cancrelats

LA FRAGRANCE DE L'INSENSE

L'insensé sera toujours aux couleurs du coeur
Il ne cautionne plus l'univers cérébré
Où ne se trouvent que menteurs et querelleurs
Pas un ne se souvient ce que veut dire aimer

Le fou a le regard torride et pénétrant
Qui cherche la lueur elfique de l'aurore
Muni de la double lame d'acier aux tranchants
Satinés comme la caresse d'un oeil d'or

La beauté a conquis cette terre de feu
Dont le toucher abrasif donne le frisson
Létal qui mystifie les valets ténébreux

Il est la main qui antidote le poison
La fleur dont le bruyant pollen s'appelle azur
Le baiser solitaire d'un rêve d'ouverture

mercredi, 19 avril 2006

FONTAINE AUX MILLE SARMENTS

A la convergence des cent chemins d'azur
Se trouve la fontaine ardente d'élégance
Eternelle inviolée dans son écrin d'enfance
Les fruits mûrs et les délices forment sa parure

Elle est la gardienne du feu et du secret
Par elle s'embrasent tous les coeurs des amoureux
Elle est du miroir le plus auguste reflet
On trouve toutes les galaxies dans son flot bleu

L'onde émouvante et claire crée des frissons d'aurore
Bruyères étincelantes légères comme plume
Pour couvrir ses sarments d'un joli filtre en or

Et remplir l'atmosphère d'une saveur d'agrumes
Mille univers se lèvent dans sa paume ouverte
Floraison printanière d'une lande déserte

POUR EIDOL

A la suite du banquet où coulèrent vin et hydromel,
elle est mouillée de larmes, je le sais, la mère
d'Eidol de la plaine.

Il s'illustra sur la colline;
devant son ardeur victorieuse,
les corbeaux s'élevaient dans les airs.

Les combattants tombaient
comme un essaim bleu,
autour de lui sans pouvoir fuir,
éblouis, agités, épars, la lèvre livide,
sous les coups du glaive à deux tranchants
de ce noble festin de la veillée.

Aujourd'hui elle n'a plus son sommeil
la mère de ce glorieux roi du combat.

Après le banquet où coulèrent vin et hydromel,
les hommes armés s'en allèrent au combat.
Je ne connais pas semblable récit de carnage.

Total fut leur massacre,
à Kattraeth ils étaient une armée bruyante,
les guerriers de Mynyddawg, le grand infortuné;
de trois fois vingt hommes, un seul en revint.

Après le banquet où coulèrent vin et hydromel,
ils se hâtaient les guerriers que je célèbre.
Autour des liqueurs, ils s'étaient réjouis,
ivres de vin, d'hydromel et de joie.

Dans l'armée de Mynyddawg,
ce suprême gardien du passage de Kattraeth,
j'ai perdu un roi de mes amis.

De trois fois vingt chefs d'armée qui se hâtèrent vers Kattraeth,
un seul homme revint chez lui.


ANEURIN (Pays de Galles, VIème siècle)

mardi, 18 avril 2006

MELANGE UNITAIRE

C'est dans la direction multiple de genèse
Qu'on trouve le labyrinthe aux filaments noirs
La turbulente prudence aux langes de braise
Ouvre la porte pour sortir du décor de foire

Une invasion ardente à base de douceur
Dissout les tragédies dans un bain très lacté
Lente ivresse d'une explosion intime d'ardeur
Noyée dans l'enchanteresse harmonie d'été

L'énergie folle trouve enfin matière à jaillir
Dans le courant immobile d'un serein flux
Qui rayonne la soie d'un bouillant resplendir

C'est la fécondation d'un moment suspendu
A la treille de l'éternité de l'Amour
Dans un temps absent, naissance d'un nouveau jour

lundi, 17 avril 2006

LA HORDE D'OR

Quand les frontières se disloquent
Au gré des courants intérieurs
Quand dehors n'est qu'une breloque
Tombent les derniers défenseurs

Vaillants cuirassés d'ombre éteinte
Le désert s'approprie leurs corps
Qui deviennent poussière défunte
Comme des sarments d'arbre mort

Les dunes mangent le paysage
Qui de silence s'ensorcèle
Le simoun vole à tire d'aile
Pour parachever ce naufrage

Un temps plus loin, trois millénaires
Sur cette plaine sans contreforts
Jailliront comme d'une tourbière
Les fastes de la horde d'or

Sur cette steppe à l'air très vif
Leurs chevaux d'azur écriront
Les pages d'un bûcher festif
Incendiant tous les horizons

Pas un témoin ne saura dire
Qui sont les morts de la saga
De survivants il n'y aura
Dans cet holocauste d'empire

Les récits porteront mention
D'un noir déluge de lumière
Un prélude à l'apparition
D'un royaume sans atmosphère

De ces mots gravés dans le vent
Des réseaux de pur silicium
Germeront de nouveaux torrents
Limon fertilisant pour Hommes

dimanche, 16 avril 2006

LE VIN DES NUES

L'acidité moelleuse des arômes sans saveur
N'a jamais déchiré les palais sensitifs
Le vin ne se limite pas à sa couleur
Ou aux multiples goûts pointés par l'olfactif

Un ciboire invisible te verse la ciguë
Amertume onctueuse qui t'emmène au-delà
De l'aspect corrodé d'un univers obtus
Dont tu ne seras désormais qu'un renégat

La fièvre froide qui te sert d'illustre abreuvoir
Ne connaît pas de niveaux de température
Elle dissout les fragrances de tout désespoir
Pour dénuder ce monde sans enluminure

Ne restera qu'un point brûlant très essentiel
Qui enivre des vapeurs d'absolument rien
Comme un champignon magique et très irréel
Hallucination atomique sans lendemain

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